vendredi 11 août 2017

Jade Voltigeur privée de Miss France


Martinique: Les spéculations allaient bon train ces derniers jours sur l'île, mais il n'y avait jusqu'ici rien d'officiel. Ce matin, le président du comité Miss Martinique, René Joachim, m'a annoncé, lors d'une interview qui sera diffusée ce soir sur notre chaîne, que Jade Voltigeur, la gagnante de 2017, n'ira pas au concours de Miss France, le 19 décembre prochain à Paris. En cause: le tatouage qu'elle portait à l'épaule gauche, le soir de l'élection, le 21 juillet dernier, à Fort-de-France. Pour rappel, les tatouages sont tolérés, à condition qu'ils ne soient pas trop voyants. Le comité Miss Martinique avait accepté celui de Jade Voltigeur, masqué ce soir-là avec du fond de teint. Mais la polémique, née sur les réseaux sociaux en Martinique, a fini par alerter le comité Miss France, qui a demandé à voir les photos du tatouage incriminé. Finalement, la décision est tombée: Jade Voltigeur ne sera pas destituée, contrairement aux vœux de certains par ici, mais elle n'ira pas à Paris pour défendre les couleurs de la Martinique. C'est sa première dauphine, Laura Anais, qui la remplacera. Triste épilogue pour ce concours de beauté et le sentiment d'un immense gâchis. Mais que Jade Voltigeur se rassure: elle est aussi belle que la pierre précieuse, à laquelle fait écho son prénom. Et cette beauté là, sa beauté, personne ne peut la lui enlever...

S. Bilé

samedi 29 juillet 2017

La grève et le Martiniquais

La seule chose qui prospère en Martinique c'est la grève, ce peuple est amoureux des grèves, pas une semaine sans une grève ne vienne fleurir, tous les motifs, même les plus futiles sont bons, s'il n'y en a pas de réels, on les invente, le moindre incident, la moindre anicroche doit venir pour nourrir et susciter la grève, la grève forme l'essence du Martiniquais, la relation est ontologique, la grève transcende le Martiniquais.

Mi lagrev en tjou, w, batché abo !

mercredi 26 juillet 2017

De la violence et de l’exil des jeunes antillais

 
photo : Evariste Zephyrin

La Guadeloupe est en crise et la Martinique n’avance pas car elle est en panne : Nos régions se vident de leurs forces vives , nos villes débordent de manifestations quotidiennes de violence et notre cohésion sociale est mise à mal .La crise sociétale actuelle en Guadeloupe et la crise larvée en Martinique mettent en lumière un phénomène préoccupant : l’exil des jeunes diplômés couplé avec la délinquance d’autres jeunes restés au Pays . Avec cette crise de société , c’est un fait, de plus en plus de jeunes sont tentés par la délinquance et l’oisiveté alors que d’autres préfèrent aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs. Depuis les années 2000, l’expatriation des Guadeloupéens et Martiniquais est ainsi en croissance régulière, de l’ordre de 5 à 6% chaque année . La première des grilles d’analyses relève de la sphère économique. Nos pays respectifs ont incontestablement une difficulté avec leur jeunesse.La faute est à cet exode des jeunes qui a commencé au milieu du 20e siècle avec le BUMIDOM et qui s’est poursuivi pendant les années de crise avec nos jeunes qualifiés .La crise économique encourage-t-elle un essor de la violence ,une progression de l’émigration, une fuite des cerveaux ?….Ils sont de plus en plus nombreux à tenter leur chance à l’étranger. En cinq ans, le nombre de jeunes Guadeloupéens et Martiniquais partis à l’étranger a quadruplé . Cette année, les quotas pour travailler au Canada ont été épuisés en quelques heures. Soif de voyages, lassitude de la sinistrose ambiante, manque d’opportunités professionnelles ?
Qu’est-ce qui pousse les jeunes Antillais à s’expatrier ? 
Et que dit ce phénomène de société ? …. 

Car notre histoire ne ressemble à aucune autre, il n’y a que nous qui pouvons en parler et trouver les mots justes. Ceux qui vont nous permettre de déloger ce qui, en nous, ne peut encore se dire, et qui pourtant doit se dire, et parfois même se crier, pour que nous nous libérions de ce déni de réalité qui nous empêche de vivre, aussi sereinement, aussi pleinement, que nous pourrions le faire s’il n’y avait pas cette boule dans la gorge, dans le ventre… ce questionnement sur l’exil forcée de nos jeunes… cette tristesse ou cette colère… cette déchirure… et cette plainte des parents esseulés dont on entend le chant lointain. L’un de ces parents dont tous les enfants diplômés de l’enseignement supérieur, Georges M. 67 ans qui vit aux Abymes, semble abattu : " je comptais sur mes trois enfants pour m’aider dans mes vieux jours. Mais ils ont préféré aller étudier ainsi que travailler en France et abandonner la terre de leur aïeul."

L’Avenir est ailleurs car on a beaucoup présenté l’expatriation des jeunes comme la fuite des cerveaux face à une société malade …..Si les jeunes plient bagages, c’est avant tout parce que rien n’est fait pour les retenir. Non seulement le gouvernement n’essaye pas d’éviter la fuite des cerveaux, mais il la stimule pour faire baisser l’indice du chômage en Guadeloupe et Martinique de manière à laisser penser que ses mesures fonctionnent.

Après la violence de certains jeunes au pays , faut-il s’inquiéter de la « fuite » des jeunes diplômés en France et à l’étranger ?

Pour ce qui nous concerne , nous estimons qu’il est plus que temps de se pencher sur le départ des jeunes en France et à l’étranger et ses conséquences !
Nous sommes déja sur le qui vive avec la violence accrue des jeunes qui s’entretuent au pays , mais, le plus préoccupant est l’exil des jeunes diplômés. 88% d’entre eux envisagent leur avenir professionnel en France et à l’étranger.
Sur le plan humain, on ne peut que constater que le pic de l’exil des jeunes guadeloupéens et martiniquais à l’étranger n’est pas atteint.

– Patrick a réussi une école de commerce après une prépa en Martinique , il a 26 ans: voici près de deux ans qu’il travaille dans la finance à New-York.
– Claire , une jeune martiniquaise a terminé un master de gestion, elle a 24 ans: voici près d’un an qu’elle travaille pour une entreprise au Brésil.

– Loic a lutté pour parvenir au statut d’ingénieur: venu d’un quartier de Pointe à Pitre , il est désormais installé en Australie dans le secteur de l’aéronautique.
– Jean-Michel a décroché son diplôme de master en droit international : plutôt que de continuer la «galère «en Guadeloupe , il a rejoint Shanghai et trouvé une place dans une entreprise de commerce textile.

Quatre exemples pris parmi des milliers qui dessinent les quatre côtés de ce carré complexe que l’on nomme expatriation des jeunes Antillais et parfois, de manière plus connoté, exil.

Cette tendance au départ, conjuguée à la hausse persistante du taux de chômage et aux prévisions d’une récession économique sans fin, conforte un discours pessimiste sur la fuite des cerveaux. Déjà, les comparaisons fusent avec les vagues d’émigration qui ont marqué l’histoire de la Guadeloupe et de la Martinique dans les années 1960. La différence tiendrait juste au fait que la «nouvelle émigration des jeunes » concerne une génération qui ne part pas occuper des chantiers , des emplois subalternes à la poste , à la mairie de Paris , dans l’administration centrale ou à l’hôpital , mais des laboratoires scientifiques ,des gestionnaires dans les grandes entreprises , des postes de médecins spécialistes , des ingénieurs et des cabinets d’architectes ou d’avocats .

La France propose parfois un emploi, là où d’autres pays façonnent une carrière. Tel est le défi. Toute une génération doit à présent choisir entre chômage, précarité et exil.Ces jeunes reviendront-ils? Les témoignages traduisent à la fois le désir et l’impossibilité de retourner aux Antilles tant que la situation économique ne s’améliorera pas. Or combien de temps mettra nos pays à sortir du marasme économique et de l’impasse sociologique de l’assistanat ?
Envie de travailler tout de suite et d’être reconnu ( tentation de l’hubris ), perspectives d’évolution professionnelle, changement de vie , sont les trois grandes clefs explicatives de l’exil des jeunes. Du côté des motivations « négatives » qui incitent à quitter la Guadeloupe ou la Martinique , il y a évidemment le contexte économique. Le manque de perspectives professionnelles, notamment pour les jeunes plus durement touchés par le chômage, le sentiment d’être discriminé dans son propre pays, de ne pas y trouver sa place, encouragent forcément les jeunes diplômés à s’expatrier. L’augmentation des flux migratoires vers la France hexagonale correspond à des périodes où la mobilité a été facilitée par des organismes successifs. D’abord avec la création du Bumidom (organisme chargé d’accompagner l’émigration des habitants des départements d’outre-mer vers la France métropolitaine), puis finalement avec le dispositif de l’ANT qui remplacera le Bumidom afin d’aider les résidents de l’outre-mer cherchant une qualification ou une insertion professionnelle ailleurs.L’expatrié d’aujourd’hui n’a plus rien à voir non plus avec le jeune sans qualification du BUMIDOM d’antan. Le vrai changement réside dans le profil des expatriés d’aujourd’hui. Ils sont plus qualifiés, encouragés dès leurs études par des programmes de mobilité européens comme Erasmus à « aller voir du pays ». Conséquence, ils partent aussi plus longtemps : en 2015 , 38% des séjours d’expatriation durent plus de 10 ans, c’est 10% de plus qu’en 2005. Et ils ne savent pas forcément s’ils vont revenir en Guadeloupe et Martinique un jour. 33% affirment qu’ils ne reviendront« jamais » en dépit des mesures financières incitatives au retour prises par l’ex région de Martinique et près d’un expatrié sur deux ne sait pas encore quand le retour aura lieu.
Aujourd’hui, il y a de plus en plus de cadres formés et d’étudiants qui partent à l’étranger, et pas seulement pour enrichir leur curriculum vitae. Ils partent pour chercher un emploi bien rémunéré . Pourquoi un tel phénomène qui s’est fortement accentué depuis les années 2000 ?

On est en situation d’exode massif . l’INSEE montre ainsi qu’en 2015, ils étaient ainsi 30000 étudiants guadeloupéens installés en métropole. On note que le taux d’emploi des guadeloupéens vivant dans l’Hexagone et ayant entre 15 et 64 ans, est de 78 %. Ce même taux est de 64% pour les natifs métropolitains résidant en France métropolitaine et de 52 % pour la population vivant à la Guadeloupe.
Cette donnée est probablement l’une des raisons qui poussent les Guadeloupéens à quitter leur île natale. A l’heure où le chômage touche 26 % de la population active, dont 60% des jeunes actifs, la mobilité est vue comme une opportunité. A titre d’exemple, le nombre de jeunes guadeloupéens qui ont quitté leur pays a progressé de 70 % en trois ans.

En ce qui concerne la Guadeloupe, ils sont environ 200 000 natifs de l’île à résider dans l’Hexagone, soit à peu près un Guadeloupéen sur deux . « On remarque que la population guadeloupéenne installée en métropole concerne aussi bien les hommes que les femmes. Il s’agit d’une population concentrée entre 20 et 50 ans, c’est-à-dire une population en âge de travailler », souligne l’INSEE.

Avec une population qui diminue dans deux communes sur trois, la Martinique est la région française qui perd le plus d’habitants entre 2008 et 2013, devant le Limousin, seule autre région à connaître une baisse de sa population. Plusieurs facteurs expliquent cette baisse selon l’INSEE.

Dans les autres DOM, la population stagne en Guadeloupe, augmente à La Réunion (+ 0,7 %/an) et en Guyane (+ 2,2 %/an : région française la plus dynamique). Les communes du centre et du nord de Martinique sont les plus touchées par le manque de dynamisme. Fort-de-France, commune la plus peuplée, est également celle qui perd le plus d’habitants (– 4 800). A contrario, les communes de la côte sud caribéenne continuent à gagner des habitants.
La diminution de la population en Martinique entre 2008 et 2013 s’explique par son solde migratoire déficitaire. En ne prenant en compte que le solde apparent des entrées-sorties, la Martinique aurait perdu 1,1 % de ses habitants par an, soit 22 500 habitants en 5 ans. Si le solde migratoire est déficitaire depuis le début des années 90, il s’est fortement accentué depuis le milieu des années 2000.

Sous le seul effet des migrations, la Martinique perd 4 500 habitants par an entre 2008 et 2013, contre – 1 100 habitants par an entre 1990 et 2008.
Concernant la Guadeloupe, seule la tranche d’âge des 15 à 29 ans contribue au déficit du solde migratoire. Sur la période de 2003 à 2008, un départ sur trois est effectué par un jeune âgé de 15 à 24 ans contre une arrivée sur dix. Ceux-ci partent pour suivre des études ou démarrer leur vie professionnelle dans l’hexagone. Les arrivées, plus nombreuses que les départs à partir de 30 ans, ne permettent pas de compenser le déficit de la jeune génération. Les départs des natifs de Guadeloupe forment la composante principale du déficit migratoire du territoire.

Les nombreuses sorties du territoire des jeunes antillais expliquent la majeure partie du déficit migratoire.En Guadeloupe, le solde des départs et des arrivées est négatif jusqu’à 33 ans et particulièrement marqué entre 18 et 25 ans. Les retours s’amorcent dès 25 ans mais ne deviennent plus nombreux que les sorties qu’à partir de 34 ans.

L’excédent est le plus fort après 60 ans, lors des retours des retraités, même s’il ne permet pas de compenser le déficit des jeunes générations. Toutefois, ce déficit est en partie atténué par le flux migratoire des personnes nées hors de Guadeloupe qui est globalement positif. Les arrivées de jeunes actifs de 25 ans et plus accompagnés de leurs jeunes enfants en constituent la principale composante. À partir de 45 ans, les flux migratoires des non-natifs de Guadeloupe s’atténuent et sont à équilibre, avec autant de sorties que d’entrées.

Pourquoi partir ?

Il y a bien sûr l’attrait du voyage , l’envie d’enrichir son CV et sa connaissance du monde. Mais les témoignages de nombreux expatriés dessinent en creux le portrait d’une société guadeloupéenne qui n’offre guère de perspectives .Il n’y a pas que le climat économique qui est pointé du doigt. La conflictualité sociale , le pessimisme ambiant sont aussi des causes avouées d’expatriation .Comment en est -t-on arrivé à ce phénomène croissant de société à savoir le refus de plus en plus marqué des jeunes diplômés guadeloupéens de ne pas vouloir rentrer au « pays » à la fin de leurs études ,et ce alors même que la Guadeloupe a et aura besoin de talents pour le développement de son économie dans les 10 ans à venir.

Valeurs perdues des jeunes, bonheur perdu des aînés : pourquoi notre société déprime et dérive dans la violence ? Cette question sous tend la décomposition actuelle de la famille en Guadeloupe par la perte des valeurs héritées de l’histoire.

Le leitmotiv , réitéré à l’occasion de chaque débat sur la violence de certains jeunes restés au pays , d’un taux de chômage élevé des jeunes qui serait uniquement responsable de la montée de la violence me donne l’occasion , à travers cette nouvelle publication à l’intention de certains lecteurs , de rétablir la vérité des faits et de tordre le cou à une idée trop souvent répandue et qui me semble erronée : 60 % des jeunes au chômage en Guadeloupe … une grossière contrevérité !‏

Certains jeunes guadeloupéens et martiniquais parmi les moins qualifiés et non diplômés ne veulent pas travailler un point c’est tout.

En temps de crise, le chômage des jeunes est un sujet omniprésent, en particulier lorsque les actes de délinquance s’accroissent. Les opportunités de citer les statistiques du chômage des jeunes en Guadeloupe et Martinique , et en particulier le taux de 60% de jeunes sans travail dans les deux départements ne manquent pas.

Hélas , ce chiffre de 60% est complètement faux et ne reflète aucune réalité concrète du terrain car le taux de chômage des jeunes est souvent utilisé à tort et à travers, notamment par le biais de comparaisons entre deux années, ou entre deux générations. Or comparer le taux de chômage des jeunes de deux pays, ou de deux années éloignées, ne tient plus de l’art des statistiques mais plutôt de la manipulation du débat publique ou bien de l’incompétence.

Je ne suis pas un amateur de la théorie du complot qui prétend que les statistiques sont truquées, mais simplement que les commentateurs notamment politiques qui les utilisent le font en méprisant leur définition, ce qui leur permet de faire croire aux gens l’inverse de ce que disent effectivement les données que nous avons recueilli sur le terrain et dans l’analyse des statistiques catégorielles des jeunes au chômage .

A bien observer et écouter certains jeunes , l’on constate qu’une partie non négligeable de nos adolescents et jeunes adultes ne seraient plus ou pas motivés pour aller travailler : contrairement aux anciennes générations qui ne rechignaient pas devant le labeur,les ‘jeunes’ refuseraient donc d’entrer dans la vie active sous peine d’avoir à fournir des efforts et d’être contraints par les devoirs d’un contrat de travail…

Mais , nous avons tous dans notre entourage, des contre-exemples : des jeunes qui manifestent un grand intérêt pour un métier précis voire même une vocation, qui travaillent durant l’année ou les vacances scolaires ou encore qui déploient une grande énergie pour trouver des stages en entreprise. D’autre part, il suffit de se rapprocher des manifestations d’étudiants et d’écouter leurs revendications pour être frappé par leur intérêt pour la vie professionnelle et même leurs craintes de ne pas y avoir d’avenir…

L’insertion finit toujours par arriver… pour les plus diplômés même au prix de l’expatriation !

Comment ne pas les comprendre ? Chacun connaît les difficultés que rencontrent aujourd’hui les jeunes pour accéder à un premier emploi stable, alors que prospère un chômage sous fond d’un ralentissement de l’économie dont ils sont les premières victimes. Certes nous ne contestons pas que de nombreux jeunes guadeloupéens et martiniquais sont aujourd’hui au chômage. Mais ce chiffre avancé de 60% de chômage des jeunes aux Antilles recouvre une réalité plus nuancée , car nous l’avons écrit dans un article précédent il existe en fait 3 catégories de jeunes.

Malgré l’accumulation initiale d’expériences brèves et mal rémunérées, l’insertion finit toujours par arriver pour les plus diplômés. C’est loin d’être le cas pour ceux qui ont une faible qualification, voire aucune qualification du tout. 1500 jeunes guadeloupéens et autant de Martiniquais quittent chaque année le système scolaire sans diplôme.C’est le taux de chômage des non diplômés qui s’élève aujourd’hui à 60 %. Quant aux moins diplômés, ils sont victimes d’un effet d’éviction, les plus qualifiés étant parfois contraints d’accepter des postes qui ne correspondent pas à leur niveau d’études.

Aucun désir d’insertion chez nombre des jeunes non diplômés !

On ne peut pas encore parler de génération perdue mais on commence à en voir les signes.

Les secteurs dans lesquels ils pourraient aisément trouver du travail ne les motivent pas car les salaires restent bas, les conditions de travail pénibles, les horaires à rallonge, les sujétions nombreuses. Selon une enquête menée sur le terrain par le service de la répression des fraudes , il s’avère qu’en Guadeloupe , l’agriculture , le bâtiment, comme la restauration, recrutent donc beaucoup de travailleurs clandestins ou en règle comme des Haïtiens , Dominiquais , et de plus en plus de dominicains. En 2015, 28% des restaurants contrôlés étaient en infraction, près du triple de l’année 2011 .L’agriculture compterait 75% de travailleurs étrangers en Guadeloupe et pour l’essentiel des Haïtiens . Le BTP cumule de son côté 50% des cas de travailleurs dissimulés dont une bonne part de Haïtiens et de Dominicais , 37% des faux statuts découverts, 52% des embauches d’étrangers sans titre de travail (Haïtiens) ou encore 89% des fraudes aux Assedic et 40%de fraude au RSA .

Et, quand les emplois sont légaux, il s’agit dans deux cas sur trois d’un CDD de moins de 6 mois. Mal payés, précaires ou à temps partiel, ces emplois sont l’objet d’un monopole des étrangers en Guadeloupe.

Il convient sans tarder de démonter les bobards du manque de travail pour les jeunes ?

Comment expliquer alors, la prolifération de ce stéréotype du manque de travail pour les jeunes qui semble se répandre tel le feu sur une traînée de poudre , alors que dans le même temps 60 000 étrangers souvent jeunes , travaillent en Guadeloupe dans divers secteurs d’activité ? les jeunes guadeloupéens semblent totalement désintéressés par certains métiers autrefois majoritaires parmi la couche la moins qualifiée et diplômée de la population guadeloupéenne! Même s’il est difficile d’en parler, plusieurs anecdotes recueillies auprès de chefs d’entreprises témoignent du manque d’intérêt des jeunes guadeloupéens pour certains métiers. Le bâtiment n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Ce n’est un secret pour personne que les métiers, particulièrement manuels, soient boudés par les jeunes guadeloupéens.

Il reste en effet que certains jeunes guadeloupéens le plus souvent en échec scolaire n’expriment aucun souhait d’entrer dans la vie professionnelle, se désintéressent de leur avenir quand ils ne rejettent pas le monde du travail dans son ensemble. Il est plus facile en Guadeloupe de trouver un médecin, un pharmacien… qu’un plombier, maçon ou menuisier… Et même quand on les trouve, ils se font désirer. S’il vous plaît, c’est sur rendez-vous. Le salaire ça ne se discute même pas. Par exemple, un maçon vous dit texto qu’il veut juste le salaire qui se fait partout, c’est-à-dire, 150 Euros la journée et en sus du cash! En plus, il ne se déplace pas pour n’importe quoi. Qui d’entre vous n’a pas attendu en vain l’arrivée de l’un de ces artisans? C’est un véritable parcours du combattant que d’aller à la recherche d’un maçon. A la première discussion, il ne dit jamais non. Il est juste occupé pour plusieurs semaines chez un autre citoyen. Il ne peut pas venir avant de terminer le travail , ou alors il commence le job et vous laisse en plan pour partir sur un autre chantier plus lucratif encore . Il faut attendre plusieurs mois pour qu’il vienne voir les travaux qu’on lui propose de réaliser, qu’il acceptera sous certaines conditions. Alors que dire d’un agriculteur, plombier, peintre, mécanicien, tôlier, électricien, ferronnier, soudeur, cordonnier… Bref, même les jeunes «jobbeurs», comme on les appelle dans le jargon populaire, sont devenus une denrée rare.

Et pourtant, c’est dans ces métiers que les offres d’emploi sont les plus importantes. L’offre d’emploi est abondante, mais les demandes ne suivent pas! Comme les citoyens qui ne trouvent pas, qui pour faire leurs petits travaux où réparer leurs maisons , les entrepreneurs sont également confrontés à ce problème , et donc embauchent des étrangers . Bien que les raisons d’une telle absence de désir et résistance à l’entrée dans le monde adulte, soient nécessairement spécifiques à chacun, il est sans doute pertinent de questionner l’impact des liens transgénérationnels sur l’image du travail en guadeloupe.
En dehors de la sphère familiale et des médias, seule l’école pourrait permettre aux adolescents d’approcher le travail. Or, avec le phénomène de la drogue qui prend de l’ampleur chez les jeunes dès l’école , quelle image du Travail peuvent-ils construire ? Et comment s’étonner si, par la suite, ils ne ressentent pas l’envie d’entrer dans ce monde-là …Pour certains jeunes, le basculement se fait sans transition. Ce sont justement les plus démunis qu’on laisse à l’abandon : ceux qui ont traversé leurs années collège en «passager clandestin », en accumulant chaque année un peu plus de lacunes, ceux qui sortent du système scolaire sans projet de formation, sans espoir d’emploi et qui, parfois, se trouvent sans appui familial. Ceux-là n’ont pas de statut, n’ont droit à aucune aide, à aucun dispositif de soutien. Il faut donc comprendre que ce sont ces jeunes là qui demeurent dans l’oisiveté et se réfugient dans la drogue et la délinquance .

Et la société de consommation…et son corollaire l’assistanat !

Qu’est-ce que le Travail, si ce n’est un effort constant d’adaptation de soi à la société, à une entreprise, à une organisation du travail, à un manager et encore à une équipe ? Le travail (notion qui par extension, recouvre le travail sur soi et l’évolution d’un individu et commence donc dès la naissance puisqu’une fois né, l’enfant ne cesse de travailler pour acquérir, s’émanciper…) est la résistance du réel. Il est un monde fait de contraintes dans lequel le sujet se confronte à l’autre et doit trouver sa place. Par définition, le travail est donc résistances, oppositions, labeur et efforts inscrits dans le temps…

La société de consommation dans laquelle nous vivons en Guadeloupe s’inscrit en totale opposition avec cette réalité : hédonisme oblige, tous les plaisirs doivent être satisfaits immédiatement, les besoins comblés et toutes résistances et échecs supprimés… Comment, alors, lorsque l’on grandit dans une telle société, peut-on s’inscrire dans le monde du travail ?

Cette situation fait qu’une question vient naturellement à l’esprit : les jeunes veulent-ils vraiment travailler? Il y a une année, nous posions en off la question à un chef d’entreprise de ce qu’il pensait réellement du travail des jeunes guadeloupéens . Réticent au début, il répondit: «on n’en trouve pas de bon travailleurs .» Mais au fil de la discussion et quand la confiance s’est installée il nous dira: «Je vous dis sincèrement, j’ai remarqué que les jeunes guadeloupéens non qualifiés voulaient tous travailler comme agent municipal ou agents de sécurité. Le travail manuel ne les intéresse guère», ce qui a fait l’effet d’une douche froide. Voilà l’image que renvoient certains jeunes guadeloupéens qui disent ne pas trouver de travail . Mais il faut être lucide avec nous-mêmes, cette image est réelle , n’en déplaise à certains qui se complaisent dans le schéma victimaire bien établi en guadeloupe . Allez demander à un jeune, même sans formation, de travailler dans le nettoyage des voiries, dans la soudure, par exemple, travailler la terre , être jardinier…Il vous répondra sèchement: «Jamais de la vie!». chômeur assisté par la société , vendeur informel de cannabis ,…c’est moins contraignant et plus rentable. Alors tant qu’à faire! Mais parallèlement, il crie au chômage comme on l’a vu encore hier soir dans un reportage du journal télévisé de guadeloupe première ! Les temps ont donc changé. La malédiction de l’assistanat est passée par là. Ce qui a fait de la guadeloupe et de la Martinique des pays…rentiers des transferts publics qui importent jardiniers Haitiens , maçons Dominiquais , artisans portuguais et ouvriers étrangers pour les «petits» métiers. Pourtant en guadeloupe ,et surtout en Martinique ou le taux d’occupation à l’emploi est plus fort , les jeunes chômeurs doivent le savoir, il y a du boulot pour ceux qui en veulent !
Demain notre génération de sexagénaires Antillais sera confronté à la solitude , serons-nous tous des vieux solitaires confrontés à la précarité , la pauvreté et la violence ?

Vivre seul et en situation de précarité en Guadeloupe et Martinique avec des enfants tous en France ou à l’étranger , est de plus en plus fréquent …
Un brin de solitude s’est emparé de la population Antillaise au comportement de plus en plus individualiste… La société de consommation vient-t- elle contribuer à ce phénomène ?

Le nombre de personnes vivant seules en Guadeloupe et Martinique a plus que doublé depuis 1980 et cette tendance devrait s’accentuer dans l’avenir, selon une étude de l’INSEE .

Avant 20 ans, le taux de personnes vivant seules reste marginal. Il s’accroît entre 20 et 24 ans pour approcher les 20 % et diminue ensuite pour atteindre 15 % entre 40 et 54 ans. La proportion remonte ensuite du fait des séparations et des décès. Entre 25 et 50 ans, on compte davantage d’hommes seuls que de femmes, mais à partir de cet âge ce sont beaucoup plus souvent les femmes qui sont concernées ; Un Guadeloupéen sur six (18 %) vivait seul en 2015 comparativement à 6% il y a 40 ans. Les femmes sont beaucoup plus touchées par le phénomène en Guadeloupe .

Et ce, malgré que la proportion des hommes ait connu une plus forte hausse, ayant triplé de 1982 à 2015 alors que celle des femmes a doublé .Celles qui résident le plus souvent seules sont les cadres. C’est l’unique catégorie sociale pour laquelle la part de femmes seules a augmenté. Avant 40 ans,les femmes cadres résident davantage en couple qu’en 1990 et ce sont désormais les ouvrières et employées qui vivent le moins souvent en couple, notamment parce qu’elles sont plus fréquemment mères de famille monoparentale. Après 40 ans, ce sont les femmes cadres qui habitent le moins souvent en couple ; à partir de cet âge, elles sont presque aussi souvent mères de famille monoparentale que les ouvrières et employées . C’est symptomatique d’une génération qui souffre d’une solitude affective conséquence d’une société de plus en plus désarticulée.
Le fait de se sentir seul a maintenant une explication scientifique. Selon certains chercheurs qui se sont penchés sur la question ,il arrive souvent à certaines personnes d’avoir l’impression d’être abandonné, c’est ce qu’ils qualifient d’être victime d’une « spirale négative ». Un cercle vicieux se met alors en place .Les perspectives d’avenir laissent déceler une véritable déconstruction de la famille en Guadeloupe (et donc une dérive de plus en forte de la jeunesse restée au pays sans perspectives ). Les instances qui l’ont supplantée n’ont pas fait mieux qu’elle. L’école a déçu les espoirs et l’État providence n’a pas pu satisfaire toutes les aspirations et répondre à la problématique identitaire. Bien sûr cette jeunesse a deux faces et est en réalité constituée de deux jeunesses bien distinctes. La distance sociale et idéologique s’accroît entre les jeunes selon qu’ils sont restés ou non au pays et disposent ou non d’un niveau d’études minimum ( ces deux jeunesses aux destins de plus en plus divergents) . En Guadeloupe, plus qu’ailleurs, l’écart entre ces deux jeunesses s’est accru , et la Martinique n’est pas en reste . Les jeunes générations sont l’avenir de la société et c’est pour cela que leurs attitudes présentent un intérêt particulier : se situent-elles dans la continuité des valeurs des autres générations ou un décrochage se manifeste-t-il dans certains domaines, qui serait annonciateur d’une « rupture générationnelle » et d’une « fracture culturelle » qui conduirait donc à une aggravation de la crise actuelle de société que connait la Martinique et la Guadeloupe ?

Nos jeunes étudiants se précipitent dans les universités étrangères, d’abord provisoirement, puis définitivement, pour les meilleurs, préférant travailler là où on leur fournit les moyens de leur recherche plutôt que là où on ne leur fait plus miroiter qu’un emploi précaire, sans moyen de travail en CDI . Il en va de même pour les meilleurs artisans,les meilleurs sportifs , les meilleurs musiciens, les meilleurs artistes ; et c’est vrai dans de très nombreux autres domaines.
De cela, personne ne parle, personne même ne veut l’admettre ; parce que ce n’est qu’avec retard qu’on en sentira les effets. Comme quand quelqu’un se coupe les veines : au début, c’est sans douleur, et puis il s’endort, et puis il meurt. C’est lentement que la Guadeloupe et la Martinique mourront du départ de leurs forces vives.

Elles doivent se réveiller d’urgence. Elles doivent redevenir accueillante, de toutes les façons possibles, pour tous ceux qui veulent contribuer sérieusement à leur avenir. Elles doivent s’attaquer sérieusement à toutes ses rentes de situation qui sclérosent la jeunesse, et à tout ce qui y empêche les jeunes de créer et d’avoir le bénéfice de leur travail. Il y faudra pour cela favoriser, sans complexe, la richesse créée au détriment de la richesse héritée.

Cela devrait constituer l’un des principaux débats des politiques . Il doit commencer dès aujourd’hui. Il n’y a pas de vent favorable pour celui qui ne sait pas où il va », disait Sénèque.

Jean-Marie NOL, Economiste financier
09/16

samedi 8 juillet 2017

RAPPORT DE L'INSEE - ABSTRACT - MARTINIQUE

Evariste Zephyrin

Les voyants de l'économie martiniquaise restent au vert en 2016. Le chômage baisse et l’emploi salarié progresse. La situation financière des ménages est satisfaisante ; l’encours sain de crédit augmente de 3,4 % en raison des taux d’intérêt en baisse. Les consommateurs ont par ailleurs profité d’une inflation quasi nulle (– 0,2 %) et d’une baisse du prix des carburants. Cependant, la baisse du prix du pétrole a entrainé une chute de 13 % des exportations martiniquaises.

Synthèse régionale - 2016 : une année globalement positive pour la Martinique sur le plan économique

Embellie du marché du travail

2016 marque la poursuite de l'embellie sur le front du chômage en Martinique. Son taux baisse de près d'un point pour s'établir à 18 %, soit cinq points de moins que la Guyane et six de moins que la Guadeloupe. Contrairement à l'hexagone, le fléau ne touche pas plus les femmes que les hommes.

Cette amélioration tendancielle est confirmée par la hausse de 1,3 % de l'emploi salarié marchand sur l'année (+ 1,5 % en 2015). Le commerce, la restauration ou encore le monde associatif sont les secteurs qui contribuent le plus à cette évolution positive. Dans une moindre mesure, l'industrie continue de voir ses effectifs augmenter.
À l'instar de l'emploi, les créations d'entreprises sont également à la hausse (2,6 %). Mais le fait notable est la très forte progression des formes sociétaires. Avec plus de 10 % d'augmentation sur un an, ces entreprises sont celles qui embauchent potentiellement des salariés, ce qui pourrait être de bon augure pour l'avenir. A contrario, la création des entreprises individuelles est à la baisse.

Un autre aspect positif est la baisse continue du nombre de défaillances d'entreprises en 2016 en Martinique (6 %).

En revanche, la construction a vécu une année en demi-teinte avec une diminution de 0,9 % du nombre de ses salariés en 2016. La chute de 4 % des mises en chantier sur l'année en est la principale cause. Si la baisse est générale sur tout le territoire, la CACEM est la zone la plus touchée. En parallèle, les autorisations de construction ont baissé de 27 % par rapport à l'année précédente, ce qui devrait avoir des répercussions sur l'année 2017.
Hausse de la consommation des ménages

L'activité financière demeure, elle, bien orientée en 2016. Les encours de crédits aux entreprises ont progressé de 5 %, boostés par les crédits à l'investissement (+ 8,8 %) et les importations de biens d'investissement (+ 8,4 %). Dans une moindre mesure, les ménages participent à cette dynamique. Leur encours sain de crédit augmente de 3,4 %. Si on constate une perte de vigueur des crédits à l'habitat (+ 2,3 %), les crédits à la consommation sont en forte hausse (6,6 %). Une conséquence est la croissance du nombre de véhicules particuliers neufs de l'ordre de 10 %.


Evariste Zephyrin


En 2015, la consommation des ménages a progressé alors que la population a diminué. Elle reste ainsi l'un des piliers de la croissance. La consommation est également encouragée par une inflation quasi nulle en 2016 (– 0,2 %). Si les produits frais ont augmenté de 5,5 % en moyenne sur l'année, les prix de l'énergie ont chuté de 5,3 % sous l'impulsion de la baisse du prix du pétrole.
Autre incidence de la baisse du prix du pétrole, les échanges commerciaux en valeur ont reculé. Ainsi, le solde du commerce extérieur s'est dégradé avec une chute en valeur des exportations de l'ordre de 13 %, les importations ne reculant que de 3 %.

Les mauvaises conditions climatiques, et principalement l'ouragan Matthew, ont provoqué une baisse de près de 10 % de la production de banane, impactant ainsi les volumes exportés. Par ailleurs, si la production de canne est en hausse, sa qualité est moindre, la teneur en sucre ayant diminué de 15 %. Le marché du rhum est cependant toujours porteur avec une progression de l'ordre de 3 %.

Le secteur du transport, portuaire comme aérien, est bien orienté

Le transport aérien s'est fortement développé en 2016, avec une augmentation de plus de 10 % du trafic, soit 1,8 million de passagers. Cela s'explique par la bonne tenue du trafic national et régional, mais aussi par la forte progression du nombre de passagers en provenance d'Europe ou d'Amérique du Nord.
L'effet de la croisière « tête de ligne » y est pour beaucoup. La progression du nombre de croisiéristes de l'ordre de 20 % est spectaculaire.

La Martinique séduit également toujours plus de touristes de séjour (+ 6,6 %) en franchissant le seuil des 500 000 visiteurs. Les recettes touristiques directes sont évaluées à 330 millions d’euros, soit 7,5 % de plus qu'en 2015.

dimanche 18 juin 2017

Législatives: Bruno Masure stigmatise et méprise les Français d'outre-mer


Patrick Karam, président d'honneur du Conseil Représentatif des Français d'outre-mer (CREFOM) et ancien délégué interministériel pour l'égalité des chances des Français d'outre-mer dénonce le tweet stigmatisant contre les Français d'outre-mer de l'ancien journaliste, Bruno Masure émis à l'occasion du 2ème tour des législatives:


"Dans les DOM, 70% d'abstentionnistes, mais 100% ravis de profiter des multiples aides publiques sur le budget d état #maminutepoujadiste"

Patrick Karam condamne avec la plus grande fermeté ces propos répréhensibles aux relents nauséabonds qui salissent la France et rabaissent la République

Bruno Masure reprend de vieilles considérations racistes en considèrant que les Français d'outre-mer sont tous des assistés et par son tweet honteux qui les désigne à l'opprobre publique il divise les Français et tente de monter une opinion publique fragilisée par les difficultés économiques contre leurs compatriotes ultramarins.

Il est temps pour M Masure de s'informer sur la réalité de nos territoires éloignés et d'en finir avec le fantasme des outre-mer assistés

Les territoires d’Outre-mer sont victimes d’une grande imposture qui consiste à asséner comme une vérité le fait qu’ils « coûteraient cher à la France ». La seule comparaison de l'effort total net de la nation pour les outre mer en 2013, 22,5 Mds d’euros, soit 2,2% des 1000 milliards de dépenses de l’Etat et de la sécurité sociale, pour 4% de la population, démontre le fantasme de l’assistanat.

Certains territoires reçoivent d'ailleurs moins de crédits publics que la moyenne nationale par habitant, comme La Réunion qui perçoit 5% de moins et qui a vu ses transferts régresser de 17% en 5 ans.

S’agissant des emplois publics, 8,16% de la population, ils sont plus élevés d'un point que la moyenne nationale, mais c'est le cas aussi pour d'autres régions hexagonales comme le Limousin (8,19%).

C'est donc bien parce que la République n'a pas assumé ses missions premières de solidarité entre les territoires nationaux que les outre-mer se situent toujours en queue de peloton des territoires nationaux.

M. Masure n'en a que cure que la situation économique et sociale demeure précaire : en 2009-2012, le PIB/habitant dans les DOM représentait, en moyenne, 62 % du niveau de l’hexagone, soit 83,2 % de la région métropolitaine la plus pauvre (Picardie) en 2012. Il s’échelonnait dans les quatre DOM « historiques », entre la moitié (Guyane) et les deux tiers (Martinique : 68,5 %) de la moyenne hexagonale et seulement 25,7 % de ce niveau à Mayotte (2011).

Le chômage intolérable touche plus d’un actif sur cinq dans chaque département, avec un record à La Réunion (29 %). Les taux de chômage des jeunes (enquête emploi 2013) se situent entre 37,4% à Mayotte, 60,6% à La Réunion et 68,2 % en Martinique, contre 24,6% dans l’hexagone. Les quatre DOM « historiques » concentrent 6,7 % du total des chômeurs inscrits depuis plus d’un an, pour 2,9 % de la population.

Le taux de pauvreté est trois et quatre fois plus élevés que dans l’hexagone : il s’établit par exemple à 42 % en 2010 à La Réunion, contre par exemple 24,8 en Seine-Saint-Denis en 2011.

Les retards sont considérables en matière de santé (retard de 23 ans à La Réunion en terme de baisse de la mortalité infantile en 2011 ; retard de 27 ans en Martinique ; de 39 ans à Mayotte !).

M. Masure s'honorerait de s'excuser d'avoir porté atteinte à la dignité de millions de Français. Et à l'avenir, s'il n'a rien à dire d'intelligent sur les Français d'Outre-mer, qu'il se taise.

vendredi 16 juin 2017

Rififi autour du TCSP

Gare du TCSP, Sainte-Thérèse, Martinique

Depuis la fin du couple Césaire-Aliker, la Martinique a hérité que de dirigeants médiocres, plus intéressés à leur petite soupe et petites affaires ou à se dérailler entre eux, qu'à sortir la Martinique du sous-développement et du marasme économique, nous avons en gage des "Yich méchan, président révolvé, c'est- de-la-faute-de-l'autre" que des planificateurs, des développeurs.


"Le 23 mars 2017 démarrait la marche à blanc du TCSP. Et tout le monde affichait sa grande fierté de douciner les bus à haut niveau de service. Personne du Grand Sanblé n’avait manqué à l’appel.

Et surtout plus personne ne racontait non plus que le contrat PPP (partenariat privé public) passé entre l’ancienne région et Caraibus, filiale du groupe Vinci, était mauvais et que ce contrat allait ruiner la collectivité.

Des loyers impayés

Pourtant aujourd'hui on apprend qu'en fait presque rien n’a été payé dans cette affaire. En effet les avances sur loyers que la Région et aujourd’hui la CTM devaient payer n’ont pas été réglé. Pourquoi ? Parce que lorsque les dirigeants de Vinci ont rencontré Alfred Marie-Jeanne, président du Conseil Exécutif de la CTM il y  a un mois, celui-ci a carrément indiqué que la collectivité ne paiera rien et qu’elle va dénoncer le contrat. Pire pour Vinci : ses dirigeants apprennent également que la CTM se réservait le droit de dénoncer tous les contrats que ses services ont passés avec l’entreprise. On se demande alors si cette déclaration devait être considérée comme une menace sur le contrat passé avec une filiale de Vinci pour la construction du lycée schoelcher.

Ce n'est pas la première fois que la CTM se retrouve confronté à ce problème. Lors de la plénière du 29 mars 2016, Alfred Marie-Jeanne avait déjà fait état d'une injonction de payer de la part de Caraïbus. "Je paierai d'abord les bourses des enfants, la formation professionnelle et les salaires des travailleurs avant de payer ça", avait déclaré le Président du Conseil Exécutif.

Près de 8 millions d'euros à régler

Autrement dit le litige qui existe entre la CTM et Caraïbus, cette société qui gère les infrastructures du TCSP, entraîne aujourd’hui des retards de paiements qui s'élèvent à presque 8 millions d’euros. Un montant auquel il faut ajouter 800 000 euros d’intérêt de retard et 19 000 euros de frais d’avocat.

Sans oublier bien sûr des conséquences financières pour Caraïbus, à tel point que si la CTM ne change pas d’avis, la société pourrait mettre un terme à l’exécution de toutes les prestations initialement prévues. Un risque énorme pour l'avenir du TCSP puisque l'entreprise assure l'entretien des bus, des 18 stations, du centre technique et de 4 kilomètres de voies.

En conséquence  il n’y aurait ni marche à blanc, ni marche en couleur.  À moins que  le Syndicat Mixte, Martinique Transport et la CTM trouvent une solution pour remettre le moteur des bus du TCSP en marche." source

La  CTM à travers son porte-parole Daniel Marie-Sainte publie :"La vérité est que c'est le Syndicat mixte du TCSP (SMTCSP) dont le président est Simon MORIN, membre des élus EPMN de la CACEM, qui doit de l'argent à Vinci.

Car c'est le président du SMTCSP qui a signé un contrat PPP avec Caribus-Vinci !
Le Conseil Régional avec comme président Serge Letchimy a servi de caution au président du SMTCSP de l'époque....

Il y a un journaliste de RCI qui cherche systématiquement à tromper l'opinion publique martiniquaise avec la volonté de nuire au Président de la CTM !".

En attendant que ces messieurs trouvent une solution la Martinique prend du fer, je suggère que l'on retire la compétence du transport à ces inutiles et que l'on l'attribue au préfet, au moins avec l'état les choses fonctionnes.

vendredi 19 mai 2017

Le musée Dapper a fermé ses portes !


France: Le musée Dapper, dédié au patrimoine de l'art africain subsaharien, a fermé ses portes hier en raison de problèmes financiers.


La principale cause de ces difficultés tient aux charges générées par son lieu d'exposition ouvert en 2000 dans le XVIe arrondissement de Paris, et qui va être vendu.

"Le bâtiment est lourd à gérer. Nous n'avons aucune subvention publique, nous ne pouvions plus traîner ce boulet", explique la direction.

Le musée a également été confronté à la montée en puissance du Quai Branly, et plus généralement à la concurrence d'une offre culturelle particulièrement riche à Paris.

Depuis son ouverture, il avait présenté plus de 40 expositions, mais sa fréquentation était en baisse.

"On ne baisse par le rideau pour autant, précise-t-on à la direction. La fondation va continuer ses activités au Sénégal" où elle a organisé plusieurs expositions depuis 2012, notamment à Gorée, ainsi que dans les Caraïbes.

Présidée par Christiane Falgayrettes-Leveau, la fondation a été créée par son mari Michel Leveau, ingénieur passionné par l'Afrique.

Olfert Dapper, dont elle tire son nom, était un Néerlandais auteur en 1688 d'une Description de l'Afrique sans jamais avoir visité ce continent.


Martiniquais :Nous sommes un peuple de controverse...



Nous refusons d'être ministre, mais nous allons à la députation. 

On ne veut pas un poste à responsabilité qui pourrait donner de belles orientations en faveur de la Martinique, pour accepter de juste proposer des lois ou des amendements qui n'apportent pas toujours grand chose à la Martinique. 

Mener une politique globale dans un ministère des Outre-mer avec l'aval certes du 1er ministre est quand même mieux qu'aller siéger (quand on peut) pour voter un ensemble de lois qui ne concernent pas toujours spécifiquement la Martinique. 

Entre Teddy Rinner, Lilian Thuram, Laura Flessel et tous les ministres Guadeloupéens potentiels ou passés nous sommes dans une suffisance caractérisée en Martinique.

Dans une posture de rébellion face à un État que l'on rejette mais dont on accepte son école, ses lois, son mode de vie, sa nationalité.....etc 

Soit on prend une indépendance, soit on décide alors d'accepter notre histoire et notre citoyenneté française et de lutter pour une meilleure émancipation de la Martinique. 

Ici on dit souvent: 
Nèg jalou
Nèg méchan
Nèg kont nèg 

Mais en même temps nou pa lé bétché, blanc, miniss etc etc etc 

Donc on aime gueuler mais en même temps on ne veut rien !!

Du coup on stagne et la Martinique n'avance pas !!!

Regardons les problématiques d'un simple transport en site propre (TCSP).

Le seul gros chantier majeur des 5 dernières années est au point mort !!!

Alors bon.....si on veut rester dans une posture de défiance vis à vis d'un État qui organise finalement notre quotidien ...nous sommes ridicules.

Il est temps d'enlever ces foutus "chaines mentales" ...
Décidons notre avenir :
1-Indépendance 
Ou
2-Acceptons notre statut actuel

On ne peut pas vouloir les deux, nou pa ka vansé !!!

Mick Let

mercredi 12 avril 2017

Jean Bernabé n'est plus


Agrégé de grammaire, docteur d'État en sciences du langage, spécialiste des langues créoles, professeur émérite des universités, Jean Bernabé n'est plus.

Il était l'un des pères fondateurs de l'université Antilles-Guyane mais c'est surtout en tant que l'un des pères fondateurs de notre écriture créole moderne que je me souviendrai de lui.

Véritable artisan de la "créolistique" (comprendre linguistique du créole) cet homme de lettre fut celui qui, (avec Raphaël Confiant et Patrick Chamoiseau) en nous apprenant à lire et écrire dans notre langue, nous donna cette fierté d'être Martiniquais... ce sentiment d'ancrage à une tradition et une culture authentique et vraie.

Bien que la langue sous-tende le patrimoine immatériel de nombreuses communautés, il faut souvent des hommes comme lui pour qu'elle ne s'éteigne pas.

Si les poètes et les conteurs des sociétés non-occidentales, comme les griots et les dyelli africains, sont bien connus, il existe heureusement dans la caraïbe des gens comme Bernabé, ce "Gran-Grek", pour mener des combats pour la préservation des langues.

C'est un monument qui s'est éteint. .. une bibliothèque à lui seul...

Je suis triste ce soir...

Que la terre des ancêtres te soit légère ami.

Page où des hommages lui sont rendus.

lundi 10 avril 2017

QUE SE PASSE T IL A L'ABATTOIR ?


Depuis samedi le syndicat des bouchers bloque l'entrée de l'abattoir. Ce dimanche matin, une rencontre était organisée pour tenter de débloquer la situation mais n'a pu aboutir. En effet, un artisan boucher, a encore une fois de plus accuser les élus de la CTM ainsi que le directeur d'avoir inventer une panne fictive de la SEMAM en janvier 2017. 

Face à de tels propos, le Président de l'abattoir a fustigé très justement ces propos. 

Mais que réclament les artisans bouchers ?

Tout d'abord la suppression et le remboursement d'une taxe sur le traitement des déchets datant de 2005. 

Contrairement à ce qu'ils prétendent sur les média, cette taxe n'est pas nouvelle. Ce n'est qu'après 12 ans de la mise en place de cette taxe qu'ils se rendraient compte qu'elle les pénaliserait. Pendant tout ce temps ils n'ont absolument rien dit et subitement ils se réveillent !

Que disent la SEMAM ainsi que la CTM sur ce point ? 


Aujourd'hui, il a été acte que cette taxe serait suspendue en attendant de vérifier la pertinence de cette taxe. Cette taxe intervient au niveau du traitement des déchets, déchets qui viennent des bêtes abattues pour le compte des artisans bouchers.

Autre point, les bouchers réclament qu'ils soient dédommagés sur les abats perdus lors de la réouverture de la SEMAM. Sur ce point l'indemnisation est chiffrée et est en cours de traitement par la SEMAM.

Troisième point de revendication ils souhaitent également être indemnisés,pour les pertes encourus au niveau de leur activité plus globalement lors de la fermeture de la SEMAM. Ce point ne peut être traité qu'au cas par cas sur présentation de dossier. 

Si la SEMAM s'est engagée à fournir à la CTM les éléments d'analyse de cette indemnisation, les artisans bouchers doivent au moins formuler une demande adressée au Président du Conseil Exécutif. Aujourd'hui aucune demande n'est enregistrée auprès des services de la CTM, peut être sur ce point y a t il eu une incompréhension. 

Autre revendication des artisans bouchers : ils refusent qu'une coopérative ouvre une boucherie. QUE peut faire la CTM sur ce point ? 

Ce blocage de la SEMAM est pour moi incompréhensible ! Comment des acteurs de la filière viande peuvent ils eux mêmes mettre en difficulté l'outil qui leur permet de fonctionner ? 

A l'approche de la semaine Pascale, c'est vraiment mettre en péril la filière viande.

Marie-France Toul

lundi 3 avril 2017

[POINT INFO GUYANE du 3 avril 2017]


Aujourd'hui l'opération Guyane morte a très bien fonctionné tant à Cayenne qu'à St Laurent du Maroni, une marche de manifestation a eu lieu a Maripa Soula . 
Néanmoins le premier fait saillant de la journée a été la déclaration de Bernard Cazeneuve qui a rejeté net l'exigence de versement immédiat de l'enveloppe budgétaire de 2,5 milliards demandé par les collectifs qualifiant « irréaliste »cette demande, puis il a passé de la pommade à sa ministre des outre mer et à son ministre de l'intérieur qui selon lui ont fait du bon boulot avec notamment le plan d'urgence en 25 points mesures d'Ericka Bareigts, des avancées selon lui qu'il entend :
''graver dans le marbre ce qui a été négocié et acté, faute de quoi tout ce travail risque d'être perdu (…) ces avancées seront actées en conseil des ministres, ce mercredi, sous l'autorité du président de la République, François Hollande". ( ...)"Jamais un gouvernement ne s'est autant rendu disponible pour la Guyane", a ajouté Cazenuve.

Le gouvernement a communiqué avec insistance sur des accords qui auraient été trouvés dans les secteurs de la sécurité, la santé, l'éducation, le foncier, l'agriculture, la pêche, l'aide aux collectivités. Ce qui il faut le dire très clairement est de l'enfumage , de l'intox gouvernementale car aucun accord véritable n'a été signé, les collectifs, même ceux qui ont eu certaines de leurs revendications satisfaites, ne se sont pas désolidarisés car la Gwyann dékolé c'est tout le monde ensemble.

Puis Cazeneuve en a également appellé ''à la raison'' et à la levée des barrages.
Ce n'est pas une surprise que le gouvernement joue la montre, l'épuisement des forces et l'enlisement du conflit le temps de refiler le bébé au suivant gouvernement de la prochaine mandature présidentielle.

Sur place en Guyane les déclarations de Cazeneuve sont mal passées d'autant qu'il est également demandé que les collectifs justifient l'utilisation des 2,5 milliards alors que dans l'autre sens quand les ressources sont pompées à la Guyane aucun justificatif n'est donné en retour à la population guyanaise.
Gauthier Horth un entrepreneur faisant parti du collectif sur le plateaux tv de Guyane 1ère a déclaré : ''Nous demandons le déblocage d'une enveloppe de 2,5 milliards d'euros et c'est non négociable (…) Nous n'avons pas l'intention de négocier les besoins de la Guyane. Nous devons durcir le mouvement pour faire comprendre au gouvernement que ça suffit, nous ne pouvons plus mettre en stand-by les besoins de la Guyane, nous ne pouvons plus nous contenter pas de mesurettes. Ce qui sera acté en conseil des ministres est très bien, c'est une première étape, mais nous ne pouvons pas nous en contenter". 

Une réunion entre les collectifs ''Pou La Guyane Dekolé" et les élus, s'est tenue depuis le matin au siège de l'Association des Maires, avenue Pasteur à Cayenne. Dans cette réunion les collectifs devaient présenter aux élus les propositions faites par le gouvernement, parce qu'un accord de principe avait été passé entre les élus et les collectifs, ces derniers s'étaient engagés à consulter les élus après la rencontre entre les collectifs et les ministres. Les élus eux s'étaient engagé fermement à ne rencontrer ni ne parlementer avec le gouvernement dans le dos des collectifs. 

Des groupes de travail se sont formés pour poursuivre le travail amorcé depuis plusieurs jours par rapport aux proposition gouvernementales et pour expliciter dans le détails l'exigence des 2,5 milliards.

La rencontre avec les maires a un moment été particulièrement vive, le ton est monté car les collectifs ont sermonné un peu les élus en leur faisant bien comprendre que la population guyanaise est aujourd'hui DÉTERMINÉE et que les élus ne doivent pas trahir la population, il a été demandé aux élus d'accompagner les peuples de Guyane qu'il y va de leurs responsabilités .
La grande mobilisation avec la marche sur Kourou s'organise plusieurs départ en bus sont prévus un peu partout dans la Guyane, des municipalités n'ont pas hésité a mettre des bus en place de leur coté.

Une alerte a été donnée a ce propos !

A savoir que sur ordre du gouvernement les instances militaires se devaient de dépêcher manu militari en urgence deux escadrons de gendarmes mobiles de 120 unités supplémentaires (pour commencer) en Guyane pour qu'ils arrivent dans la nuit du 3 au 4 avril. La crainte est que ces bataillons usent de répression pour mater le conflit. 

Du coté de Kourou le 3 ème REI est en alerte mobilisation en prévision de la journée de demain.

Si le gouvernement opte pour le passage à la répression comme l’État français en a la longue expérience dans ses colonies cela serait une grave erreur qui au delà du sang qui pourrait couler serait lourdes de conséquences car personne n'entend se laisser faire ni piétiner en Guyane. 

La journée de demain est placée dors et déjà sous hautes tensions.

lundi 27 mars 2017

GUYANE...


Les problèmes sociaux qui la secouent, et la bourde d'un candidat à l'élection présidentielle qui l'a prétendue être une île, montrent à quel point ce fabuleux territoire français de la grande forêt amazonienne, aura été oublié depuis toujours par une métropole qui n'aura jamais mesuré la chance énorme qu'elle avait de le posséder...

Qui songe en effet depuis cette métropole, qu'il existe une surprenante frontière franco-brésilienne, matérialisée par le grand fleuve Oyapock, que franchi désormais un pont magnifique et tout neuf, mais qui a ce jour, et après déjà plusieurs années après la fin de sa construction, n'a toujours pas été inauguré ni mis en service, ce qui marque bien le désintérêt des élites métropolitaines pour ce lointain territoire...?

Comment une telle richesse avec la diversité de ses peuples, de sa forêt, de ses grands fleuves, et de sa faune, un tel potentiel d'activité pour une région qui n'a péniblement atteint la densité de 1 habitant seulement au kilomètre carré, que depuis quelques années, a-t-elle pu être abandonnée aux activités illicites d'aventuriers venus de tous cotés, et à l'empoisonnement de ses populations et de sa faune par le mercure des orpailleurs clandestins...?

Pourquoi les activités industrielles et d'ingénierie ne se sont-elles pas naturellement développées autour de l'immense base spatiale qui logiquement les appelait, pourquoi n'y a-t-il pas eu de centres de formation et d'écoles formant aux métiers de l'espace, pourquoi l'occasion ne fut-elle pas saisie d'y créer une "cité des étoiles", comme cela fut le cas en Russie...?

Pourquoi alors, en plus de tous ces manquements, le territoire fut-il abandonné dans la torpeur de redoutables problèmes sociaux dont le plus grave de tous est certainement cette véritable épidémie de suicides qui frappe les jeunes Amérindiens, désespérés par une société qui les marginalise...?

Cependant, au jour de l'élection a venir, après qu'ils auront effectué deux heures de pirogue pour se rendre au bureau de vote, une fois mis leur enveloppe dans l'urne et que cette urne à son tour, s'en ira à pirogue pour présenter la volonté de ces Amérindiens concernant celui qui devra s'installer au palais de l'Elysée, la voix de chacun d'eux aura alors exactement le même poids et la même valeur, que celle d'un fortuné des quartiers chics de Paris...

N'oublions pas la Guyane...

Richard Pulvar

dimanche 26 mars 2017

PRÉSIDENTIELLES 2017! RAPPEL d'Eric Jalton


Je rappelle à ceux qui l'ignorent ou feignent de l'ignorer que je ne suis inscrit dans aucun parti politique même si je préside une association politique progressiste et républicaine dénommée FRAPP.J'ai dit et je rappelle que mon vote de cœur serait Mélenchon puis Hamont mais que l'impérieuse nécessité d'éviter à notre République une expérience extrémiste de droite me commande de voter et d’appeler à voter pour le candidat de gauche ou plus largement progressiste ou centriste le mieux placé pour ce faire en l’occurrence MACRON .Que chaque élu militant ou sympathisant FRAPP et tout un chacun plus largement prenne librement en ces circonstances historiques ses responsabilités.

Eric JALTON Président de la FRAPP.

samedi 25 mars 2017

Grève en Guyane !



Et oui. La fusée décolle et la Guyane pas... tout est sinistré: économie, éducation nationale, sécurité, santé, équipement routiers, téléphonique nombreuses zone non couverte pourtant on envoie des satellites ici, flotte impressionnante de pêcheurs clandestins d'autres pays, agriculteurs non aidés, aides bloquées depuis 3 ans sans Raisons, un seul commissariat pour 300 000 habitants, peuples premiers sans terres et taux de suicides chez eux incroyable, une maternité qui fonctionne - un hôpital à kourou vendue 1 euro symbolique à la Croix Rouge qui est en faillite aujourd'hui, immigration massive due à un manque massif de moyens en hommes (ex: 1000 kms de frontières avec le Suriname et je parle même pas du Brésil...), pollution massive du sol par le mercure due au plus de 300 carrières clandestines, des villages amérindiens entiers empoissonnés au mercure, terres de Guyane possédées à 90% par l'Etat( donc les communes sont grandes en superficie et leur aire d'intervention et donc de développement symbolique...), chômage explosif, trafic de grande en folle expansion (inondation massive du pays, voie aérienne submergée par des mules, prison remplie de mules...), désespérance et désespoir massif.

Pourtant la Guyane est assise sur des milliards d'euros de richesse. Exemple : 600 millions d'or saisie par an repartent en hexagone : part de la Guyane : o euros. Budget annuel de la collectivité de Guyane annuel : 600 millions d'euros (en déficit d'ailleurs...chercher l'erreur), le secteur du bâtiment en crise alors que la demande de logement n'a jamais été aussi forte (prix marché immobilier élevé entretenu artificiellement : spéculation élevée, donc pouvoir d'achat très bas maintenue...), agriculteur en retard de versement d'aides de plus de 3 ans: raisons : aucune), filière bois en très très grande difficultés (paradoxe pour la Guyane ), économie en perdition car les patrons sont peu ou pas soutenus ou compris ; au passage ils soutiennent le mouvement social), pour une classe de 30 enfants plus de 100 enfants non scolarisés surtout dans l'ouest, inexistence des transports en commun (réseau existant insignifiant)-population qui se déplacent = économie guident et croissante, zones non couverte par téléphone internet (prix des opérateurs vertigineux = incompréhensible pour un réseau déjà largement amortie ...), réseau EDF inadapté faute d'investissement depuis des décennies mais factures élevés qui  au final pénalise le pouvoir d'achat.

Cette gestion de la Guyane est de tous les gouvernement depuis des décennies.

Plus de 20 collectifs (la population en est sin essence) qui par leur existence montre la faiblesse du système: le mal est profond et massif. 
À l'instant dernière infos : grève générale illimitée décrétée par l'ensemble des syndicats à partir de lundi prochain.

Refus de tous les collectifs et du Président de la collectivité de rencontrer la mission interministérielle en route vers la Guyane actuellement.

X. Maxo

mercredi 22 mars 2017

Question : La structure coloniale existe-t-elle toujours ?


Philippe Poutou : Dans ces « départements français », les revenus médians révèlent la pauvreté de la population : 880 euros à la Réunion, 1 100 euros à la Martinique... Et dans tous ces territoires, le chômage est de 36 % en moyenne, plus de 50 % pour les jeunes ! Le coût de la vie est par contre de 12 à 17 % plus élevé qu’en « métropole », parfois plus de 30 % sur des produits de première nécessité.

Les richesses, les terres, les mines, les conseils d’administration des grandes entreprises présentes (notamment dans le tourisme et le bâtiment) sont essentiellement des possessions des descendants des colons. Ainsi à la Martinique, ils possèdent les 2/3 des terres cultivables, la quasi-totalité des usines à sucre, les 9/10 des plantations de bananes, la totalité des conserveries d’ananas et le quasi-monopole du commerce d’import-export. Les coloniséEs, eux, sont ouvriers, précaires ou chômeurs.

Aux Antilles, les mouvements indépendantistes revendiquent une redistribution des terres qui permettrait de revenir sur l’accaparement des terres par les colons. En Polynésie, les populations exigent la réparation des désastres humains et écologiques produits par les explosions nucléaires.
Le système économique fonctionne pour le profit des compagnies et entreprises de la métropole, appuyés par la présence des colons. Les populations autochtones ou descendantes d’esclaves sont exploitées économiquement, discriminées. Ségrégation raciale et sociale se confondent. Celles-ci se prolongent dans la situation vécue dans l’hexagone par les populations issues des dernières colonies.

Le monopole de la « métropole » française sur les moyens de communication et les échanges commerciaux, l’isolation maintenue avec les pays limitrophes, ont développé un système liant dépendance financière et non-développement, avec l’utilisation par le colonialisme de toute une couche, essentiellement d’origine française, dépendante des emplois de la fonction publique.

Mais ce carcan n’empêche pas des luttes de résistance. Ainsi, le mouvement du LKP, la grève générale de 2009 aux Antilles, a permis de mettre clairement en avant des exigences populaires.

source

mercredi 15 février 2017

Les Debout Martinique


Hervé Deluge metteur en scène martiniquais reconnu,
a jeté son véhicule sur l'atrium.

Nous n'entendons pas ici cautionner son geste, mais expliquer le désespoir rageur qui a poussé un artiste à la violence.
Déjà mal en point, le secteur culturel martiniquais est désormais moribond.

Depuis que l'Atrium est devenu scène nationale, les spectacles de nombreux artistes locaux n'y ont plus droit de cité,
faute de rentrer dans le très stricte cahier des charges qui réglemente maintenant ce théâtre Foyalais.
Sans doute manquons nous d'un autre espace où pourraient s'épanouir nos artistes.

mais la culture n'est pas une priorité pour la CTM qui accorde quelques dérisoires subventions.

Si nous ne réagissons pas la création martiniquaise s'éteindra doucement...ou ira voir ailleurs.

Ensemble, il nous faut rappeler à nos élus que la culture est ce qui fait l'identité d'un peuple.

La culture renforce la cohésion sociale et que les projets politiques ne deviennent pérennes que s'ils s'appuient sur un groupe humain dont les valeurs communes s'incarnent dans les arts.

Ensemble, artistes ou pas, défendons notre Culture.

lundi 13 février 2017

COMMUNIQUE DE PRESSE DU CREFOM


Le CREFOM, conseil représentatif des français d’outre mer dénonce avec force les propos tenus par le syndicaliste FO SGP Police lors de l’émission consacrée aux événements dramatiques d’Aulnay sous bois.

Pour rappel, un jeune homme dénommé THEO est à ce jour hospitalisé pour de graves blessures, un policier est mis en examen pour viol, ses collègues sont mis en examen pour violence volontaire en réunion.

Selon monsieur POIGNANT du syndicat SGP Police  » le terme Bamboula reste encore à  peu prés convenable « .

De tels propos tenus publiquement et en toute impunité, par des personnes dépositaires de l’autorité publique, illustrent parfaitement les bavures que subit et dénonce au quotidien une partie de la population. Le CREFOM rappelle que l’expression « bamboula » au delà de représenter un instrument ou une danse, désigne également par extension une personne noire de peau dont la connotation péjorative n’a pas pu échapper à son locuteur.

En dépit de ses excuses, le CREFOM demande instamment au Ministre de l’intérieur, et aussi aux responsables syndicaux de prendre leurs responsabilités.

Le Président du CREFOM
Jean Michel MARTIAL