mardi 30 avril 2013

Martinique : Dégradation de la situation économique et sociale



Le nombre de chômeurs a encore augmenté pour le mois de mars 2013 et s’établit pour toutes les catégories à 52 297 (+ 0,8 %), selon les nouvelles données disponibles.

La catégorie A, qui recense les chômeurs n’ayant aucune activité, connaît la hausse la plus importante., + 1,55 % en février et + 0,7 % en mars, selon l’INSEE (Cf. bulletin n° 3, avril 2013)

Les moins de 25 ans et les plus de 50 ans restent toujours ceux qui sont le plus touché, respectivement + 8,6 % et + 14,5 % sur un an.

Selon l’INSEE, l’indice des prix à la consommation des ménages a connu une augmentation de 0,6 % en mars, malgré la baisse constatée sur les produits frais (- 1,7). Ce sont surtout les produits manufacturés (+ 1,3 %) et l’énergie (+ 2,2 %) qui contribuent à cette évolution.

Pour les produits manufacturés, le poste « habillement et chaussures » y participe fortement avec un indice de + 5,8 %.

D’autre part, le Syndicat Martiniquais des Hospitaliers (SMH) a assuré cette semaine que le centre hospitalier n’a plus les moyens d’assurer dignement les soins aux malades. Il estime que cette situation épuisante pour les médecins conduira tôt ou tard à leur départ.

Le SMH appelle à une mobilisation massive pour sauver l’hôpital public.

Napoléon MAGLOIRE le joueur de gwo ka et de lewoz est mort


Napoléon MAGLOIRE, légende du GWO KA est décédé ce matin. C'était le fidèle compagnon de Vélo. On lui doit énormément de titres qui sont devenus des classiques de la musique guadeloupéenne. "Nou rivé an léwoz a yo la...". "NAPO" comme on le surnommait laisse un répertoire et un héritage aux guadeloupéens pour l'éternité. Sauront-ils s'en servir? Le KA est à l'étude. Pendant ce temps.

Paix à son âme !

Reprise de l'épandage en Guadeloupe



Avec la reprise des épandages aériens annoncée par la nouvelle préfète Marcelle Pierrot les chiffres de la Guadeloupe vont vite rattraper ceux de la Martinique.

Rappel : les épandages aériens lâchent dans les airs des pesticides toxiques pour l'homme, ces pesticides vont contaminer toute la chaîne alimentaire avoisinante et vont durablement et profondément imprégner les sols à cause de leur rémanence !

En Martinique 20 ans d'épandage au chlordécone sur 40% du territoire, résultat 700 ans de sols contaminés où toutes cultures poussant dessus est de facto cancérigène.

lundi 29 avril 2013

Écrire la domination




Journée d’études CRILLASH
Mardi 14 mai 2013 – 9h-12h / 14h-16h – Amphithéâtre Hélène Sellaye 
Faculté des lettres et sciences humaines – UAG – Schœlcher


Argumentaire

La domination est une entreprise relayée par l’écrit, qu’il soit juridique (Code noir par exemple), littéraire, mythologique (biblique par exemple) ou autre. A travers ces textes, le dominant organise sa domination en visant à conditionner le dominé à accepter sa soumission. Ecrire la domination est donc pour le dominant un enjeu considérable qui participe du maintien de sa position.

Le dominé aussi écrit la domination. Il est l’effet de cette domination et produit des textes sur son vécu. Il le fait soit pour s’en plaindre, la refuser (récits d’esclaves par exemple), soit pour l’accepter, la reproduire (textes de Mayotte Capécia vus par Frantz Fanon par exemple).
Ecrire la domination, c’est également écrire sur la manière dont les récits de la domination par les dominants se sont structurés, transmis, ont eu des effets. C’est encore écrire sur la perception qu’ont les dominés de la prépotence qu’ils subissent, leurs récits qui la narrent, leurs stratégies de mise en récit (rhétorique, allusion, détour, véhémence, etc.), les langues qui servent à cette écriture.

En quoi la lecture des macro/micro-récits de domination renseigne-t-elle sur l’écriture de la domination ? Comment les dominants mettent-ils les dominés en récit ? Comment les dominés se mettent-ils eux-mêmes en récit (sans nécessairement se laisser enfermer dans des modèles validés par les dominants) ? Jusqu’à quel point est-il possible d’écrire contre la domination et quels sont les effets de ces écrits ? 

L’écriture de la domination pourrait être perçue aussi comme une écriture de mise à distance des grands récits, des grands mythes qui participent de l’imaginaire de la domination, dans lequel s’inscrit l’imaginaire colonial. 

Ces thèmes, entre autres, seront débattus lors d’une journée d’études du CRILLASH (Centre de Recherches Interdisciplinaires en Lettres, Langues, Arts et Sciences Humaines), le mardi 14 mai 2013 à l’amphithéâtre Hélène Sellaye de la faculté des lettres et sciences humaines de l’Université des Antilles et de la Guyane (campus de Schœlcher, Martinique). Les interventions dureront une heure chacune, soit une demi-heure de communication suivie d’une demi-heure d’échange entre l’intervenant et l’auditoire. Cette journée est ouverte au public. 

Interventions

- 9h-10h. Description d’un débarquement de Congos à la Martinique
                   Gerry L’Etang (anthropologue  – Martinique)                          
                                                             
Dans ses Souvenirs de la Martinique et du Mexique pendant l’intervention française (1890), Charles Mismer brosse l’arrivée d’un convoi de Congos à la Martinique. Cette description d’engagés africains (introduits entre 1857 et 1862 pour conforter une économie de plantation ébranlée par les revendications voire les défections des Nouveaux libres) est d’un racisme extrême. Elle animalise les Congos et leur attribue une ignominie. 
Qui était Charles Mismer ? Et en présentant ces Africains comme « un ramassis d’êtres abjects, d’apparence simienne », à quels discours faisait-il écho ?

Cette communication tentera d’analyser le cadre anthropo-historique et les stratégies de domination dans lesquels s’enchâsse ce texte de Charles Mismer.

- 10h-11h. La chair, la parole et la domination
                     André Lucrèce (sociologue, analyste littéraire – Martinique)

Le langage historique, romanesque ou documentaire ne s’invente pas quand il témoigne de l’éclat morbide d’un système de domination qui tente d’enlever au dominé jusqu’à la plus petite parcelle de dignité. La condition faite alors à l’homme peut se décliner sous la forme de cette irrémissible récurrence qui se résume par le désabri.  Cette dimension est souvent mise entre parenthèse – à quelques exceptions près – par la parole historiographique, prétendument innocente, jugeant impertinent « l’excès » descriptif. Ce parti pris, qui se manifeste par une peur de l’exhumable, nie le sens de l’épreuve que subit le dominé et devient suspect à nos yeux. Comme le dit Hannah Arendt dans Les origines du totalitarisme : « Décrire les camps de concentration sine ira [sans colère] n’est pas être ‘objective’, c’est fermer les yeux sur leur réalité. » 
Notre point de vue est que restituer l’aliénation jusqu’à l’échelle vivante de la cruauté humaine contribue à édifier le monde dans sa vérité. Nous nous appuierons, pour démontrer cela, sur des textes du XIXème et du XXème siècle relevant de l’historique et du romanesque.

- 11h-12h. Avatars de la domination coloniale et formation des personnalités     
                     guadeloupéenne et martiniquaise
                  Jean Bernabé (linguiste  – Martinique)
                                                                                               
La critique du concept d’identité transférée de l’individu aux peuples se fonde sur le fait que ces derniers, parce que inscrits dans l’histoire, sont nécessairement évolutifs. Contrairement à l’identité, la personnalité constitue donc un attribut tant pour l’individu que pour les peuples. La fable Les deux cafiés, écrite au XIXème siècle sous la plume du Guadeloupéen Paul Baudot, constitue un témoignage éloquent des effets de la domination coloniale comme génératrice de contentieux entre deux peuples. Il est question, dans la présente communication, d’analyser ces causes et ces effets afin d’éclairer les populations concernées sur les modalités et circonstances ayant présidé à la formation non seulement de leurs personnalités respectives, mais aussi des contrastes et des antagonismes qui obèrent une relation pacifiée entre deux îles dites « sœurs » au motif, parfaitement colonial, qu’elles ont une même métropole.

***

- 14h-15h. La fabrique de l’homme religieux créole :
                     exégèse du carnet de voyage du Père Labat
                       Max Bélaise (philosophe  – Guadeloupe)
                                                                                                                       
Dans son essai La fabrique de l’homme occidental, l’anthropologue Pierre Legendre rappelle la fragilité de la fabrique des fils, comme le serait, dit-il, le lien qui relie chacun à son humanité ainsi que celui  de  la parole. 
Qu’en serait-il de la fabrique de l’homme créole ? Et, précisément, celle de l’homo religiosus créole ? En effet, le développement de ce que Roger Bastide appelle les « Eglises de sécurité » ne serait-il pas lié à ce passé durant lequel, comme le dit l’anthropologue, « le rouleau compresseur de l’esclavage aurait détruit l’Afrique ancestrale : ses dieux, ses danses » ? 
En définitive, l’institution religieuse n’aurait-elle pas, malgré elle, manipulé les consciences, ce qui aurait facilité la domination politico-économico-sociale des colons ?
Afin de répondre à ces questions, nous avons entrepris l’exégèse du carnet de voyage d’un de ces moines-soldats : le Père Jean-Baptiste Labat.

- 15h-16h. Dénommer pour dominer, dominer en dénommant. 
             Peut-on « dé-passer » la blessure d’un nom-macule « en-registré » ?
                    Philippe Chanson (anthropologue, théologien  – Suisse)

Les faits sont têtus : aux lendemains de l’Abolition, une distribution de noms d’état civil affligeants a piégé de façon pérenne nombre de nouveaux libres. Ce délit signait non seulement à sa manière la contestation des maîtres à l’émancipation des esclaves, mais une bonne fois encore cette manie coloniale de dénommer pour dominer ou de dominer en dénommant. Débordant ici notre ouvrage sur La blessure du nom (Academia, 2008), cette contribution reprend les questions liées de fait aux blessures traumatiques qu’a représenté, pour de nombreux antillais-es, cette attribution de patronymes stigmatisants imposés, cherchant à décrypter en quoi ces procédés ont été pervers et pourquoi finalement de tels micro-textes littéralement « en-registrés » peuvent véhiculer une « douleur linguistique » et morale profonde. Il s’agira surtout de tenter d’aborder, par-delà les postures de résignation, d’accommodation ou de dissimulation, par-delà les pratiques culturelles du marronnage du nom (usage des ti-non, du non-kaché, de la parade de l’humour des noms) et par-delà encore la possibilité légale mais toujours psychologiquement complexe de changer ou de modifier son nom, s’il est concevable, pour les porteurs de noms-macules (que Césaire a qualifié d’« estampilles humiliantes »), de « dé-passer » la blessure vive du nom. Peut-on échapper à son nom ? Est-il finalement cette âme de la personne qui le porte ? Peut-on accepter qu’il reste toujours la marque-signe d’une domination, d’une indignité irrémissible ? Des questions fort tendues que nous sommes bien contraints d’explorer.



jeudi 25 avril 2013

A L’AUBE D’UN JOUR NOUVEAU




Pendant que Mme TAUBIRA se bat au nom de l’égalité pour le mariage homosexuel, la cour de cassation vient de réduire à néant, sa loi sur la reconnaissance de la traite transatlantique et de l’esclavage des noirs comme crime contre l’humanité elle n’a pas d’effet normatif.

Cette loi ne serait aux yeux de cette haute cour de justice française, qu’une coquille vide (...)

S’il est certain que les homosexuels pourront désormais s’unir et créer une famille, au nom de l’égalité, les nègres continueront à être ce qu’ils n’ont jamais cessés d’être : les damnés de la terre ceux qui continueront à se faire cracher à la figure sans aucun moyen de défense.

Grace à la Cour de cassation les békés et autres héritiers d’esclavagistes pourront continuer tranquillement et en toute impunité à parler des bienfaits de l’esclavage, à vanter les mérites de la pureté de la race. Ils ne courent plus aucun risque de se voir accuser de faire l’apologie d’un crime contre l’humanité. Ils seront dans leur bon droit.

Bravo ! Et Vive la France ! Vive la république française qui assure la liberté l’égalité et la fraternité, pour tous, les hommes, les femmes, et même pour les animaux domestiques protégés de la cruauté exercés à leur encontre.

Mais me direz vous aux yeux de cette France des droits de l’homme le nègre a-t-il jamais fait partie de l’humanité, a-t-il même jamais fait partie du règne animal ?

N’oublions pas que pendant plus de trois siècles il a été aux yeux du législateur français et des maîtres esclavagistes un meuble. C'est-à-dire une chose, un objet sans pensée, sans réflexion, sans intelligence, sans sentiment, tout juste bon à être utilisé avant d’être mis au rebut.

Un siècle et demi après l’abolition de l’esclavage il est impensable pour la France d’admettre que les nègres puissent demander la condamnation d’un descendants d’esclavagiste. N’est ce pas leurs anciens maîtres qui finalement les ont acceptés comme êtres vivants qui les ont éduqués, leur communiquant ainsi une sorte d’humanité auquel il ne pouvait prétendre en tant que meuble ?

" N’est ce pas assez d’avoir de mon gosier retiré votre cou " a dit le loup à la cigogne la traitant d’ingrate, alors qu’elle lui réclamait un salaire pour l’aide qu’elle venait de lui fournir. 

Cet arrêt de la cour de cassation me fait penser à cette fable de Lafontaine.

La cour de cassation dit aux nègres n’est ce pas assez que nous ayons pris un décret abolissant l’esclavage et que nous vous ayons concéder de voter une loi reconnaissant qu’il s’agissait d’un crime contre l’humanité ?

Comment osez vous aujourd’hui aller jusqu’à vous fonder sur loi qui n’en n’est pas une pour poursuivre devant les tribunaux un descendant d’esclavagiste à qui vous devez tant au prétexte qu’il a vanté les bienfaits de l’esclavage et de la pureté de la race ? 

Ne savez vous pas que nous n’avons jamais entendu donner à cette loi valeur de loi ? 

N’avez-vous pas compris que cette disposition législative n’est qu’un placébo, un leurre pour faire taire vos revendications, vous aider à vous souvenir et non pas pour vous donner les moyens de nous flageller ? 

Décidément les nègres vous n’êtes que des ingrats ! (...)

MATINIK KARAYIB
Foyal le 8 février 2013

Claudette DUHAMEL

samedi 20 avril 2013

Les idiots et les idiotes s'en donnent à coeur joie


Les idiots et les idiotes qui s'immortalisent perturbant la ponte des tortues luth, des débiles qui prennent la pose sur les reptiles. 

Du grand n'importe quoi !

jeudi 18 avril 2013

Francisco nous a quitté



La Martinique vient de perdre l'un de ses plus grands artistes, Frantz Charles surnommé Francisco,  il s'en est allé rejoindre son créateur.  Mais, l'homme nous laisse en héritage un patrimoine musical conséquent, qui demeure et à travers lui, le chanteur continuera d'exister parmi nous.

Avec le décès de Francisco, c'est toute une époque  s'en va, celle 
des années 70,  de la biguine,  d'un bougé, d'une atmosphère tropicale quelque peu doudouïsante,  qui ne reviendra plus.

Qu'il aille en paix !

Nous présentons nos sincères condoléances à sa famille.




Pour en savoir plus sur Francisco

Déclaration de patrimoine des élus antillais, quelle valeur ?



Quelle valeur auront les déclarations de patrimoine quand certaines affaires, biens, comptes en banque sont mis au nom des ich déwo (enfants illégitimes)  ou des cotchibinn (concubine) ?

Je me souviens de ce maire dont l'épouse avait une société de transport à son nom de jeune fille. La société de transport réalisait des trottoirs dans la commune !
Une autre société choisie prioritairement par la municipalité pour des travaux avait pour gérante, une ich déwo....

On en connait des histoires bien de chez nous...

Etoile David

mercredi 17 avril 2013

CUBA UN PAYS EXEMPLAIRE ....SOUS EMBARGO ( à méditer !)



"Cuba rempli la plupart des objectifs du Millénaire de l'ONU, malgré les énormes coûts économiques et sociaux de l'embargo américain, selon un rapport publié par le Conseil des droits de l'homme.

En 2012, le taux de mortalité infantile était de 4,6 pour mille naissances vivantes, le plus bas en Amérique latine, et le taux de maternité de 21,5 pour 100 000, parmi les plus faibles au niveau international, affirme le texte que le pays des Caraïbes présentera le 1er mai dans son Examen périodique universel.

La plus grande île des Grandes Antilles garantit l'accès gratuit et universel à la santé publique et le programme de vaccination a une large couverture dans le monde, permettant la prévention de 13 maladies.

Malgré les restrictions imposées par le blocus américain sur l'acquisition des ressources et des technologies, le pays a approfondit son enquête des vaccins contre le choléra, la dengue et le VIH, et donne priorité aux projets à fort impact, y compris la cardiologie, le cancer, la néphrologie et transplantation d'organe.

Au cours des dernières années, le programme national SIDA a eu des résultats remarquables, une diminution de la mortalité et de diagnostics retardés, augmentation de la survie des personnes atteintes de traitement et reste pratiquement éliminé la transmission mère-enfant de la syphilis et du VIH.

Cuba a atteint également les Objectifs du Millénaire pour le développement de l'éradication de l'extrême pauvreté et la faim, promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes et l'éducation primaire universelle.

Le pays des Caraïbes a été le premier à signer et le second à ratifier la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes.

Le rapport de 2011 de l'Unesco reconnaît le haut niveau d'éducation de la nation et se classe 14e au monde dans son Indice de développement EPT Caraïbes.

Malgré les progrès reconnue dans ce domaine, le pays s'efforce d'atteindre une qualité supérieure à tous les niveaux de l'éducation.

Cuba a un développement humain élevé et se classe au 51 e rang parmi les 187 pays, selon le rapport 2011 sur le sujet.

Guadeloupe : monstre chimique




A la Martinique, lundi 15 avril, plus d'une centaine de marins pêcheurs ont manifesté dans les rues de Fort-de-France. En janvier déjà, ils avaient bloqué l'accès du port jusqu'à ce que le gouvernement leur accorde 2 millions d'euros – qu'ils attendent toujours. La contamination due au chlordécone a rendu leurs langoustes impropres à la consommation. A la Guadeloupe, l'exaspération monte pour la même raison. Après avoir pollué les sols, ce pesticide poursuit ses dégâts en mer. Une catastrophe écologique qui prend la dimension d'un désastre économique aux Antilles françaises.

"Des pesticides, j'en avale depuis trente ans et je continue de manger mon poisson. Mais mes petits-enfants, qu'est-ce qu'il va se passer pour eux ?", soupire Franck Nétri, pêcheur depuis toujours sur la côte sud-est de la Guadeloupe. A 46 ans, il ne voit pas comment il pourra se reconvertir. Il sait qu'il n'a pas le choix : la zone où la pêche est interdite va encore être étendue. Un arrêté préfectoral de 2010 l'avait fixée à 500 mètres du rivage, elle doit passer à 900 mètres. Les derniers arbitrages en cours avec les experts et la préfecture ne laissent guère de doute.

Le chlordécone est un perturbateur endocrinien avéré, un neurotoxique classé cancérogène possible en 1979. Le littoral est l'ultime territoire contaminé : la molécule est arrivée progressivement dans l'eau des rivières. Vouée à la culture de la banane d'exportation, la région de Basse-Terre est l'épicentre de la pollution au chlordécone. Au fur et à mesure de la contamination, il a fallu stopper des élevages de ouassous – la crevette bleue chouchou de la cuisine caribéenne –, et la pêche en eau douce. Il a fallu cesser de consommer le crabe de la mangrove et les poissons d'estuaire. Le nouvel arrêté précisant quelles seront les espèces autorisées, pêchées au large, n'est pas encore paru.

Dans le petit port de pêche de Bananiers – quelques barques à l'ombre d'un bouquet de cocotiers, des casiers en vrac et une colonie de pélicans –, la consternation le dispute à l'amertume. A 10 heures, pourtant, les clients se pressent devant le poisson frétillant. C'est 10 euros le kilo, quelle que soit l'espèce. Contaminée ou non. Les pêcheurs reconnaissent qu'ils jouent au chat et à la souris avec les représentants des affaires maritimes, qui viennent couper sans ménagement les bouées des casiers. "Ils veulent nous foutre à la porte de la mer, laisser la place aux touristes", grincent-ils.


Port de pêche de Bananiers

Environ 70 familles vivent de cette activité. "Il n'y a pas d'amélioration possible, déplore Nicolas Diaz, biologiste pour le comité régional des pêches de Guadeloupe : le chlordécone est piégé dans la vase des estuaires, il va être largué à chaque tempête. Il y en a pour des générations !" Depuis le 15 février, la préfecture a promis aux pêcheurs de faire réaliser une étude d'impact économique. Ils attendent surtout un dédommagement.

En 2009, l'Etat avait octroyé 10 000 euros maximum à chaque patron de pêche pour solde de tout compte – ces derniers s'étaient imaginé qu'il s'agissait d'une simple aide d'urgence. Leurs bateaux sont trop modestes pour aller travailler au large et Bruxelles, qui ne souhaite pas voir la puissance de la flotte européenne s'accroître, ne leur permettrait pas, de toute façon, d'acquérir des moteurs plus puissants.

Nombre d'Antillais voient comme un scandale d'Etat ce chlordécone épandu pour lutter contre un charançon amateur de bananes, de 1972 à 1993. L'outre-mer avait obtenu une dérogation spéciale, car la métropole avait officiellement banni cet insecticide en 1990, tandis que les Etats-Unis avaient stoppé net sa production et son utilisation dès 1976. Trop dangereux.

TOUTE LA CHAÎNE ALIMENTAIRE EST CONTAMINÉE

Les agronomes relativisent son impact : les sols des plantations n'avaient-ils pas commencé à se gorger de pesticides dès les années 1950 ? Certes, mais le chlordécone se révèle coriace, sa durée de vie est estimée à sept siècles. Il va falloir vivre avec ce "monstre chimique", comme l'avait qualifié Jean-Yves Le Déaut, député PS de Meurthe-et-Moselle, docteur en biochimie et auteur d'un des nombreux rapports sur cette catastrophe.

Avant les rougets barbets, les brochets de mer, les mérous, derniers contaminés, la présence de la molécule a été repérée dans l'eau de source en Martinique en 1999, puis dans les patates douces, les ignames, le manioc. Mais paradoxalement pas dans les bananes. Depuis, on découvre, analyse après analyse que le chlordécone a contaminé toute la chaîne alimentaire, y compris la viande des bovins et des poules – avec une concentration élevée dans les œufs. Le gibier local, la tourterelle à queue carrée et la grive à pieds jaunes, est touché. On voit mal comment le cochon élevé sous le manguier y échapperait. Chaque fois qu'on la cherche, on la trouve. Même dans le lait maternel.

Les familles modestes qui tirent une partie de leurs revenus de la vente informelle ou du troc des produits de leur jardin ont vu leur mode de vie bouleversé. Après deux années de diagnostic pour délimiter les zones les plus contaminées, l'équipe chargée du programme Jardins familiaux (JAFA) mène depuis 2009 une intense campagne d'information. Messages à la télévision et à la radio, séances théâtrales et "manifestations ludiques et didactiques" se multiplient. Ses membres sont allés rencontrer plus de 10 000 familles chez elles. "On leur dit de ne plus planter de tubercules ni de racines, d'en manger moins. On leur répète qu'ils peuvent cultiver des tomates, des fruits, mais ils ont toujours des doutes", résume Johann Agrapart, un des piliers de l'association.

Le choix d'un modèle intensif largement subventionné de production de bananes destinées à l'exportation a fait de Karukera ("l'Ile aux belles eaux", l'ancien nom de la Guadeloupe) un laboratoire grandeur nature d'une pollution diffuse. Malgré la mobilisation de plusieurs organismes publics de recherche, il ne se dégage aucune solution réparatrice pour la terre et l'eau.

SURRISQUE DE CANCER SIGNIFICATIF

Luc Multigner travaille, lui, sur les effets de l'organochloré sur la santé des populations. Médecin épidémiologiste à l'Inserm, il coordonne une équipe de chercheurs qui a commencé par se préoccuper, en 2002, de la fertilité des travailleurs des bananeraies – sans conclure à un effet manifeste. Sur la fréquence des cancers de la prostate en revanche, les chercheurs ont mis au jour un surrisque significatif lié à une exposition chronique.

Puis ils ont examiné une cohorte de 1 042 femmes et leurs enfants exposés au pesticide in utero. Avec un réseau international de scientifiques, cette équipe a étudié le développement de 153 de ces nourrissons âgés de 7 mois. Les conclusions publiées dans la revue Environmental Research en 2012 sont alarmantes : retard du développement psychomoteur, moindre appétence visuelle pour la nouveauté, réduction de la vitesse d'acquisition de la mémoire visuelle...

Une deuxième série de tests à l'âge de 18 mois a confirmé un retard de la motricité fine de la part des garçons de la cohorte, selon les résultats publiés en janvier par NeuroToxicology. Cette enquête nommée "Timoun" (enfant en créole) a fait beaucoup de bruit aux Antilles. Mais à Paris ?

Dans son bureau de l'université Antilles-Guyane, Luc Multigner attrape un vieux fascicule sur une étagère. "C'est le rapport d'Alain Kermarrec sur la contamination de la faune et de la flore de Guadeloupe. Métaux lourds, organochlorés... tout y est. Il date de 1980 et avait été envoyé entre autres au ministère de l'environnement." Pourquoi personne n'a-t-il entendu l'alerte ? En 2007, quatre associations et la Confédération paysanne ont déposé une plainte. Après quelques rebondissements judiciaires, une procédure est en cours au pôle santé du tribunal de Paris.

"ÇA VA DURER"

Ce dernier a mandaté Luc Multigner et le toxicologue Jean-François Narbonne comme experts dans cette affaire. L'épidémiologiste, qui doit rendre son mémoire en juin, a d'autres projets d'études sur la santé des enfants, les hépatites, le cancer de la prostate et celui du sein... "Le problème n'est peut-être pas de la même ampleur que la catastrophe de Fukushima, mais il est comparable dans sa complexité, analyse-t-il. Ce n'est pas une crise qu'on peut gérer, résoudre, pour passer ensuite à autre chose. Non, ça va durer."


S'il a tardé à faire face, l'Etat ne nie pas ses responsabilités. Plusieurs ministères ont concentré leurs actions dans deux plans gouvernementaux et engagé 33 millions d'euros lors de la première période de 2008 à 2010. Ces financements ont permis de mettre en place nombre de recherches, de publications, d'analyses, de contrôles des denrées alimentaires. Le deuxième plan chlordécone court jusqu'à fin 2013, mais rien ne dit qu'il sera suivi d'un troisième. La tentation des autorités est de faire rentrer la catastrophe antillaise dans le rang des programmes communs nationaux, comme les plans Ecophyto et Santé environnement, sans traitement spécifique.

Quelques associations se battent avec persévérance au nom de la santé des habitants ou de la biodiversité exceptionnelle de l'archipel, sans grande mobilisation de la part de la population, apparemment fataliste. Lassés peut-être, les élus locaux ne se font pas davantage entendre, ou alors pour défendre les intérêts des planteurs. Les Antilles expédient 270 000 tonnes de bananes par an en Europe, c'est la seule véritable filière exportatrice. Quant au ministre de l'outre-mer, Victorin Lurel, qui fut directeur de la chambre d'agriculture de la Guadeloupe, il connaît bien le dossier – mais n'est guère bavard.

Martine Valo

CONVERGENCES CARAIBES - UN RENDEZ- VOUS RATER !


Si sur le papier Convergences Caraïbes est un bien beau projet, sur site il ne fonctionne pas bien. 

La 3ème édition de la manifestation se voudrait innovante, notamment en proposant aux artistes participants de travailler sur un thème de réflexion commun « où chaque artiste a la possibilité d’approfondir la singularité de sa démarche, d’engager et d’affirmer ce qui sous-tend sa pratique artistique. » 

Ce thème : « L’atelier de l’artiste ». Novateur aussi dans la proposition de décentraliser la manifestation, en ouvrant simultanément l’événement sur 3 sites : la Galerie de la Véranda à l’Atrium, la Galerie ODIS7 au Marin et la Galerie Tout Koulè au Village de la Poterie des Trois-Îlets.

Sous ce nouveau format, ce projet aurait du être pour moi une autre façon de montrer la création, proposant aux artistes amateurs de travailler avec des artistes confirmés de la scène contemporaine martiniquaise, pour montrer que l’art est toujours en gestation dans l’île et qu’il y a encore des nouvelles choses à voir ou à découvrir… 

Mais ce que j’ai pu voir sur le web m’a déçu, surtout à la Véranda de l’Atrium. 

En mélangeant des artistes confirmés et émergents, professionnels et amateurs, le pari était de créer une sorte d’émulation qui devait bousculer le visiteur, les artistes eux mêmes… mais le thème de l’atelier apparemment n’a pas inspiré les artistes…. il n’y a pas de folie, pas de recherche non plus, on dirait plutôt une sorte de brocante. On aurait dit que tout ce monde s’est passé le mot : sortir toutes le vieilles toiles, sculptures de l’atelier … il y a bien quelques exceptions honorables… mais le ton général est donné. 

Je pourrais dire que le projet est tiré vers le bas tellement c’est décevant. 

Que faire pour amener les artistes à se dépasser ? Comment demander aux artistes émergents d’être professionnels si les soi-disant professionnels présentent toujours le même travail à chaque exposition ? 

Le texte de Marie Gauthier est une belle lecture, on se régale à l’ avance à l’idée de pénétrer l’atelier, ce lieu de travail, ce « lieu privé de l’élaboration de l’œuvre, le laboratoire de ses idées et de ses tâtonnements, le lieu d’origine et de fabrication de ses objets qui seront choisis et transportés ensuite dans le lieu public » J’étais curieux de voir comment les artistes allaient « préciser et d’affirmer la cohérence de leurs engagements et de leur « essentiel » artistique », facilitant ainsi « l’accessibilité au public, de démarches artistiques contemporaines. »

Très beau thème donc, mais sur place on reste sur sa faim. Pas d’audace, pas de folie… il manque certes une scénographie, permettant au quidam de pénétrer le cœur du travail des artistes, mais encore faut-il que ce travail ait du cœur… déjà que dans l’île nous manquons de possibilités de vente, de grands projets en art, si les artistes restent sur leurs acquis comme c’est le cas ici , c’est la mort assurée. Pour moi ces formes de manifestations sont frappées du « syndrome du Marché d’art contemporain du Marin », la qualité en moins. 

Quand j’ai crée le MAC Marin, on pouvait encore faire des activités en mélangeant les artistes amateurs et confirmés car il y avait une grande soif de monstration. Ce mélange ‘chaotique’ pour certains propulsait en réalité les jeunes créateurs, et ils pouvaient se dépasser avec une belle confrontation. 

Cela permettait aussi de clouer le bec des institutions, démontrait que l’art n’était pas mort, que les artistes étaient en résistance et aussi que le public avait besoin d’être au contact de l’art et des artistes Mais actuellement cette recette ne fonctionne plus, car il y a un manque d’audace évident. Les artistes se sont endormis dans ce pays (si on veut dans ce lieu dit Martinique)

C’est pareil pour la Pool art fair , le concept fut novateur,  mais après deux éditions nous devons prendre une meilleure direction dans la sélection, déjà l’année dernière j’avais exprimé ce besoin, beaucoup d’artistes ne jouent pas le jeu de l’innovation pour créer la surprise, et on voit toujours les mêmes choses à chaque exposition. 

Ce qui nous interroge sur la qualité et le sens de l’objet d’art dans notre société.En Martinique ce manque de sélection ouvre la porte à tous ceux qui touchent un pinceau, une calebasse ou un crayon tirant l’art vers son plus bas niveau, et le retour est mauvais pour la profession car les institutions disent qu’il y a pas d’artistes ici, et les quelques uns qui apportent une valeur ajoutée à l’art contemporain en Martinique sont noyés dans la masse de la non-créativité. Je tire la sonnette d’alarme pour que l’art contemporain en Martinique ne meurt pas avant d’être né, nous devons nous structurer, mélanger cocos et z’abricots n’est plus d’actualité.

La Martinique a besoin de se positionner dans le monde international de l’art et pour pouvoir se créer une place il faudra changer de mentalité. On ne peut pas tout faire et tout être.

Je peux le dire car j’ai introduit cette forme de rencontre il y a a quelques années. Je soutiens qu’il y avait un sens au coté prolifique du MAC Marin, du Festival des sens,… mais depuis l’année 2009 la donne a changé.

Et il y a une forme de laxisme, de « jemenfoutisme » artistique qui s’est installé… les amateurs et les artistes du dimanche occupent les espaces d’expositions si rares, et les opportunités de découvertes, sont devenues sans intérêt. On doit lancer une onde de choc de créativité et de propositions culturelles pour permettre l’émergence d’une nouvelle forme d’économie à travers des belles manifestations artistiques capables d’attirer la curiosité de ceux de dehors. Attirer les regards, pour créer des rencontres qui seraient autant d’opportunités pour nos artistes, et pour l’île toute entière… art et tourisme font bon ménage, un tourisme culturel soutenu, ancré dans notre identité et atouts serait source de production de richesse. 

Quelques mots sur mon installation à la Galerie Odis 7. Je voulais montrer avec cette installation évolutive, qu’à chaque intervention, je recrée complètement l’oeuvre pour donner l’énergie du nouvel espace, comme à l’atelier où les modifications donnent à réfléchir, quelle œuvre pour quel lieu, comment le dialogue peut s’inscrire dans une continuité du départ….

Quelques mots sur l’artiste en résidence. Quand j’ai proposé à la Galerie Odis 7 et à l’organisatrice de Convergences Caraïbes de recevoir Chener LAFRANCE, dit Chéno, jeune artiste haïtien en résidence durant la manifestation, j’étais en totale cohérence avec l’idée « l’atelier d’artiste », le travail en atelier étant la nature même de la résidence. Cheno jeune peintre autodidacte dispose d’un atelier au port du Marin, il sera en contact avec des artistes martiniquais confirmés ou pas, et pourra exposer ses travaux, certains antérieurs à la résidence, autres produits sur place, grâce au soutien du port qui nous prête un espace pour travail/exposition. L’atelier de Cheno, en annexe à la Galerie Odis 7 sera donc ouvert au public le 26 avril. 

Habdaphai Alerte

Convergences Caraïbes 2013
Cette troisième édition de Convergences Caraibes s'ouvre sur toute la Martinique.
Nous avons décidé de fédérer plusieurs projets pour en faire un grand projet d’art contemporain
dont le thème tournera autour de l’atelier des artistes :
« L’atelier de l’artiste » et « Les artistes en atelier »
Dans le premier projet, « L’atelier de l’artiste » les artistes présenteront au public un dispositif
plastique qui montrera leur démarche artistique personnelle sur le thème de l’atelier comme lieu
de création.
Trois lieux présenteront les dispositifs choisis des artistes, la galerie La Vèranda de l'Atrium à
Fort de France, la galerie ODIS'7 au Marin et la galerie Tout Koulè aux Trois-Ilets du 12 au 30
avril 2013.
Dans le deuxièmeavril.
La galerie la Véranda de l'Atrium à Fort de France
« L'atelier de l'artiste » du 12 au 30 avril 2013
Vernissage le vendredi 12 avril à 19H00
La galerie ODIS'7 au Marin
« L'atelier de l'artiste » du 12 au 30 avril 2013
Vernissage le samedi 13 avril à 19H00
La galerie Tout Koulè aux Trois-Ilets
« L'atelier de l'artiste » du 12 au 30 avril 2013
Vernissage le samedi 19 avril de 13H00 à 17H00

« L’atelier de l’artiste »
Une nouveauté en 2013, c’est la proposition d’un thème de réflexion où chacun a la possibilité
d’approfondir la singularité de sa démarche, d’engager et d’affirmer ce qui sous-tend sa pratique
artistique. Ce thème : « l’atelier de l’artiste ».
C’est un thème récurrent dans la tradition artistique, dans l’art moderne, ainsi que dans l’art
contemporain : Le Titien, Vermeer, Courbet, Picasso, Brancusi, Dali, Jasper Johns, Ilia Kabakov,
Miguel Barcelo, etc. Parfois « manifeste », parfois testament, face à l’histoire de l’art dans sa
continuité et ses ruptures, c’est l’occasion pour l’artiste de montrer ses méthodes de travail en
révélant quelques secrets de fabrication, les axes de sa démarche, la cohérence de ses partis pris
plastiques et idéologiques, ses liens intimes avec la création. Souvent autoportrait, il en est tout au
moins le miroir de l’artiste et de son oeuvre.
L’atelier de l’artiste est un lieu de travail, le lieu privé de l’élaboration de l’oeuvre, le laboratoire
de ses idées et de ses tâtonnements, le lieu d’origine et de fabrication de ses objets qui seront
choisis et transportés ensuite dans le lieu public.
En effet, de ce lieu d’expérience ne sortira que ce que l’artiste voudra bien en laisser sortir. A la
liberté de ses choix, se relie son entière responsabilité des réactions émotionnelles et
intellectuelles du public.
C’est un lieu au coeur de la création. Même si parfois il ressemble à un appartement, à un bureau,
à une usine, ou à un chantier, c’est un espace où se tissent l’art et la vie. L’atelier fait pénétrer le
spectateur dans l’univers secret de la création. En découvrant ces lieux, le public se glisse dans
l’intimité de l’artiste et de ses oeuvres. Certains artistes contemporains le thématisent et l’intègrent
à leur démarche ou posture artistique.
Ce thème proposé à votre réflexion permettra de préciser et d’affirmer la cohérence de vos
engagements et de votre « essentiel » artistique.
Liste provisoire des artistes
Adye, Clarisse Bagoe Dubosq, Martine Baker, Nicolas Derné, Marie Gauthier, Mathieu Guérard,
Cæcilia Guinot, Olivier Moreau, Luis Pannier, Martine Porry, Jean-Denis Retour, Marie-Christine
Toussaint.
« L'atelier de l'artiste »
La galerie la Véranda de l'Atrium à Fort de France
Vernissage le vendredi 12 avril à 19H00
La galerie ODIS'7 au Marin (Commission de 20% sur les ventes)
Vernissage le samedi 13 avril à 19H00
La galerie Tout Koulè aux Trois-Ilets (Commission de 20% sur les ventes)
Vernissage le samedi 19 avril à 19 heures
Texte-Commissaire Marie Gauthier



Incroyable en pays colonisé.


Un représentant du CSA, Monsieur Patrice Gelinet, est en mission en Martinique, avant de se rendre le lendemain en Guadeloupe.

Invité ce soir du journal télévisé de Martinique 1ère, un journal coupé en deux parties pour laisser place à la publicité, ce Monsieur ne trouve rien à redire.

En sortant du plateau, il est interpellé par trois journalistes sur cette violation des règles de leur profession. Ils lui rappellent qu'il y a eu une mise en garde du CSA pour ces faits. Le monsieur promet de transmettre à Christine Kelly qui s'occupe du dossier. C'est tout. Les Martiniquais qui paient la redevance sont définitivement méprisés !

Voulant en savoir un peu plus sur ce monsieur, je suis allé sur Wikipedia. Voici le profil de cet invité du journal de France Télévisions version coloniale, ce mardi 16 avril 2013 :

Patrice Gélinet. Ancien professeur d'histoire, il a débuté sa carrière à la radio dans une émission à France Culture en 1984.

Jeune, il milite aux côtés d'Alain Madelin et de Gérard Longuet dans le mouvement d'extrême-droite Occident. À la fin des années 1960, il a appartenu au mouvement Action nationaliste.

En janvier 2010, il commente son engagement passé à Occident dans la revue Stratégies : « Une connerie de jeunesse, comme d'autres ont été gauchistes. C'était il y a plus de quarante ans, c'est-à-dire plus de temps que celui qui sépare l'élection de Mitterrand en 1981 de sa francisque. Je ne renie pas le passé, mais je n'en suis pas particulièrement fier. »

On ne sait pas ci ce représentant du CSA restera fier de son passage dans un journal télévisé interrompu par la publicité dans une chaine du service public.

En ce qui me concerne j'assume mon combat pour le respect de ma profession, et je revendique pour le téléspectateur martiniquais, qui paie la redevance, le même respect qui est accordé aux téléspectateur français.

Lisa David

mardi 16 avril 2013

Mémoires collectives ; enjeux et perspectives (Martinique)

Annulée 

C'est avec plaisir que je vous invite à la journée d'étude Mémoires collectives : enjeux et perspectives que j'organise sur le campus de Schoelcher le 19 avril 2013 à l'Amphithéâtre Hélène SELLAYE.

Ouverture des travaux 8h3o
Présentation de la journée : accueil des participants
Laurette Célestine MCF IUFM (Crillash, Cereap)

Panel 1 / Mémoire collective dans le champ littéraire
9h-9h20 Solange Bussy MCF UAG/Crillash
Le traitement de la mémoire collective dans  Luna de lobos  de Julio Llamazares
9h20-9h4o Thérésa Thérésine-Augustine Doctorante Lettres modernes/ UAG
Souvenirs d'enfance, récits de vie et pérennisation de la mémoire collective dans la littérature caribéenne
9h40-10h20 Débat
10h20-10h50 Pause chocolat

Panel 2 / Mémoire collective : approche sociologique et sociohistorique
10h50-11h10 Michel Tondellier MCF/UAG (Crillash)
Enjeux mémoriels, mémoires des groupes sociaux en Martinique
11h10-11h30 Juliette  Sméralda Sociologue IUFC /UAG (Ceregmia)
Structure et implication des symboles patrimoniaux dans l’espace social martiniquais
11h30-12h15 Débat
Repas
Reprise des travaux 14h30
Présentation de la session Milka Valentin-Humbert MCF/UAG (Crillash)


Panel 3 / Mémoire collective et identité culturelle
14h40-15h10 Carlos Andujar Persinal Profesor Universidad Autónoma de Santo Domingo
Cent ans de mémoire sociale : le mouvement messianique liborista en République Dominicaine 1910-2012
15h10-15h30 Kate Howe MCF /UAG (Crillash)
Histoire, mémoire, légendes dans la communauté linguistique Kokoy de la Dominique
15h30-15h50 Laurent Bernat Doctorant IUFM- UAG (Martinique)
L’empreinte du collectif dans la voix formée au chant lyrique
15h50-16h35 Débat
16h35-16h50 Pause

Panel 4 / Mémoire collective : Approche psychosociologique et juridique
16h50-17h10 Sia Humbert-Valentin Doctorante Université Libre de Bruxelles
La mémoire collective de la colonisation dans les conflits sociaux en Martinique
17h10-17h30 Dominique Monotuka Docteur en droit, avocat au barreau de Fort-de-France
La mémoire collective des martiniquais : une entrave à l’institutionnalisation de l’égalité
Juridique
17h30-18h15 Débat
Prestation artistique/ Laurent Bernat au chant lyrique
Conclusion Solange Bussy

Martinique 1 ère et la pub dans le JT


Est-ce que le téléspectateur martiniquais est assez con pour croire qu'il a droit à des informations libres dans un journal télévisé encadré par la publicité.

Est-ce que le téléspectateur martiniquais a remarqué qu'aucune chaine de France Télévision n'interrompt le journal télévisé pour diffuser de la publicité ?

Est-ce que le téléspectateur martiniquais a compris que c'est un traitement de l'information réservé aux colonies où on considère que nous sommes des moutons.

Un journal télévisé à feuilleton pour moutons, à publicité pour ventres....

Mais quand allons nous donc nous faire respecter ?

Et aucun responsable politique ne s'est encore indigné du mépris renvoyé à la population martiniquaise qui paie la redevance.

Seul deux journalistes refusent que leur nom figure dans ce journal où en violation des règles de leur profession, la publicité est mélangée à l'information. Il y a des combats qui honorent...

Lisa David

dimanche 14 avril 2013

Intervention du député Alfred MARIE-JEANNE au Parlement le 10 avril 2013


Monsieur le président,
Monsieur le ministre,
Mes chers collègues,

La prorogation envisagée jusqu'au 31 décembre 2013 du régime social baptisé « bonus exceptionnel outre-mer » semble faire consensus. J'y souscris également.

Cependant, ce qui me paraît exceptionnel, c'est l'année 2009, une année de mobilisation à nulle autre pareille des peuples de Guadeloupe, de Guyane, de Martinique et de La Réunion.

Si bonus il y a, il n'est pas en tout cas une manne tombée du ciel. C'est plutôt la résultante d'un certain nombre de revendications essentielles cristallisées autour de la vie chère, des conditions de travail, du chômage et de l'attitude provocatrice notoirement affichée de certains patrons d'entreprises. On a frôlé l'embrasement.

Et là, en dehors de l'État, il faut aussi rendre un hommage signalé aux élus, quand bien même il faut déplorer l'utilisation par certains d'entre eux d'une surenchère démagogique peu appropriée à la gravité de la situation.

Cela étant dit, sans les politiques, il n'y aurait pas eu d'accords de sortie de grève. En Guadeloupe, c'est l'accord Jacques Bino, nom de celui qui fut tué par une arme à feu lors des manifestations.

À La Réunion, c'est le COSPAR, collectif des organisations syndicales, politiques et associatives réunionnaises. En Martinique, c'est le K5F, collectif du 5 février. Ce rappel n'est pas superflu. Il démontre la symbiose entre toutes les parties pour trouver une solution, ou une sortie honorable à la crise.

À l'époque, le conseil régional de Martinique a fait voter à l'unanimité une dotation rondelette de 17 846 640 euros. Quant au conseil général, sa participation a été de 4 900 000 euros. Je vous laisse juger vous-mêmes de l'effort qui a été réalisé par ces collectivités.

Aujourd'hui, il est fait amplement référence à la loi sur le développement des outre-mer, la LODEOM. L'article 3 de cette loi du 27 mai 2009 reprend les accords signés, reconnaissant par là même de façon implicite le fait syndical martiniquais et guadeloupéen.

La LODEOM se situe donc dans la suite logique des événements qui se sont déroulés. Nécessité a fait loi. Et ce n'est pas le ministre qui pourra dire le contraire puisqu'il était, comme moi, dans la mêlée.

Ce qu'il faut retenir, c'est qu'au moment même où nous nous exprimons, toutes les études, tous les rapports, toutes les enquêtes, toutes les missions, toutes les statistiques aboutissent aux mêmes conclusions : le chômage continue de flamber. En Martinique, aux dernières nouvelles, le nombre de chômeurs avoisine les 52 000.

Et ce sont les jeunes qui sont toujours les plus touchés. 52 000 sur une population d'à peine 400 000 habitants : faites le rapport vous-mêmes ! Et on va me dire que la situation s'améliore, alors qu'elle s'aggrave.

La violence s'accroît de façon inquiétante. Le vieillissement de la population s'accélère. Il atteindra tous les records dans deux à trois décennies.

Tous les rapports le disent. Chaque jour qui passe voit augmenter le "biyé lanterman", c'est-à-dire les avis d'obsèques des entreprises liquidées.

Monsieur le ministre, vous rappelez, pour la circonstance, toute une panoplie de mesures.

Permettez que j'en cite quelques-unes : l'observatoire des prix, le bouclier qualité-prix, la priorité au recrutement sur place à compétences égales, l'instauration de davantage de concurrence, la coopération avec les pays riverains tant décriée jusqu'alors – je suis bien placé pour le dire puisqu'on m'a intenté un procès –, la lutte contre les monopoles et l'économie de rente.

C'est un pari que vous prenez. Je doute du plein rendement immédiat de ces mesures. Car un pari reste un pari, par ces temps ô combien incertains et imprévisibles.

En conclusion, il manque à ce programme un atout déterminant, celui de la responsabilité martiniquaise, responsabilité pour laquelle je continue d'oeuvrer.

Le 10 avril 2013

Alfred MARIE-JEANNE

samedi 13 avril 2013

Grand-Bourg de Marie-Galante

Ce 12 avril 1848, ma chère ville de Grand-Bourg de Marie-Galante retrouve définitivement son nom, après avoir subi, depuis le 28 février 1839, le nom de Joinville, sur décision d’un conseil municipal flatteur, rendant hommage à Charles d’Orléans, Prince de Joinville, pour s’attirer, peut-être, les grâces de son père, Louis-Philippe 1er, roi des français… Ce n’est pas trop tôt et ce n’est pas plus mal, comme dirait Mme Marguerite ! Joinville, ça fait Joint-ville, ville de fumeurs de joints, alors que Grand-Bourg, ça fait Bourg des Grands.

Vu sur le mur d'Edmon Rousseau