lundi 27 août 2012

Yopougon: BAE, un camp de torture des bouviers FRCI de ouattara


Le nouveau camp de la Brigade Anti-Emeute (BAE) de Yopougon, situé non loin du Centre Hospitalier et Universitaire (CHU) de ladite commune ne désemplit pas. Selon des personnes interrogées sur place, le vendredi 24 août dernier, elles sont venues négocier la libération de leurs fils, frères ou autres proches qui ont été enlevés ou raflés après les attaques du 17è arrondissement du commissariat de police de Yopougon-Niangon à gauche, du camp d'Akouedo et à l'intérieur du pays. Depuis donc près de deux semaines, ces personnes font le pied de grue devant ce camp occupé par les Frci. 

Ces éléments des Frci qui font la loi devant ce camp, soumettent les parents des détenus à un véritable calvaire à telle enseigne que certains parents abandonnent leur démarche non sans confier leurs enfants à Dieu. Le premier calvaire se situe au niveau de l'accès au camp. Il faut d'abord payer les militaires postés à l'entrée avant d'accéder à l'intérieur. La somme à débourser varie selon les humeurs des militaires de garde. "Mes deux fils ont été raflés le 15 août dernier alors qu'ils venaient des cours du soir. Malgré le fait qu'ils aient présenté leurs cartes scolaires, ils ont été embarqués dans le cargo des militaires. Nous avons sillonné plusieurs commissariats et c'est finalement à la BAE qu'ils se trouvent. Nous voulons tout simplement les voir, mais leur accès nous est interdit. J'ai donné de l'argent aux FRCI, mais l'on m'a fait entendre que le cas de mes enfants est délicat et nécessite des enquêtes. Alors, je ne dois pas leur rendre visite pour le moment. Je suis inquiet", nous a confié, sous le couvert de l'anonymat, un homme visiblement abattu. Ceux qui ont la chance de rencontrer leurs enfants ne sont pas au bout de leur peine parce qu'ils doivent mettre encore la main à la poche avant leur libération. Cette rançon va de 25 000 à 50 000FCFA. "Je viens de payer 30 000FCFA pour libérer mon fils qui est un étudiant. Comme job de vacances, il gère une cabine téléphonique. Son péché, c'est d'avoir travaillé jusqu'à 22 heures. Au moment où il s'apprêtait à rentrer à la maison, il a été arrêté par les FRCI qui lui ont arraché ses quatre téléphones cellulaires et la recette du jour qui s’élève à 45000FCFA", indique dame Minkado G., commerçante de son état.  

 Une correspondance d'Emile Kian

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