lundi 30 juillet 2012

DRAMANE OUATTARA, LE TEMPS DE L' ISOLEMENT DIPLOMATIQUE PAR THEOPHILE KOUAMOUO


Au-delà des flonflons de la communication officielle et des images de poignées de main avec les grands de ce monde, il est aujourd’hui évident que le régime d’Alassane Ouattara vient d’entrer dans une nouvelle phase dans son rapport avec ce qu’il est convenu de nommer «la communauté internationale». Très clairement, l’actuel maître d’Abidjan est mis à l’épreuve par les puissances qui l’ont soutenu et ont participé à le hisser sur le trône sur lequel il siège depuis le 11 avril 2011. Le temps des complaisances est fini. Vient celui du doute, de la prise de distance voire de l’isolement.

Alors que tous les regards ivoiriens étaient fixés sur Paris, scrutant avec angoisse les moindres paroles de François Hollande, c’est de New York, le siège des Nations Unies, que sont venus les signes les plus pertinents. Ainsi, le Conseil de sécurité a refusé d’accéder au souhait du régime d’Abidjan de voir maintenus les 10 968 Casques bleus présents sur le sol ivoirien, et a réduit leur nombre à 8 837. Le message est limpide : «Débrouillez-vous pour assurer progressivement les missions régaliennes dévolues à chaque Etat. Nous en avons fait assez pour vous. Prenez vous désormais en main.» En cette époque de crise financière mondiale, le gaspillage de l’argent du contribuable mondial au profit d’un exécutif qui préfère armer des milices ethniques – les Dozos – plutôt que de travailler à la mise en place des conditions d’une paix durable est de plus en plus difficile à admettre.

Une feuille de route impérative du Conseil de sécurité

Vendredi dernier, il s’est passé quelque chose d’assez inhabituel. Lors d’un point de presse, Bert Koenders, le patron de l’ONUCI, a utilisé un ton particulièrement dur pour transmettre «les grands messages du Conseil de sécurité de l’ONU». Des messages qui ont tout l’air d’une feuille de route impérative. -Le Conseil de sécurité «prie instamment le Gouvernement ivoirien de veiller le plus rapidement possible à ce que, quels que soient leur statut ou leur appartenance politique, tous les auteurs de violations graves des droits de l’homme ou d’atteintes au droit international humanitaire, en particulier celles commises pendant la crise postélectorale en Côte d’Ivoire, soient traduits en justice, comme le lui imposent ses obligations internationales». Haro sur la justice des vainqueurs ! Le régime doit désormais livrer, pour sa survie, ses propres enfants ! Tous aux abris !

-Le Conseil de sécurité prie également le Gouvernement de veiller, le plus rapidement possible, «à ce que tous les détenus soient informés de leur statut en toute transparence et engage le Gouvernement ivoirien à continuer de coopérer avec la Cour pénale internationale». Koenders précise : «Je lance donc un appel au Gouvernement ivoirien à mettre fin à l’impunité». Guillaume Soro et les com’zones ont du souci à se faire ! Ils risquent de payer par leur incarcération le choix de Ouattara d’envoyer Gbagbo à La Haye.

-Le Conseil de sécurité estime qu’il faut en faire plus pour la réconciliation. «Il y a une certaine demande du Conseil de sécurité d’accélérer le processus», commente Koenders. Il faut faire «participer activement les groupes de la société civile», pour «remédier aux causes profondes des crises que connaît la Côte d’Ivoire». Il faut «dégager un large consensus national sur la façon de régler les questions d’identité et de propriété foncière», ce qui signifie que l’Assemblée nationale monopolisée par la coalition au pouvoir n’est pas l’endroit le mieux indiqué pour trancher ce sujet. Le gouvernement doit «ménager un espace politique à l’opposition», en particulier celle qui n’est pas représentée à l’Assemblée nationale. Il doit clarifier ses intentions en matière de DDR, et l’ONUCI doit avoir un droit de regard sur ce chantier.

-Pour les élections locales et régionales, le gouvernement doit favoriser «la représentation politique», c’est-à-dire convaincre l’opposition d’y participer. Il doit faire «les réformes électorales utiles», notamment, on l’imagine, en rééquilibrant la Commission électorale indépendante (CEI). Il doit faire régner la «sécurité» et choisir une «date opportune». La participation de l’opposition représentative, c’est-à-dire le FPI, est clairement un enjeu.

C’est l’ONU qui a accompagné la mascarade électorale qui s’est déroulée lors des dernières législatives, alors que ce qu’elle décrie aujourd’hui était déjà en place ; c’est l’ONU qui s’est félicitée de ce scrutin vicié d’avance ; c’est l’ONU qui reprend aujourd’hui implicitement à son compte les arguments de l’opposition complètement ignorés hier. Ainsi, dans une récente dépêche, IRIN, service de nouvelles dépendant du Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies (OCHA) évoque les «enlèvements», les «arrestations» et les mauvais traitements infligés par les FRCI et les Dozos à des jeunes, notamment ceux qui ont été présentés comme «des mercenaires fomentant un coup d’Etat». «Nous n'avons pas vu la lumière du soleil pendant dix jours. Des hommes armés nous ont attaché les mains et les pieds. Parfois, nous n'avions que de l'eau et des biscuits (…) Lorsque nous sommes arrivés, une dizaine d'autres personnes étaient enfermées dans une autre cellule dans des conditions difficiles (…) Les deux premières fois, j'ai eu de la chance, car j'avais ma carte d'identité professionnelle, mais cette fois-ci, mon nom était associé avec la région de l'ancien président. Les soldats nous ont humiliés. Je ne crois pas à la réconciliation dans notre pays dans les conditions actuelles», témoignent des personnes dont les propos sont repris par la dépêche de l’agence onusienne. N’est-ce pas ce type de récits qu’une partie de la presse ivoirienne, notamment Le Nouveau Courrier, relaie depuis des mois dans l’indifférence internationale ?

Profiter des frémissements en cours pour re-démocratiser le pays

Pourquoi la «communauté internationale» se rebiffe-t-elle aujourd’hui ? Les changements à la tête de l’ONUCI y sont sans doute pour quelque chose. Le temps de Young Jin Choi, qui aurait pu prendre sa carte au RDR tant il roulait pour Ouattara, est passé ; et un certain nombre d’informations remonte jusqu’à New York désormais. Les mauvaises manières du régime, qui s’est défaussé sur l’ONUCI lors du massacre de Nahibly, y sont aussi pour quelque chose. Au sein de la communauté diplomatique d’Abidjan, l’ambassadeur américain, Philip Carter III, a pris ses distances depuis plusieurs mois, même s’il envoie épisodiquement des signaux contraires. La France a désormais «honte» de son «homme à Abidjan», même si des réseaux puissants continuent de le soutenir, y compris et surtout au Quai d’Orsay, où règne le Françafricain Laurent Fabius.

Plus profondément, l’incapacité pratique de Ouattara à stabiliser durablement la Côte d’Ivoire et à servir – comme Félix Houphouët-Boigny hier – d’efficace relais en Afrique de l’Ouest le rend, au fond, presque «inutile». Dans un premier temps, les Occidentaux lui ont donné tous les moyens pour réussir une pacification «à l’ancienne», c’est-à-dire par la terreur puis la fabrication de «l’unité nationale». Mais il n’a réussi qu’à établir un système violent, porteur de risques pour l’avenir proche, garanti par une force armée disparate, illettrée et criminalisée, et qui ne peut survivre en dehors de la présence structurelle de forces internationales mises en situation de soutien à une dictature qui n’est plus si naissante que cela. Intronisé chef de la Françafrique par Nicolas Sarkozy, il n’a pas d’armée et ne peut donc pas fournir de troupes pour aller, par exemple, au Mali – et doit subir les sarcasmes d’un Idriss Déby qui explique très clairement qu’il faut arracher le dossier à la CEDEAO donc au couple ivoiro-burkinabè si l’on veut qu’il envoie ses hommes au combat. Au-delà des aspects «logistiques», Ouattara ne semble pas particulièrement briller par son habileté manœuvrière et sa capacité à trouver des solutions ingénieuses aux problèmes sous-régionaux en dehors d’un bellicisme de mauvais aloi. L’insécurité et la corruption compromettent une véritable reprise économique dans l’ancien poumon de l’Afrique de l’Ouest francophone. «Tout ça pour ça ?», soupirent les chancelleries.

Les mois qui viennent s’annoncent politiquement passionnants en Côte d’Ivoire. Le régime peut-il abandonner sans s’affaiblir profondément la «gouvernance par la violence» décryptée avec talent par le politologue Michel Galy, et qui lui a jusqu’ici si bien réussi ? Alors qu’il est mis au pied du mur par ses alliés internationaux, peut-il s’en sortir par la pratique de la seule politique et de la négociation, qu’il répugne profondément ? Le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), d’abord soudé par une allégeance commune à la France et à la «communauté internationale», survivra-t-il alors que le PDCI se soumet au RDR d’abord et avant tout parce qu’il croit que c’est ce que Paris veut de tout son cœur ? Alors que des signes montrent qu’une partie de la «communauté internationale» parie désormais sur une normalisation démocratique, n’est-il pas temps qu’une vaste coalition allant des partis politiques aux activistes des droits de l’Homme, en passant par les syndicats et les associations de jeunesse, se mette en place sur la base d’une plateforme minimale de re-démocratisation du pays afin de profiter au maximum des frémissements que l’on peut observer sur l’échiquier diplomatique ? Le débat est ouvert.


LE SANGUINAIRE OUATTRA A LONDRES, POURQUOI LA REINE ET CAMERON ONT REFUSE DE LE RECEVOIR


Annoncé à grands renforts de publicité par le service de Communication de la présidence ivoirienne, la rencontre entre Alassane Ouattara et Elisabeth II d’Angleterre n’a finalement pas eu lieu. Le chef de l’Etat ivoirien est rentré à Abidjan sans avoir rencontré la souveraine britannique. Ce qui devait être le clou de sa visite au Royaume Uni, a été annulé sine die.

Selon nos sources à Londres, les services de sa très gracieuse majesté ont annulé la rencontre entre le chef de l’Etat ivoirien et la monarque britannique. La raison invoquée : Rencontre sensible et susceptible de créer des troubles et d’entacher la cérémonie d’ouverture des JO de Londres, dont la Reine a fait du succès et du rayonnement, la priorité des priorités. La visite mouvementée de Ouattara à Chatham House vendredi, où Ouattara rencontrait les potentiels investisseurs britanniques en direction de la Côte d’ivoire, a fini par convaincre Scotland Yard, la police britannique, du risque Ouattara pour l’image de la Grande Bretagne, au moment où toutes les cameras du monde ont les yeux rivé sur les JO de londres. On se rappelle que près de 200 manifestants gonflés à bloc étaient venus huer et conspuer Alassane Ouattara à Chatham house. ADO a dû être obligé de quitter Chatham house par une porte dérobée, sur insistance de Scotland yard. Dès la réception de ce rapport d’exfiltration de Ouattara pour éviter une foule hostile, la Reine Elisabeth II a annulé sa rencontre avec lui.

Les patriotes ivoiriens du royaume Uni mettent cette annulation de la visite de Ouattara à Buckingham sur le compte de leur mobilisation. Ils affirment que grâce à eux, l’opinion publique anglaise est désormais au courant du Génocide WÊ de Duekoué perpétré par les FRCI et les Dozos de Ouattara, dont le dernier acte est le massacre de 211 réfugiés WÊ au camp de Nahibly (Duekoué), pourtant protégé par l’ONUCI. La photo qui allait immortaliser Elisabeth II et Alassane Ouattara, l’ami des grands de ce monde, montrant ce dernier à Buckingham Palace avec la Reine, n’aura donc pas été prise. Selon nos sources, ADO est très affecté de n’avoir pas pu rencontrer la Reine, qu’il vénère et pour qui il a une grande admiration.

Ouattara a finalement quitté Londres en se contentant de la rencontre avec le ministre délégué chargé des affaires africaines. Le premier ministre Britannique David Cameron dont l’activisme pro-Ouattara fut très en vue pendant la crise postélectorale n’a pas, lui non plus, jugé opportun de recevoir le chef de l’Etat ivoirien qui est arrivé depuis dimanche à Abidjan. Comme il fallait s’y attendre, il a alors maximisé les dividendes de ce voyage qui visiblement n’a rien apporté. Selon ses premières déclarations à sa descente d’avion, la Chine aurait dégagé une ligne de crédit de 1500 à 2500 milliards pour la construction de diverses infrastructures à Abidjan, à commencer par l’agrandissement de l’autoroute de Grand-Bassam. Cependant aucune déclaration de ce genre n’a été faite en Chine à partir de laquelle Ouattara a rallié les capitales française et anglaise. Au surplus, l’imprécision du montant objet de la ligne de crédit fait monter le doute sur la réalité de la transaction. Pourquoi y aurait-il un tel écart de 1000 milliards, si les autorités chinoises avaient réellement consenti à accompagner le gouvernement ivoirien.

Dans l’opposition, Alassane Ouattara moquait pourtant toutes les réalisations chinoises en faveur de la Côte d’Ivoire. Son journal, Le Patriote a notamment qualifié le palais de la Culture ivoirien de chinoiseries de Gbagbo, indiquant que les finitions n’étaient pas bonnes. Désormais, la Chine est une grande nation qui fait de grandes choses. Ouattara lui-même espère rattraper le soutien français qui lui fait défaut auprès des autorités chinoises. Mais apparemment, rien de concret et les déclarations faites à l’aéroport d’Abidjan ne sont guère rassurantes tant elles sont imprécises et irréalistes.

Bref, Ouattara est rentré bredouille de ses pérégrinations sino-européennes. La Grande Bretagne s’est même payé sa tête en l’exfiltrant de son hôtel pour éviter qu’il soit face aux patriotes et résistants de la diaspora Africaine. Désormais, il n’est plus bon de s’afficher avec le chef de l’Etat ivoirien à qui les deux plus grands responsables du pays, ont refusé le plus petit entretien. Mais avant de se faire humilier à Londres, Alassane Ouattara a dû se faire recevoir à l’aéroport de Paris par ses propres collaborateurs.

Sévérine Blé

vendredi 27 juillet 2012

L’adoption du traité international sur le commerce des armes compromise


Aujourd’hui, les Etats membres de l’ONU sont réunis pour l’ultime journée de la conférence des Nations unies sur le traité international sur le commerce des armes (TCA).

La dernière version du texte proposée par le président de la conférence diplomatique, l’ambassadeur argentin Garcia Moritan, circule entre les mains des 193 Etats participants qui s’expriment depuis hier en défendant leurs positions nationales. Depuis ce matin à New York, plusieurs signes montrent que l’adoption d’un instrument est désormais compromise.

« Empêtrés dans des problèmes de procédure,  préoccupés par la recherche des compromis et la défense de leurs seuls intérêts, certains Etats n’ont pas pu produire le texte le plus ambitieux possible» analyse Zobel Behalal, chargé de plaidoyer paix et conflits pour le CCFD-Terre solidaire présent à New York.

Le texte actuellement en discussion contient des avancées pour la lutte contre le transfert irresponsable des armes conventionnelles dont la mention des Armes légères et de petit calibre (ALPC) et  l’obligation pour les  Etats d’adopter des organismes nationaux de contrôle. Il est aussi caractérisé par des lacunes sur la transparence et la liste des armes à contrôler.

Pour Zobel Behalal, « les chances sont maintenant compromises car plusieurs pays dont la Russie et les Etats-Unis se sont exprimés ce matin dans le sens d’une discussion ultérieure autour de cet instrument.Or d’après le mandat reçu de l’AG de l’ONU, cette conférence doit adopter un texte par consensus »
Cette impasse provoquée par des états membres permanents du conseil de sécurité est un affront aux espoirs des populations civiles victimes de la circulation des armes. 

jeudi 26 juillet 2012

Turbulence dans la Francafric



Il nous avait été annoncé à grands renforts de publicité que le chef de guerre en Côte d’Ivoire Dramane Ouattara serait reçu a l’Elysée en visite officielle. Les adorateurs avaient pris cette funeste annonce pour narguer les patriotes résistants ivoiriens.

Que la déception fut grande pour les courtisans du chef de guerre Dramane Ouattara, d’assister a un triste évènement à l’arrivée de Dramane Ouattara sur Paris en cette fin d’après midi du 24 juillet 2002.

-La première surprise pour le chef de guerre Dramane Ouattara à sa descente d’avion fut de voir qu’il n’y avait aucun officiel français à l’aéroport du Bourget. Pas même un gendarme français, il n’y avait : aucune présence d’un membre du quai d’Orsay, comme il est de coutume envers les chefs d’états de pays normaux C’est le mercenaire diplomatique Aly Coulibaly et son collaborateur qui l’ont accueilli. Quelle bizarrerie pour une visite soit disant officielle annoncée avec beaucoup de tintamarre par le rdr de Dramane Ouattara...

-La deuxième surprise du chef de guerre fut de constater une présence massive de militants communistes et du front de gauche,(tous des blancs, je précise) qui l’attendaient avec des pancartes de tous les crimes de l’ouest et scandant « Alassane assassin »

-La troisième surprise du chef de guerre fut de constater que la réservation de l’hôtel grand luxe parisien n’avait servi à rien puisque l’officiel français qui est passé le rencontrer n’a pas souhaité s’exprimer publiquement. Le plus vilain est que son échange a eu lieu dans la salle d’attente de l’hôtel avec le chef de guerre. (au su et au vu de tout le monde. Donc rien à cacher !lool) Permettez que je me taise sur le nom de l’officiel français qui est passé expédier les affaires courantes avec le chef de guerre Dramane Ouattara.

-La quatrième surprise pour le chef de guerre est que les deux mallettes qu’il a fait venir d’Abidjan afin de conserver les habitudes du passé sont restées dans ses mains. Non seulement l’officiel est reparti sans même lui serrer la main sous le regard des courtisans du chef de guerre, en plus le discours qui avait été préparé pour la cérémonie soit disant est resté dans le classeur du chef de guerre. Lol !!

Comme prévu dans l’agenda du chef de guerre, il devait faire un tour à l’ambassade de cote d’ivoire a Paris, mais la déception fut énorme qu’il n’a pas trouvé les ressources mentales et physiques nécessaires pour le déplacement. Il est parti directement à son domicile privé de Paris XVI, directement après le fiasco de l’hôtel avec l’officiel français.La seule personne avec laquelle l’officiel français venu a l’hôtel en catimini a échangé amicalement est l’ambassadeur Adjoumani de la Côte d’ivoire aux nations unis a Genève. Tout le reste de la compagnie dozo a été royalement ignoré. Grande fut la honte palpable dans le regard de dramane ouattara et ses sbires cette fin de journée.

Ils ont définitivement compris que Paris n’est plus la destination de choix.

Après ce camouflet, la nouvelle mode au rdr est d’affirmer que Dramane rencontrera Hollande à Londres. loo(je suis chez toi, tu me banalises et c’est ailleurs que tu vas me considérer…).

Avec la suppression du département Afrique au Quai d’Orsay, beaucoup de choses vont changer pour l’Afrique. Cette nébuleuse était au service des dictateurs africains. C’était le symbole de la France-AFRIQUE.

Il faut être serein quant à l’issue de Dramane en Côte d’Ivoire. Il finira comme nous le souhaitons tous.

Dramane était vraiment ridicule : ses hommes de main étaient tous hors d’eux, car ils ont compris que la France avait changé.

Haut les cœurs !

On est ensemble

Joel Curtis

mardi 24 juillet 2012

Le président ghanéen John Atta Mills est mort



Le président ghanéen SEM John Atta Mills est décédé ce mardi 24 Juillet 2012 à l'âge de 68 ans.Toutes nos condoléances au peuple frère du Ghana pour cette perte


Ghana's President John Atta Mills has died, according to a statement sent by the president's office to Reuters on Tuesday.


"It is with a heavy heart...that we announce the sudden and untimely death of the president of the Republic of Ghana," the statement said.


It said the president, 68, died a few hours after being taken ill but no further details were given.

DUÉKOUÉ : OUATTARA ET l’ONU EN MAUVAISE POSTURE


Vendredi dernier, l’ouest-ivoirien a, une nouvelle fois, été le théâtre de violences soldées par plus d’une dizaine de morts. Situation si préoccupante que certaines des victimes étaient des déplacés qui n’auront ainsi pas été protégés par le fait de se trouver dans un camp. De cette dernière attaque, découlent deux enseignements principaux : tout d’abord, le fait que cette région peine encore à retrouver la stabilité et la cohésion, puis le rôle trouble que la mission onusienne, ONUCI, et les FRCI semblent y avoir joué. En gros, ces dernières violences confirment la délicatesse et le caractère relatif du processus de réconciliation, qui demeure le principal chantier des nouveaux maîtres d’Abidjan. Mais surtout si certains soupçons quant à la négligence et à l’indifférence dont l’ONUCI et les FRCI auraient fait montre, sont confirmés, c’est l’Etat ivoirien ...

Mais surtout si certains soupçons quant à la négligence et à l’indifférence dont l’ONUCI et les FRCI auraient fait montre, sont confirmés, c’est l’Etat ivoirien et la communauté internationale qui seraient décrédibilisés de manière évidente. En somme, les attaques perpétrées vendredi dernier contre le camp des déplacés de Nahibly, sont la preuve que les tensions ethniques dans cette région de la Côte d’Ivoire, sont non seulement réelles, mais qu’elles demeurent encore non résolues.

Selon les divers témoignages, ce sont trois cents assaillants de l’ethnie Malinké qui se sont attaqués au camp. Au nombre de 5000, les occupants de ce camp sont eux-mêmes de l’ethnie Guéré. Mais comme c’est souvent le cas, ces antagonismes ethniques sont exploités et mêmes exacerbés par les divergences politiques. Ainsi, les Guérés sont réputés proches de l’ancien président Laurent Gbagbo. Tandis que les Malinkés, majoritairement originaires du nord du pays, seraient largement acquis à la cause d’Alassane Ouattara. Les attaques contre le camp de Nahibly seraient consécutives à une première attaque qui a eu lieu dans un quartier de Duékoué et qui s’était soldée par quatre victimes de l’ethnie Malinké.

La dimension politique du massacre réside dans le fait que les forces de défense désormais proches du président ivoirien, n’aient pas pu empêcher les représailles. Dans le camp des FRCI, on plaide le fait que le nombre des assaillants était au-dessus de la capacité de leur résistance. Les forces proches à Alassane Ouattara prétendent avoir été débordées. Mais l’argument n’est guère convaincant. Il n’est pas exclu qu’on ait délibérément laissé faire les assaillants, juste pour punir les victimes de leur proximité passée avec l’ex-homme fort du pays. Ce qui est inquiétant.

Pour autant, l’Etat ivoirien n’est pas le seul dont le rôle a été trouble au cours de cette nouvelle tragédie. Les forces onusiennes de l’ONUCI n’ont également pas eu une attitude responsable. En effet, le camp attaqué était formellement sous le contrôle de la mission onusienne. On se demande alors, comment se fait-il que le contingent de l’ONU, ayant justement pour mission de contribuer à la paix et la stabilité du pays, ait laissé commettre ces violences ? L’embuscade qui avait coûté la vie à sept soldats nigériens de l’ONUCI, aurait-elle eu pour conséquence de faire peur à la mission internationale ?

Ou bien cette dernière aurait-elle décidé de rompre avec son statut de neutralité ?

Ces questions et d’autres encore devront nécessairement trouver leurs réponses, à travers une enquête transparente et crédible. Mais on peut d’ores et déjà émettre des réserves au sujet de cette éventuelle enquête, car désormais, comme on vient de s’en apercevoir, l’Etat ivoirien et la communauté internationale se trouvent quelque peu dans le box des accusés.

Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info

dimanche 22 juillet 2012

Nord Mali : la population s'organise pour reconquérir le nord du Mali

Plusieurs mouvements d’autodéfense maliens ont annoncé leur union au sein d’un front commun, samedi 21 juillet à Bamako, pour "libérer " le nord du Mali. Dénommé Forces patriotiques de résistance (FPR), le nouveau front comprend six mouvements : les représentants des Forces de libération des régions nord du Mali (FLN), des milices Ganda-Koy et Ganda-Izo (déjà utilisées dans le passé pour combattre des rébellions touarègues), l’Alliance des communautés de la région de Tombouctou (ACRT), la Force armée contre l’occupation (FACO) et le Cercle de réflexion et d’action (CRA).
Excédés par l'occupation du Nord du Mali par des groupes islamistes radicaux, la population de cette région du pays a, annoncé samedi, une initiative de s'organiser en mouvements d'auto-défense avec l'objectif de reconquérir et libérer par les armes le nord du pays.

Six mouvements politico-militaires d'auto-défense maliens, constitués essentiellement de leaders de la région de Gao (nord-est) ont formé, ce samedi 21 juillet, un front unifié baptisé "Forces patriotiques de résistance" (FPR), indique un communiqué des promoteurs de cette initiative.

Ce nouveau front déclare comme ambition de "reconquérir par les armes le nord du pays", tombé aux mains des islamistes il y'a plus de deux mois. Harouna Touré, l'un des signataires de la création de cette alliance, explique que "l'armée malienne prend trop de retard", précisant que le front crée regroupe "des milliers d'hommes et des bases en formation".




LE JOURNAL MALIEN "LE PRETOIRE" ALLUME DRAMANE : « UN PYROMANE A LA TÊTE DE LA CEDEAO »



Il accéda aux fonctions de président de la République de Cote d’Ivoire dans le fracas des armes, dans les larmes et la douleur des familles endeuillées par sa boulimie du pouvoir.


Son Excellence Alassane Dramane Ouattara Il voulut contraindre l’organisation sous régionale a intervenir pour chasser son rival du pouvoir pour s’y installer même si c’était au prix d’un bain de sang effroyable. Goodluck Jonathan, présidant la Cedeao, a l’époque des faits, sous l’emprise de la modération, avait brandi l’utilisation de la force légitime sans jamais y recourir. Il privilégiait les sanctions qui d’ailleurs avaient commencer a porter leurs fruits L’impatience de grimper au sommet de la plus haute fonction de l’Etat de Cote d’Ivoire et la crainte de voir cette échéance s’éloigner avait crée chez Alassane Dramane Ouattara(ADO) un complexe terrible du vainqueur floué et rien ne devait s’opposer a ce qui était son objectif ultime, la Présidence.


La fin justifiant les moyens, il lança ses troupes a l’assaut des villes et de la grande capitale Abidjan. L’appui de Sarko et de ses diplomates ont amené la communauté internationale à lui prêter main forte au prix de 3000 morts, pas tous trépassés sous les balles du camp Gbagbo.


On n’oublia de dire que la lutte pour le pouvoir avait été engagé par lui en 2002 et visait a rompre l’ordre constitutionnel en Cote D’Ivoire. Il échoua. Mais le pays fut divisé en deux pendant une décennie, puis fut réunifié par la glaive et le plomb des rebelles. De victime expiatoire de l’ivoirite, ADO se transforma en vainqueur implacable de la démocratie du Bazooka.


Alors qu’un décompte impartial des voix lors de la crise post électorale aurait pu être une solution sans morts inutiles, Ado s’arcbouta sur une posture de date butoir et d’ultimatum donnés au camp au pouvoir pour déguerpir, sachant bien que les ultimatums empêchent les belligérants de faire du recul sous peine d’être traité de lâche par leurs partisans et d’être la risée du monde.


Il voulait casser du Gbagbo à tout prix et détruire son infrastructure politique et militaire comme Bush l’a fait a Saddam. Parvenu au pouvoir avec les rebelles qui pourtant s’étaient rendus coupables du déclenchement d’une guerre civile atroce et parvenu a la tête de la Cedeao, ADO, adopta une posture hostile aux intérêts du peuple du Mali qu’il mît sous embargo en agitant la diplomatie des dates butoirs contre la junte du capitaine Sanogo. Or ce peuple avait accueilli sa Mère nourricière et ses sœurs une décennie durant dans un élan de compassion et d’hospitalité.


Lorsque le Mali fut frappé a son tour par la calamité de la rébellion et de la lutte pour le pouvoir, il prit fait et cause pour le sortant ATT et ses partisans. Il manœuvra l’institution sous régionale pour casser la réussite d’un putsch salvateur qui avait mis fin au régime corrompu de ATT. Ce qu’ADO et ses collègues craignaient par dessus tout est que l’onde de choc de ce coup de force ne se propage a grande vitesse dans la sous région et ne serve de cas d’école pour d’autres forces hostiles à leur gouvernement. Il veut casser à tout prix l’expérience malienne qui détruirait sur son passage les pseudos démocraties en gestation dans la région et donnerait un mode d’emploi à ses propres militaires selon son analyse de la situation. Il fut soutenu par le Guinéen Alpha Condé, qui avait réchappé a un scénario a la malienne tandis que la Guinée Bissau succombait a son tour a la rupture violente de l’ordre constitutionnel établi.


Les changements violents de l’ordre constitutionnel sont rarement le fruit du hasard, ils sont la résultante d’une gestion calamiteuse du pouvoir. ADO est Président d’un pays dans lequel le rétablissement de l’ordre constitutionnel est loin d’être conforme aux standards internationaux.


En 2002, la rébellion dont certains disaient qu’il était le parrain, s’est soulevée contre l’ordre constitutionnel et a semé les ingrédients de la guerre civile dont ADO fut a la fois le sherpa et l’héritier. La quête de la démocratie ne peut être une permission de tuer des êtres humains pour arriver au pouvoir. Or c’est ce qui se passa chez ADO et c’est au nom de cette démocratie qu’il veut instaurer un ordre impérial au Mali sous le joug de la Cedeao sans se préoccuper des souffrances du peuple malien. Il veut exporter au Mali la graine de la violence absurde pour régler un problème dans l’urgence alors que toutes les voies de recours ne sont pas épuisées. Si une guerre éclate par sa folie meurtrière entre le Nord et le Sud par le fait de la Cédeao, ce sera fini du Mali comme Etat viable. Qui dit qu’ADO ne va pas renier ses convictions et s’aligner derrière le Mnla si tel est l’intérêt des grandes puissances qui financent la reconstruction de l’économie ivoirienne ? C’est un technocrate froid, qui n’a pas d’Etat d’âme. Les maliens doivent savoir raison garder et mener des négociations sérieuses pour la paix, en donnant le maximum de chance et de gages pour une paix durable. Prenons garde de ne pas céder aux sirènes de la Cédeao pilotée par ADO. Entre deux sommets, il a renié le statut d’ancien chef d’état à Sanogo alors qu’aucune disposition des textes de la Cédéao ou du Mali ne lui permettait une telle ingérence dans les affaires intérieures du Mali.


On est ancien chef d’Etat lorsqu’on assume la fonction pendant quelques temps. Le capitaine l’est de facto. Cela ne s’octroie pas en termes de statut par une organisation dont le Mali est membre. Il parle au nom de la Cedeao, mais quelle est le mécanisme de décision mis en œuvre pour accorder le statut d’ancien chef de l’Etat a Sanogo et quelles sont les critères énoncés par lesquels ont perd le statut ?


Si c’est pour les honneurs, il peut ne pas recevoir Sanogo en ancien chef d’Etat Mais au Mali, nul ne lui contestera ce statut. Ce sont les textes que le capitaine a signé qui ont permis que la transition soit enclenchée. C’est lui qui permit la sortie du pays de ATT pour l’exil et de Dioncounda pour la France, c’est lui qui signa un document en l’occurrence l’Accord Cadre qui permit aux députés de proroger leurs mandats, c’est lui qui rétablit l’ordre constitutionnel permettant la mise en place d’un président intérimaire et la démission d’Att.


Qu’ADO nous dise si cela n’est pas la prérogative d’un chef d’Etat, qu’est ce que c’est ?


Lui même et ses pairs avaient pris l’avion pour venir rencontrer le chef d’Etat de facto qu’était devenu Sanogo.


Alors par ses prises de positions incohérentes ADO a affaiblit le prestige de la CEDEAO et ternit son image.


Par ailleurs le médiateur dans la crise malienne, Blaise a été humilié par ADO. Jamais de mémoire de Burkinabé, Blaise n’avait avalé autant de couleuvres. C’est son négociateur Djibrill Bassole qui était au cœur du brasier malien pour arrondir les angles et éteindre les passions volcaniques du Fdr et de la Copam englués dans un bras de fer post putsch qui pouvait basculer a tout moment en des affrontements fratricides sanglants comme en Cote d’Ivoire, il y a peine un (1) an . La lutte pour le pouvoir est aveugle. C’est comme un sortilège jeté aux belligérants ADO en sait quelque chose. Toutes les prébendes que Blaise a distribuées sous forme de position sociale à la junte ont été balayés d’un revers de la main par un ADO qui croit que le Mali est son arrière cour.


Il convie a nouveau les chefs d’Etat pour un voyage d’agrément a Ouaga, pour parler cette fois ci de la composition du gouvernement inclusif du Mali qui semble t’il n’est pas assez représentatif des forces vives. Ce qui n’avait échappé à personne. Mais ayant nommé un PM pleins pouvoirs, on lui a donné carte blanche pour former une équipe de combat, mais pas un gouvernement de salut public dans lequel devrait cohabiter des chapelles politiques antagoniques.


Cette nouvelle réunion du groupe de contact à Ouaga est inspirée de l’expérience ivoirienne, ou les partis au conflit s’étaient réuni pour élaborer l’architecture d’un gouvernement d’union nationale à Marcoussis en France. On se souvient qu’ADO et ses partisans s’étaient adjugé les ministères stratégiques de la sécurité intérieure. Ce qui fit draper le processus en son temps.


Dioncounda a compris qu’en allant a OUAGA, il allait être mis dans une camisole de force, ADO allait rééditer le coup de lui faire endosser des décisions très impopulaires, a la limite de la légalité républicaine. Il annula le déplacement sur OUAGA ce samedi 6 juillet sous la pression des partisans de la junte et maquilla cette reculade en opposition de ses médecins. Il aurait eu du mal justifié son voyage de Paris à Ouaga aller et retour sans faire l’escale de Bamako. On comprend bien que c’est la décision d’ADO de proroger de façon unilatérale son bail à la tête de la transition malienne qui est a l’origine de son exil parisien et du risque de lynchage qu’il a encouru. ADO a déjà sur la conscience la déchirure du tissu des forces vives entre pro Cedeao et anti Cedeao. C’est bien la raison pour laquelle une partie importante de ces forces a boycotté la réunion de Ouaga qui s’est terminée en queue de poisson.


Nouhoum DICKO

vendredi 20 juillet 2012

LES IMAGES ATROCES DE L' ATTAQUE DU CAMP DES DEPLACES DE NIAMBLY



Censé être protégé par l’ONU, le camp de déplacés de Niambly, voisin de Duékoué et abritant surtout des autochtones d’ethnie guéré, a été attaqué vendredi par des frci,des dozos et des jeunes en représailles à la mort de quatre personnes, tuées durant la nuit par des inconnus dans un quartier de Duékoué. (Vendredi 20 Juillet 2012)



Ouattara et ses FRCI ont encore assassiné les Wê à Duékoué


Les tueurs FRCI du dictateur ouattara,aidés de dozos et d'allogènes malinkés ont tué les Wê dans deux de leurs camps de réfugiés à Duékoué sous le regard des soldats marocains de l'ONUCI qui sont sensés assurés la sécurité des réfugiés.

Les soldats de l'ONUCI étaient bel et bien armés mais n'ont rien fait pour empêcher cet énième massacre un peu comme en avril 2011 quand sous leurs yeux,les hommes de ouattara tuaient plus de 1200 Wê. Sur leurs propres terres,les populations Wê sont des déplacés et vivent dans des camps sous des tentes.Pendant ce temps leurs maisons,leurs plantations et leurs villages sont occupées par des étrangers.Pourquoi tant d’injustice et de cruauté envers les Wê? L'attaque était menée selon les survivants par le burkinabé Amadé Ouérémi en personne.



Duekoué, encore des morts


Duekoué: Ces jeunes gens ont été enlevés par les Frci, du sanguinaire Dramane Ouattara,le Mardi 17 juillet 2012 (sous l'œil complice de l'ONU-CI ). Leurs cadavres furent retrouvés le Mercredi 18 juillet, criblés de balles. L'état de droit n'existe plus en Côte d'Ivoire, depuis le coup d'état franco-onusien du 11 avril 2011.

mercredi 18 juillet 2012

ALASSANE OUATTARA, LE CHEF DE L’ETAT IVOIRIEN, N’A PAS D’ARMEE


Commençons notre chronique de ce jour par une scène très récente, assez cocasse, si ce n’est rocambolesque et, au final, effrayante pour l’histoire future de notre peuple. Dans un district de police bien connu de notre pays, un attroupement d’agents de police de service, comme on le voit tous les jours dans nos commissariats et camps militaires. Ils s’adonnent à la lecture de journaux pour être au fait de l’actualité ivoirienne. Chose curieuse – et peut-être finalement, normale – tous les quotidiens entre leurs mains étaient des journaux bleus (journaux éditorialement proches du camp Gbagbo). Le fait même pour eux de ne plus s’en cacher dénote désormais et assurément d’un nouvel état d’esprit, différent de la hantise, des peurs-paniques et de la discrétion de rigueur, au lendemain du dénouement sanglant de la crise ivoirienne d’avril 2011.

En clair, ces policiers se considèrent encore et toujours comme des FDS (et c’est la faute à Ouattara) et non comme des soldats FRCI, l’armée ouattarandienne faite de supplétifs, de dozos (chasseurs traditionnels incultes) et de miliciens créée le 24 mars 2011, depuis la prison volontaire et dorée de l’Hôtel du Golf, par décret d’Alassane Ouattara, et qui a été à l’origine de l’effroyable massacre de Duékoué qui a fait des milliers de morts. Massacre que nous attestent encore de récentes vidéos sur le Net montrant le contingent marocain de l’ONUCI jeter sans égard aucun, le 1er avril 2011, des corps de victimes de l’épuration ethnique FRCI. Pourrait-il encore exister un quidam, sur la terre d’Eburnie et par-delà les mers, pour nier le génocide des Wê, dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire, les 29 et 30 mars 2011, par les milices de Ouattara ?

Comme on peut le constater, il n’y a pas eu osmose entre les FDS, l’armée républicaine sous Gbagbo et les FRCI, l’armée putschiste d’Alassane Ouattara. Et il ne peut en être autrement. D’ailleurs, Ouattara ne considère pas les FDS comme son armée et se méfie d’eux comme de la peste. Pour preuve, les ex-FDS ne sont autorisés, jusqu’à ce jour, à ne détenir aucune dotation d’armes. A contrario, les FRCI, jusque dans nos villages et campements, exhibent encore des armes de guerre et en font usage sans aucune éthique militaire, notamment contre d’innocentes populations civiles, de tous les bords y compris les leurs, depuis maintenant plus d’une année. Mieux, ces armes ont été utilisées et retrouvées dans nombre de braquages, de cambriolages et d’attaques à main armée qui ont endeuillé familles et entreprises dans notre pays, ces quinze derniers mois.

A la vérité, tant que le gouvernant actuel de la Côte d’Ivoire continuera de traquer d’honnêtes ivoiriens civils et militaires (en qui ces ex-FDS se reconnaissent) jusque dans leur exil parce que proches du président Laurent Gbagbo, tant que nos concitoyens de l’Ouest seront spoliés de leurs terres ancestrales et tués par de nouveaux colons burkinabé armés et arrogants, protégés par le seigneur de guerre burkinabé Amadé Ouérémi et son âme damnée Issiaka Tiendrébéogo, tant que prévaudra la « justice de vainqueurs », tant que les droits de l’homme seront rélégués au rang de vœux pieux en Côte d’Ivoire, au vu et au su d’ONG internationales complices et de la communauté dite internationale et que les Ivoiriens continueront à croupir injustement dans les geôles, goulags et autres camps de concentration et de torture de Ouattara, tant que la jubilation sera de mise en lieu et place de la compassion naturelle et de l’humilité, tant qu’aucune véritable volonté de réconciliation (dont Ouattara sera d’ailleurs le plus grand bénéficiaire) ne sera affichée par les tenants actuels du pouvoir par l’élargissement de Laurent Gbagbo et de tous les prisonniers politiques et militaires et l’arrêt des arrestations arbitraires, aucune chance que cette osmose ait lieu.

Pourquoi ?, pourrait-on s’interroger. Pour la simple et bonne raison que l’armée n’est en réalité que le reflet intégral du peuple et de la société. La rupture politique, sociale et sociologique qui s’est produite en Côte d’Ivoire depuis l’arrivée au pouvoir d’Alassane Ouattara a déteint et s’est gravement répercutée sur nos corps militaires, de sorte que l’armée ivoirienne actuelle n’est qu’une piètre juxtaposition de deux forces ex-bélligérantes : les FDS et les FRCI. Le dire n’est pas un appel à la sédition mais un juste compte-rendu de la réalité et du vécu des Ivoiriens, depuis maintenant quinze mois. Le nier relève soit de la mauvaise foi, soit de la politique de l’autruche.

Pire, les FRCI ne peuvent honnêtement être considérées comme l’armée d’Alassane Ouattara. Sinon, comment comprendre qu’il n’ait aucune confiance en elle, au point que le premier carré de sa garde rapprochée soit exclusivement et uniquement constitué de soldats burkinabé, commandos militaires du camp de Pô, au Burkina Faso, mis à sa disposition par son homologue et « compatriote » Blaise Compaoré ? Comment expliquer ensuite que le second carré de sa protection rapprochée soit assuré par des unités spéciales françaises et par les casques bleus de l’ONUCI ? Qu’en est-il de la souveraineté de la Côte d’Ivoire ? Ou faudra-t-il considérer qu’elle n’en a plus, depuis l’avènement du régime RHDP ?

Alassane Ouattara refuse de s’en remettre pour sa sécurité et pour sa vie à « son armée ». En réalité, il n’a pas tort. Cette armée-là répond non pas d’un seul et unique chef suprême comme dans toute république digne de ce nom mais de plusieurs chefs et seigneurs de guerre, à la tête desquels le désormais Président de l’Assemblée nationale ivoirienne, Soro Kigbafori Guillaume. Tout ce beau monde, au-delà des sourires convenus, se regarde en chien de faïence et entretient l’équilibre de la terreur, en attendant qu’à la fin de ce jeu de dupes le plus fin, le plus rusé et le plus machiavélique de la fratrie prenne le dessus sur tous les autres et les mette à la disposition de la Cour pénale internationale (CPI). Juste une question de temps.

Qu’Alassane Ouattara arrête donc de se mentir à lui-même, aux Ivoiriens et au monde entier en feignant de maîtriser son monde. Il ne maîtrise strictement rien. Il n’a pas d’armée, il ne doit sa survie qu’aux forces étrangères, toutes bannières confondues, auxquelles ces proches et lui vouent une confiance idolâtre. Mais aussi puissantes fussent-elles, pourraient-elles résister à une désagrégation générale et au sursaut d’un peuple digne en quête de liberté ? Ce que le Vietnam a été pour l’armée américaine devrait nous instruire.

Oui, c’est certain, Ouattara n’a pas d’armée. En tout cas, aucune qui puisse se réclamer nationale, républicaine et loyale. Fait rare dans l’histoire des pays dits démocratiques. Pour tout dire, Alassane Ouattara gouverne sur le cratère d’un volcan qui menace d’entrer en éruption à tout moment. Jusqu’à quand tiendra-t-il cet équilibre précaire ? Qui vivra, verra ! Au reste, de notre humble avis, il devrait commencer plus résolument que jamais à penser à réconcilier les Ivoiriens et ne pas se réfugier derrière des armées étrangères, fussent-elles celles du Nouvel ordre mondial. Il en est encore temps.

Que DIEU bénisse la Côte d’Ivoire ! Jean-Lucas Attoh

lundi 16 juillet 2012

ISRAEL EXPULSE 2000 IMMIGRÉS IVOIRIENS APRÈS LA VISITE HAUTEMENT MENDIANTE DU PRÉFET DRAME ÂNE OUATTARA À TEL AVIV


Dans le cadre de son plan de rapatriement des clandestins africains, les 2000 immigrés ivoiriens ont jusqu’à aujourd’hui dernier carat pour quitter Israël. La plupart avait rejoint Israël clandestinement pendant la période de crise post-éléctorale de décembre 2010. Cet ultimatum a été fixé le 28 juin par le ministre de l’Intérieur Elie Yishaï.

500 dollars par adultes et 100 dollars par mineurs, voilà ce que propose le gouvernement israélien aux ressortissants ivoiriens pour quitter le pays avant ce soir, dernier délai.

Il y a un mois, Alassane Ouattara a donné son accord pour ce rapatriement. Mais pour Igal Shtayim, fondateur de l’association d’aide aux migrants Marak Liwinsky à Tel Aviv, beaucoup de réfugiés ivoiriens ne l’entendaient pas de cette oreille : « Fin juin, la cour israélienne a refusé aux 132 réfugiés ivoiriens l’asile et c’est pourquoi il a été décidé qu’ils devaient partir. Ils avaient deux semaines pour se préparer. Les réfugiés continuent de demander quelques jours de plus, un peu plus de temps, ils ne veulent pas partir maintenant ».

Certains d’entre eux ne voulaient pas rentrer en Côte d’Ivoire de peur d’être catalogués comme pro-Gbagbo. Mais peu de choix semble aujourd’hui s’offrir à eux. « Le gouvernement déclare qu’il les mettra en prison, poursuit Igal Shtayim. Ils sont en train de construire un immense camp qui est en fait une prison et ils font tout ce qu’ils peuvent pour les mettre dehors. Une partie d’entre eux va accepter parce qu’ils veulent éviter d’aller en prison, donc certains vont probablement partir et juste une minorité décidera de rester, je pense ».

Cet acte d’expulsion concerne près de 2000 personnes. Par RFI

L'honneur perdu de Soro Guillaume, par Bernard Houdin


« Les hommes. Il faut aimer les hommes, les hommes sont admirables. J’ai envie de vomir-et tout d’un coup, ça y est, la Nausée. C’est donc ça la Nausée. Cette aveuglante évidence ? » (Jean Paul Sartre) Je viens de lire et de regarder les récentes interventions en Europe de Monsieur Guillaume Soro et j’ai brutalement ressenti cette « aveuglante évidence » : la Nausée. Sur France 24, sur RFI et dans une « rencontre » avec des ivoiriens à Bruxelles, Monsieur Soro a réécrit l’histoire de la Cote d’Ivoire et, particulièrement, la plus récente dont il a tenté, violemment, d’en modifier le cours démocratique. Monsieur Soro revendique « son combat pour la démocratie » dans les années 1990 et se prévaut d’être allé, de ce fait, et en plusieurs occasions, en prison. Mais qui étaient au Pouvoir à cette époque, sinon MM Ouattara et Bédié, et qui allait aussi en prison, sinon Laurent Gbagbo ?

Il reconnait dans une fulgurance de lucidité, avoir répondu favorablement à la main tendue du président Gbagbo pour engager le « dialogue direct » qui s’est concrétisé dans l’Accord Politique de Ouagadougou (APO).

Mais tout le reste n’est que falsification historique et mépris de la souffrance du peuple jusqu’à l’indicible quand Monsieur Soro évoque le massacre de Duekoué. Duekoué, ville-martyre, Oradour-sur-Glane ivoirien, où des centaines et des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants ont été horriblement massacrés en une SEULE journée par les « forces républicaines » sous les ordres de Monsieur Ouattara (Ordonnance présidentielle du 17 mars 2011) et où Monsieur Soro se justifie en prétendant avoir fait la guerre à « des miliciens liberiens à la limite du cannibalisme » ! Première Nausée….

Monsieur Soro manie le verbe avec la prétention des « intouchables ». Il se gargarise du mot « démocratie ». Je pense qu’il devrait imaginer que personne ne peut, impunément, se sentir « intouchable » éternellement et qu’il devrait lire, ou relire la définition du mot « démocratie ».

En visionnant les « prestations » de Monsieur Soro il m’est revenu une scène : nous sommes en janvier 2000, les « jeunes gens » ont renversé Bédié et le nouveau pouvoir a organisé une rencontre, au stade Houphouet-Boigny, pour que la population remercie ces « jeunes gens ». Sur la pelouse un podium de fortune, sur un plateau-remorque, a été installé où se pressent les nouveaux ministres, rapidement ralliés à l’ordre « kaki ». Je suis dans la tribune, observateur attentif de cet instant d’Histoire d’un pays où j’ai tous mes repères. Sur le podium un jeune homme dynamique interpelle le nouveau pouvoir et « exige » une opération « Mains Propres » pour faire rendre des comptes aux autorités déchues et, en particulier, au président Bédié. Ce jeune homme, c’était Guillaume Soro et je n’imaginais pas, à cet instant, que le Destin nous donnerait rendez-vous bien plus tard.

Monsieur Soro avait raison, en cette chaude, à tous points de vue, journée de janvier 2000. Les années Bédié avaient enfoncé le pays à la fois dans l’incurie économique et dans une poudrière identitaire instillée par l’ « ivoirité » et le Coup de décembre 1999 semblait « un moindre mal », même si les changements de régime dans des conditions « non démocratiques » ouvrent la porte à toutes les aventures (et la suite des événements en Côte d’Ivoire le confirmeront).

L’opération « Mains Propres » s’est délitée au fil du temps et des compromissions et la Transition s’est achevée en octobre 2000 par l’élection du Président Laurent Gbagbo. Et dès cet instant le président a commencé à « agir pour les Libertés », le point d’orgue de la période étant le Forum de Réconciliation et la formation d’un Gouvernement d’Union Nationale où siégeaient, auprès des ministres FPI, neuf représentants du PDCI et du RDR. C’est ce gouvernement d’union que le « démocrate » Monsieur Soro, parrain « revendiqué » du Coup manqué du 19 septembre 2002, a tenté de renverser, provoquant la crise qui perdure aujourd’hui et continue d’entrainer le pays vers l’abyme.

C’est le sens de l’Etat et de l’intérêt général du Président Gbagbo qui ont, seuls, permis à Monsieur Soro de « survivre » à la crise et, s’il y a eu trahison, c’est bien celle de Monsieur Soro par rapport à ses engagements écrits dans l’APO et qu’il n’a jamais tenu, en particulier pour le désarmement et l’encasernement de ses troupes. Deuxième Nausée….

Monsieur Soro se prévaut d’avoir organisé des élections « démocratiques » le 28 novembre 2010 et d’avoir, en « petit frère » conseillé au président Gbagbo de « respecter » le verdict des urnes. Le président Gbagbo ne s’est jamais accroché au pouvoir. Il a, simplement, respecté la Constitution de son pays qui a dit le Droit après avoir fait table rase des fraudes et manipulations du scrutin dans les régions du Nord sous la « coupe » des troupes de Monsieur Soro.

Celui-ci à alors, avec l’appui funeste des Autorités françaises de l’époque, engagé un combat violent, loin de tous les critères « démocratiques », tandis que le président Gbagbo, soucieux comme toujours de l’intérêt général, voulait résoudre cette « crise électorale » de façon pacifique, en commençant, naturellement, par un recomptage des voix. On connait la suite et Monsieur Soro, « vétu de lin blanc et de probité candide » vient se glorifier sans vergogne de sa « foi démocratique ». Troisième Nausée…

Monsieur Soro, dans sa grande « bonté » se félicite d’avoir «donné sa chambre » à l’Hôtel du Golf au président Gbagbo le 11 avril 2011. Je pense qu’il pourrait être, bientôt, récompensé de cette générosité car le président Gbagbo lui cédera, bien volontiers, celle qu’il occupe indument à La Haye.

En fait, toute cette randonnée verbale à travers l’Europe et les médias, n’est qu’une fuite en avant de Monsieur Soro pour tenter d’échapper à son Destin qui est de se retrouver devant la Cour Pénale Internationale pour l’ «ensemble de son œuvre». Il le sait pertinemment au point de « menacer » la « communauté internationale » pour laquelle il aurait agi, récusant à l’avance toute responsabilité personnelle dans le cours des événements en Côte d’Ivoire, comme il l’a clairement laissé entendre sur France 24. Ainsi Monsieur Soro après avoir agi pendant des années à des fins personnelles, au mépris de toutes les règles de Droit et en laissant derrière lui un cortège sanglant d’hommes de femmes et d’enfants de toutes ethnies et de toutes confessions, voudrait s’exonérer de tous ces crimes, n’étant que le simple exécutant de la « communauté internationale ». Quatrième Nausée…

Oui les hommes sont admirables, ceux qui se battent pour des causes justes mais Monsieur Soro ne les aime pas. Depuis des années il creuse dans le pays un sillon de haine et de meurtres. Mais l’heure a sonné et la Côte d’Ivoire, qui est, heureusement, une Nation forte qui se construit chaque jour saura surmonter les douloureuses épreuves que Monsieur Soro lui aura fait subir. Il n’aura été qu’un « épiphénomène » dans le cours de son Histoire, et je crains, pour lui, qu’aujourd’hui tout soit perdu, même l’honneur !

Bernard Houdin
Conseiller Spécial du président Gbagbo

dimanche 15 juillet 2012

Un hommage à Jean Bertrand Aristide


Jean Bertrand Aristide, le sacrifié des médias et de l’impérialisme ainsi que de toutes les forces de destruction nationale. Malgré les campagnes de dénigrements il reste et demeure l'homme fort d'Haïti sans aucun effort de défense personnelle contre les crimes de haine médiatique et intellectuelle.

Son passage sur l'échiquier politique national a défait l'armée d'Haïti la plus puissante machine de mort des monstres traditionnels  son passage sur l'échiquier politique national a enfin initié le pays aux normes démocratiques et la modernité politique, son passage sur l'échiquier politique nationale a doté le pays du plus grand mouvement politique de notre histoire « Fanmi Lavalas » symbole de résistance nationale contre les ennemies internes et externes, le parti qui rallie la conviction ...de la grande majorité des haïtiens en Haïti et ceux de la diaspora.

Son passage sur l'échiquier national s'ouvre sur les infrastructures routières  des parcs d'attractions, constructions de marchés publics, plusieurs centaines d'écoles nationales et lycées, des logements sociaux, rémunération à la hausse des salariés des administrations publiques, relance de l'agriculture rizière avec les Tawaïnais dans les marécages de l' Artibonite; son passage sur l’échiquier politique a favorisé au pays de multiple centres de santé communautaire renforcés avec le concours des boursiers haïtiens licenciés en médecine à cuba.

Son passage sur l'échiquier national a exposé la mauvaise foi de la communauté internationale envers Haïti avec la complicité des mercenaires armés et des frotteurs de troubles or les forces de destruction nationale. Jean Bertrand Aristide, un leader cerné par les bailleurs de fonds, cerné par la bourgeoisie haïtienne or les boutiquiers des croix des bossales, cerné par les campagnes de dénigrement des médias assassins crées pour troubler, mentir et zombifier; Jean Bertrand Aristide, le coq qualité lavalas, toujours dans la moule de l'occident et des vieux démons coriaces de l'histoire. Vive Haïti, vive la révolution haïtienne, QUE LA LUTTE CONTINUE. Bonne fête president Titid, l'histoire te rendra hommage bien mérité.

COMMUNIQUE DU LKP a propos de l'autorisation de l'épandage aérien en Guadeloupe



A propos de la nouvelle autorisation de tuer accordée aux empoisonneurs
 Malgré tous les avis défavorables, malgré la mobilisation de plusieurs centaines de Guadeloupéens, malgré la prise de position des associations de défense de l’environnement notamment, c’est avec le plus grand mépris que le représentant de l’Etat colonial Français vient de décider de poursuivre l’empoisonnement des Guadeloupéens.
 C’est une décision criminelle prise avec le silence complice des élus et parlementaires de Guadeloupe, singulièrement le ministre des outre-mers.
 
Le changement, c’est maintenant n’était qu’une mascarade. La consultation publique n’était qu’un leurre, une escroquerie. Là voilà, leur démocratie.
 
Encore une fois, la santé des Guadeloupéens est sacrifiée sur l’autel du profit et de la logique coloniale en faveur d’une minorité de pwofitan.
 
Dorénavant les travailleurs et le Peuple de Guadeloupe se trouvent en légitime défense et se donneront les moyens de se défendre.
 
 
GWADLOUPEYEN DOUBOUT – LA GWADLOUP SE TAN NOU !!!
 
  fo nou fÈ yo arÉtÉ anpwazonÉ Vi an nou,
TÈ an nou,  KÒ an nou !
 
NON  AU  MÉPRIS - NOU  SÉ  MOUN  KON  TOUT  MOUN !!!
 
LKP, 14jwiyé 2012

LIBERTE, LIBERTE CHERIE...

photo : Evariste Zephyrin

Dans un récent échange aussi impromptu qu’improvisé sur Fb, Eddy Nedelkovsci, me lançait (en pleine gueule, mais je l’avais cherché) : il faut « avoir le courage et l'honnêteté de se poser la question de savoir si un certain discours militant ne tourne pas en rond, s'il n'est pas au centre des cercles concentriques qui tournent en rond ! ».

En effet, les vraies questions d’ordre politique appellent pour y répondre du courage et de l’honnêteté chez ceux qui, comme moi, ont consacré leur vie à militer pour que la Guadeloupe s’appartienne. Car c’est bien de cela qu’il s’agit sous la formule « un certain discours militant ». Courage de l’autocritique et, pourtant, honnêteté de ne jamais abandonner les valeurs qui nous animent.

Je dis bien « valeurs » quand il s’agit de la conviction qu’un peuple est appelé à être souverain en son territoire et libre de s’autodéterminer. Ce sont à la fois des valeurs démocratiques et morales, qu’on ne saurait réduire à une question statutaire et un débat juridique.

C’est ce type de débat qui, au fil des années, a confisqué un problème qui concerne le plus grand nombre pour l’abandonner à des cercles de spécialistes en tout genre et de tribuns oublieux du temps qui passe : article 73, 74 , etc..

Or, ces valeurs dont je parle plus haut fréquentent le désir de liberté. Il ne suffit pas de la clamer, il faut surtout qu’elle soit une envie irrépressible. Et qu’est-ce qui fait croître cette envie de liberté ? Le sentiment de ne plus pouvoir vivre comme on vit, sous surveillance, entravé par des lois qui interdisent de se penser en tant que peuple, dans une situation socio-économique où l’on est tenu de réfléchir et de travailler pour le compte d’un pouvoir extérieur ; de vivre dans un pays où l’on est libre de voter, certes, mais jamais de désigner des représentants pour SE gouverner. Ce qui est, pour tout peuple digne de ce nom, la liberté démocratique fondatrice de toutes les libertés, y compris celle de débattre publiquement et en permanence du sort commun.

Pourtant, s’il y a un peuple dont l’aspiration à la liberté (individuelle et collective) est fondatrice de son identité, c’est bien le nôtre. Voisin en cela de tous ceux qui sont nés de la lutte contre l’esclavage. Comment donc cette valeur-là, parfois si contagieuse au cours de notre histoire, est-elle devenue aujourd’hui si accessoire ? Comment en sommes-nous arrivés à en avoir peur au point de revendiquer « démocratiquement » l’aménagement institutionnel de notre sujétion ? Là est, de mon point de vue, la question politique majeure.

Peut-être cette majorité abstentionniste et non-inscrite sur les listes électorales -qui constitue le gros des guadeloupéens en âge de voter- y répond-t-elle à sa façon. Muettement. C’est un peuple taiseux sur son devenir que nous avons là. Comme s’il se posait constamment en irresponsable de ce qui continue à être décidé en son nom. De là à ce que cette majorité affirme de la responsabilité collective, il faut certainement beaucoup de temps. Le temps d’un militantisme qui sache interroger son silence pour en extraire les mots qui fondent un nouveau dire politique.

Comment voulez-vous qu’un citoyen doué de bon sens (je postule qu’il y en a beaucoup parmi les silencieux) puisse se prononcer sur une représentation politique qui s’interdit de gouverner en son pays ? Ne faut-t-il pas un jour avouer que l’offre politique électorale ne franchit jamais le pas de l’intendance, c'est-à-dire, de la problématique du géreur d’habitation ? Si nos élus l’étaient sur la base d’une pensée ou d’un projet politique propre, croyez-vous que le Congrès des élus s’en remettrait à la « société civile » pour lui donner vie ? Non, ils consulteraient le peuple, certes, mais pour en débattre, l’enrichir, l’approuver ou le contester.

Aucun élu ou candidat connu ne se sent prêt à gouverner. Aucun ne se hisse à un niveau d’homme d’Etat, sinon dans l’attelage d’un ministère parisien. On ne cesse de nous répéter que nous ne sommes pas mûrs. Pourquoi faudrait-il franchir l’océan pour le devenir comme par magie ?

Je ne parle pas, bien sûr, au nom du « peuple abstentionniste ». Quoique nos mots d’ordre d’abstention aient contribué en donner à une partie des guadeloupéens l’habitude - juste pour affirmer que « nou pa fwansé »- il ne s’agit pas du gros des troupes. Nos adversaires électoralistes ont raison de ne pas d’attribuer tout le poids de l’abstentionnisme aux indépendantistes, de même que ces derniers seraient mal inspirés de le considérer comme un patriotisme triomphant. Aujourd’hui, non seulement l’abstention est contre-productive en termes d’alternative politique, mais encore elle entraine des comportements qui peuvent condamner à terme la démocratie proprement guadeloupéenne dont nous rêvons.

En effet, que ce soit maintenant ou demain, il n’y aura pas de nouvelle représentation politique, qui sache montrer par l’exemple comment SE gouverner, sans un électorat renouvelé à partir des citoyens âgés de 18 ans. Peut-être même avant, si l’Education scolaire contribue à faire mieux comprendre la Guadeloupe et le monde à nos enfants.

Oui, l’esprit de liberté s’apprend pour mieux être contagieux. Il s’agit avant tout d’un combat contre l’ignorance et, par conséquent, la servilité instituée. C’est en ce sens que j’entends Eddy Nedel : « Ce pays a besoin d'un vrai débat de fond, de ceux qui permettent de discerner une «vision politique», appelée peut-être à devenir collective un jour. » J’entends cela comme une responsabilité de Guadeloupéen, avant d’être celle d’un homme de presse.


Frantz Succab

mardi 10 juillet 2012

Séraphin Djaki Koudou : « Le régime Ouattara pratique la torture : j’en suis la preuve vivante ! »


Cela fait plusieurs semaines qu’une partie de la presse ivoirienne tente d’alerter l’opinion nationale et internationale sur une affreuse réalité du régime Ouattara que les associations de défense des droits de l’Homme refusent de voir : la torture, qui se pratique aujourd’hui à un rythme industriel, et qui est devenue un élément de domestication mentale de tout un pays. Face aux dénégations de la presse du régime, qui fait cyniquement passer les témoignages concordants sur le caractère massif et préoccupant de ces pratiques pour des «films d’horreur» fabriqués par le FPI, Le Nouveau Courrier rend public aujourd’hui un témoignage d’une importance capitale.

Premièrement, parce qu’il permet de faire un lien entre la manière violente par laquelle Alassane Ouattara a pris le pouvoir et sa pratique quotidienne de ce pouvoir-là. Deuxièmement, parce que la victime qui se confie à nous a réussi à «sauver» des photographies qui ne laissent pas la place au doute sur la gravité des sévices subis. Troisièmement, parce que l’histoire de Séraphin Djaki Koudou, qui prend le risque de témoigner à visage découvert, montre également le comportement pour le moins étrange des organisations internationales, plus soucieuses de protéger le régime Ouattara que d’exercer leur mandat de manière impartiale.

Au départ, une dénonciation fallacieuse et la trahison d’un voisin de quartier…

La mésaventure de Séraphin, actif sur le plan social – il a présidé un mouvement des «déguerpis» – et sur le plan politique – il a participé à la campagne électorale du président Laurent Gbagbo sans être le moins du monde impliqué dans la guerre post-électorale – commence le 28 avril 2011. Il se trouve alors vers le «terminus» de la Riviera 2, pas loin de la Résidence d’Alpha Blondy, où il attend un de ses amis qui doit l’y rejoindre. Il est assis non loin d’une cabine téléphonique gérée par un jeune homme auprès duquel il a ses habitudes. Tout à coup, un véhicule 4X4 passe. Puis un deuxième où se trouve quelqu’un qui le désigne du doigt.

Puis un troisième, qui dépasse le deuxième. Deux voitures s’arrêtent. «Tu me connais non? Tu me connais non ?», éructe celui qui le désignait du doigt de l’intérieur d’un des véhicules, et qui en est sorti. «Tu me connais à Abobo, non?», précise l’accusateur. Séraphin organise sa défense, en notant qu’il vit à la Riviera 2 depuis longtemps et qu’il n’est donc pas d’Abobo. Mais il se souvient bien de celui qui lui fait face. Séraphin vivait à la cité universitaire d’Abobo 1 quand il était étudiant. C’est à Abobo qu’il a battu campagne pour le candidat Laurent Gbagbo, aux côtés de la Première Dame Simone Ehivet Gbagbo. Et il a eu maille à partir avec des éléments fanatisés du camp Ouattara, bien décidés à créer un climat de terreur dans les quartiers où ils étaient majoritaires, pour dissuader les électeurs de Gbagbo de s’aventurer dans les bureaux de vote.

Le 28 avril 2011, c’est un de ces jeunes du RDR bien décidés à empêcher par tous les moyens les sympathisants LMP de voter qui se retrouve face à lui… à la Riviera 2. Et qui l’accuse d’avoir «tué des gens» à Abobo «avec Simone Gbagbo». Des accusations aussi vagues que fantaisistes auxquelles le gérant de cabine du quartier, que Séraphin considère comme son ami et dont il est un client fidèle, donne du crédit. «Sans qu’on ne lui demande rien, il a menti en disant qu’on ne me connaissait pas dans mon propre quartier. Comme pour accréditer la thèse selon laquelle je vivais à Abobo. Il a dit que c’est la première fois que je le vois, alors que tous les matins quand j’allais au travail, il me faisait des transferts de crédit. Certaines fois, quand j’étais loin du quartier, je l’appelais, il me faisait des transferts, et je payais à mon retour», se souvient Séraphin. «Beaucoup d’habitants du quartier sortaient la tête de leurs maisons et observaient ce qui se passait. Ce qui a dérangé la patrouille qui m’avait interpellé. J’ai été embarqué dans un des véhicules.»

«Hé, les gars, il s’appelle Koudou hein…»

Le véhicule prend le chemin d’Abobo. «En chemin, mon dénonciateur prétend que j’ai tué ses soeurs et que j’ai volé leurs portables. Je fais remarquer qu’il est étrange que quelqu’un dont les soeurs ont été tuées mette leurs morts sur le même plan qu’une affaire de téléphones mobiles, et j’explique que ce qu’il raconte n’est pas crédible. Parmi les membres de l’équipée qui me séquestre, je connais deux personnes. Un jeune Nigérian nommé Venance, qui est un des syndicalistes qui font payer des jetons aux chauffeurs des gares de wôrô-wôrô et de gbakas. Il y a là également un ancien loubard du PDCI, surnommé YulBrynner et dont le groupe de voyous s’appelait Gestapo.

A un moment donné, je pense pouvoir m’en sortir. Quand on arrive à la station Petro-Ivoire d’Angré, mes geôliers s’apprêtent à me libérer au point de me faire descendre du véhicule. Mais l’un des leurs voit que j’ai un paquet de cigarettes. Il me demande une cigarette. Quand je sors le paquet pour la lui donner, il voit que j’ai un billet de 10 000 FCFA. Les gars me fouillent, et prennent tout mon argent. 86 000 FCFA. Ils tombent sur mon portefeuille, dans lequel se trouve ma carte électorale. Sur laquelle mon nom est inscrit. «Hé le gars-là s’appelle Koudou hein! C’est un gars de Gbagbo», dit l’un d’entre eux, ce qui excite tout le monde. A cause de mon patronyme, on me remet dans le véhicule. Je continue la route vers Abobo. Nous arrivons dans un secteur du quartier Habitat qui s’appelle SOS.»

«Une cour qui empeste la mort, comme si on y avait entassé de la viande pourrie»

Ici le dos méconnaissable de Séraphin Koudou torturé avec du plastique fondu. L’équipée arrive dans une résidence qui a été transformée en «base» FRCI. «On me fait asseoir. On me pose des questions banales. Je m’évertue à m’expliquer sur mon innocence. Mais je me rends compte que personne n’écoute ce que j’ai à dire. Je parle à quelqu’un, mais je n’ai même pas encore fini qu’il s’en va. Un véhicule arrive. C’est celui du chef «militaire» qui dirige cette base. Il demande des explications sur mon identité. Ses hommes disent que je suis un milicien de Gbagbo et qu’ils vont «m’accompagner», c’est-à-dire m’exécuter. Le chef se met à rire, l’air de rien, comme si c’était une pratique routinière. On m’amène à Abobo-Derrière-Rails, dans une grande cour fermée. Une cour qui empeste la mort, comme si l’on avait entassé de la viande pourrie là-bas. C’est là que la torture a commencé. Ils m’ont tabassé, tabassé, tabassé. J’étais couché sur le gravier.

Ils organisaient des concours. Qui peut se tenir en équilibre en se mettant debout au-dessus de ma tête le plus longtemps avec des Rangers au pied ? Ce qui va me sauver, c’est que leur chef arrive. Et m’adresse la parole : «C’est toi le milicien-là?» Je réponds mais personne n’écoute. Ils rient entre eux. Et à un moment donné, comme par miracle, le chef m’écoute un peu plus. J’essaie de me faire le plus convaincant possible. J’admets que j’ai voté Gbagbo. Je dis même que si on refait l’élection, je vais voter Gbagbo. Mais je dis que je suis loin de toute violence post-électorale. Il rappelle le chef de ceux qui m’ont arrêté. Et il le rabroue.»

«Mes bourreaux enflammaient des pieds de chaise en plastique sur mon dos… mes ongles ont été arrachés un à un»

Séraphin croit son martyre terminé. Mais l’équipe qui l’a pris à la Riviera 2 le ramène dans la villa du quartier SOS. «De 23 heures à 4 heures du matin, j’ai été tabassé, torturé au-delà de ce que l’on peut imaginer. Mes bourreaux enflammaient des pieds de chaises en plastique pour me brûler le dos, qu’ils frottent à l’aide d’un bâton. Les ongles de mes orteils ont été arrachés un à un. Pourquoi tout ça? Pour me faire avouer, devant leur magnétophone, que j’ai été formé par le colonel Boniface Konan, qui nous donnait soi-disant 5 000 FCFA par jour, etc.

J’ai une entaille sur la tête qui a «fait» cinq points de suture. Quand le chef arrive, les gars lui expliquent que j’ai avoué que j’étais un élément de Konan. Le chef en question demande qu’on aille me chercher. Mes tortionnaires m’ont au préalable nettoyé de mon sang. Quand le chef a fini de me harceler de questions, j’ôte la casquette qu’ils ont mis sur ma tête, et je montre mes orteils écorchés. Et je lui demande si c’est dans cet état qu’il m’a laissé la veille. Le chef semble convaincu par mon argumentaire», raconte Séraphin. En tout cas, il ne veut plus laisser le jeune homme à ses éléments, qui continuent de faire courir le bruit selon lequel leur supérieur hiérarchique veut empêcher la liquidation physique d’un «milicien».

«A l’hôtel du Golf, un féticheur habillé en dozo orchestre un rituel macabre»

A bord de la même voiture que «le chef», Séraphin se retrouve à l’hôtel du Golf où son drôle de protecteur a une réunion. Le «chef» le confie à un élément qui se trouve sur les lieux. «Le gars qui est là, garde le pour moi!» Séraphin est conduit dans un lieu d’incarcération pour «pro-Gbagbo» de l’hôtel du Golf. «Dans cette salle où il y avait environ trente personnes, j’ai trouvé des jeunes qui, s’ils sont encore en vie, c’est qu’ils sont devenus fous. Tu vois quelqu’un qui reste prostré, dans la même position, pendant de longues heures. Et qui ne sort de son silence que pour tenir des propos incohérents. Des phrases comme «tout le monde à gauche, tout le monde à droite» répétées machinalement. Un événement va me frapper là-bas à l’hôtel du Golf.

Un gars dit qu’il a soif. Il y a un cadavre qui flotte dans de l’eau stagnante. Et on puise «l’eau du corps» et on le lui donne. C’est un féticheur habillé en dozo qui orchestre ce rituel macabre. Il y a aussi quelque chose qu’un certain F. m’a expliqué. Je ne l’ai pas vécu, mais c’est crédible. Selon ce qu’il m’a expliqué, les gens du Golf ont exigé des jeunes arrêtés et retenus à l’hôtel du Golf de faire des témoignages fabriqués pour accabler Gbagbo et ses hommes. Et ce simulacre était organisé par Guillaume Soro lui-même qui leur indiquait les questions qui allaient être posées et les réponses qu’ils devaient donner. La promesse était claire : après leurs déclarations arrangées, ils seraient libérés. Des caméras sont venues filmer leurs faux aveux. Quand ils se trompaient dans leurs pseudo-témoignages, les cameramen – des Blancs, notamment – arrêtaient de filmer pour qu’ils fassent des corrections. Comme s’il y avait une sorte de complicité entre les cameramen et les gens du Golf.»

A la recherche d’hypothétiques caches d’armes à la Cité universitaire de la Riviera 2

Séraphin quitte le Golf en compagnie du «chef» d’Abobo qui est devenu, d’une certaine manière, son protecteur. Motif officiel invoqué devant les dizaines de miliciens des FRCI qui ne comprennent pas pourquoi on ne le tue pas: il doit être le guide permettant de retrouver de prétendues caches d’armes à la Cité universitaire de la Riviera 2. «Je lui avais pourtant tout expliqué, et là il venait me parler de choses dont nous n’avions jamais parlé et dont je n’avais aucune connaissance. Comme pour lui mettre la pression, les éléments qui m’avaient torturé à Abobo sont venus pour voir ce qui adviendrait de moi», explique Séraphin.

Au final, le jeune homme est conduit à la Cité universitaire de la Riviera 2 à la recherche d’hypothétiques caches d’armes. Bien entendu, il n’a aucune idée d’où peuvent se trouver des armes. La Cité est par ailleurs entièrement occupée par des éléments armés des FRCI, qui ont les moyens de la tourner et de la retourner dans tous les sens. Une fois de plus, il est torturé jusqu’à arriver au bord de l’évanouissement. Alors que «le chef» revient auprès de lui et que ses tortionnaires commencent à se désintéresser de son cas, Séraphin réunit ses dernières forces, entre dans un bâtiment de la Cité universitaire, passe par une fenêtre et réussit à s’enfuir. Il va se réfugier dans un célèbre maquis appelé «F14», puis se cache pendant plusieurs mois à Bingerville. Au moment opportun, il quitte clandestinement la Côte d’Ivoire. Direction le Ghana, puis le Togo.

Au Togo, l’étrange comportement d’une fonctionnaire du HCR

«Quand le responsable des réfugiés ivoiriens au Togo a vu mon état, il a pris mes photos, et il a réussi à me faire obtenir un document de réfugié très rapidement. Mais une chose m’a frappé. Une certaine Nathalie, de nationalité togolaise, chargée de la protection au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), m’a donné rendez-vous dans son bureau. La première chose qu’elle m’a demandé lors de ce rendez-vous, ce sont les photos témoignant des tortures que j’ai subies. Trois ou quatre photos. Des photos où on voit mon visage tuméfié, mon dos écorché et mes ongles de les orteils arrachés. Elle me dit qu’elle va les garder, parce que quand je les ai, elles me traumatisent. Je refuse. Mais elle insiste. Elle dit qu’elle veut joindre ces photos à mon dossier. Je proteste en disant que ces photos avaient déjà été scannées pour être mises dans mon dossier. Elle continue d’insister.

Je les lui prête. Deux semaines plus tard, je commence à vouloir les récupérer. Je n’arrive pas à la voir quand je vais à son bureau. Elle me fait marcher, me donne des rendezvous à plusieurs endroits. Et chaque fois que j’arrive, elle n’est jamais là. La seule fois où je réussis à la voir, c’est un jour où j’ai rendezvous avec quelqu’un d’autre et où je tombe par hasard sur elle. Elle affirme qu’elle ne sait plus où elle a mis mes photos, et feint de les chercher dans son bureau. Je comprends son jeu. Heureusement que la personne qui les avait prises après mes mésaventures avait gardé certaines d’entre elles dans son appareil photo. Il me les a envoyées par courrier électronique. C’est de cette manière-là que je les ai sauvées», explique Séraphin. Qui a désormais fui le Togo, en raison de la collusion entre les régimes Gnassingbé et Ouattara, qui inquiètent les réfugiés. Quand s’achèvera donc sa fuite éperdue? Quand pourra-t-il rejoindre un Etat de droit, où les nervis du régime ivoirien ne pourront pas lui faire la peau, le faire taire à jamais ? «Si je suis vivant, c’est vraiment que Dieu l’a voulu. Je Lui fais confiance», répète inlassablement Séraphin.

Propos recueillis par Théophile Kouamouo
Source: Le Nouveau Courrier