mardi 31 janvier 2012

"Le développement piégé : les transferts d’armes et le développement du Tchad (2005 – 2010)

Le CCFD-Terre Solidaire publie le rapport

La France et d’autres pays ont vendu des armes au Tchad sans prendre sérieusement en compte les risques que présentaient ces transferts sur le développement économique et social du pays, révèle le CCFD-Terre Solidaire dans le rapport d'enquête publié aujourd'hui.

Pour Zobel Behalal du CCFD-Terre Solidaire, auteur du rapport « les pays exportateurs et le Tchad partagent la responsabilité des failles qui caractérisent les dispositifs de contrôle, et pour lesquels le développement ne pèse pas bien lourd ». Ce rapport pointe en particulier l'absence de retombées de la rente pétrolière dont une partie significative a servi à l'acquisition d'armes et non au développement du pays comme s'y étaient pourtant engagées les autorités du pays.

Entre 2004 et 2008, les dépenses militaires de l’État tchadien ont été multipliées pratiquement par 8, alors que le Tchad est le 183e pays sur 187 selon l'indice du "développement humain" du PNUD. Ce constat rappelle la pertinence et l’urgence d’un Traité international sur le commerce des armes (TCA). En effet, l’absence de règles globales, identiques et contraignantes pour tous les États, entraine une déresponsabilisation générale dans la circulation des armes. 

Le CCFD-Terre Solidaire appelle la France et les autres pays exportateurs vers le Tchad, à plus de vigilance dans l’étude des demandes de transferts d’armes. 

En cette année de négociation du TCA, le CCFD-Terre Solidaire invite notamment les États à :
- Impliquer les institutions publiques spécialistes du développement dans les décisions sur les transferts d’armes
- Accroître la transparence sur les transferts d’armes
- Renforcer les dispositifs nationaux de contrôle
- Renforcer la coopération internationale
- Accentuer le contrôle post-exportation.

dimanche 29 janvier 2012

CUBA : Le fruit qui n'est pas tombé


Cuba a été contrainte de se battre pour son existence face à une puissance expansionniste, située à quelques milles de ses côtes et qui ne cachait pas ses visées d’annexion dans la mesure où sa seule destinée était censément de tomber dans son giron tel un fruit mûr. Nous étions voués à l’inexistence comme nation.
Dans la glorieuse multitude de patriotes qui se battit durant la seconde moitié du XIXe siècle contre l’abominable colonialisme imposée par l’Espagne pendant trois cents ans, José Martí fut celui qui perçut avec le plus de clarté cette destinée si dramatique. Et il le fit savoir dans les dernières lignes qu’il écrivit quand, à la veille d’un rude combat prévu contre une colonne espagnole aguerrie et bien équipée, il affirma que l’objectif clef de sa lutte était « d’empêcher à temps, par l’indépendance de Cuba, que les États-Unis ne s’étendent dans les Antilles et ne s’abattent, avec cette force de plus, sur nos terres d’Amérique. Tout ce que j’ai fait à ce jour et tout ce que je ferai, c’est pour cela. »

Quiconque ne comprend pas cette profonde vérité aujourd’hui ne peut être ni patriote ni révolutionnaire.

Les médias, le monopole de nombreuses ressources techniques et les fonds considérables destinés à tromper et à abrutir les masses constituent sans aucun doute des obstacles importants, mais non invincibles.

La nation cubaine a prouvé, malgré sa condition de factorerie coloniale yankee où sévissaient l’analphabétisme et la pauvreté généralisée, qu’il était possible de faire face au pays qui menaçait de l’absorber définitivement. On ne saurait affirmer qu’il existait une bourgeoisie nationale opposée à l’Empire ; au contraire, elle en était si proche qu’un peu après le triomphe de la Révolution, elle est allée jusqu’à envoyer quatorze mille enfants aux États-Unis sans la moindre protection, car on avait fait courir le mensonge perfide selon lequel l’autorité parentale serait supprimée, l’Histoire devant enregistrer cette « Opération Peter Pan » comme la plus grande manipulation d’enfants à des fins politiques en Amérique.

À peine deux ans après le triomphe révolutionnaire, le territoire national fut envahi par des forces mercenaires constituées d’anciens militaires de Batista et de fils de gros propriétaires terriens et de bourgeois, armées par les États-Unis et escortées par des bâtiments de leur flotte navale, dont des porte-avions prêts à entrer en action, qui les accompagnèrent jusqu’à nos côtes. La défaite et la capture de la quasi-totalité des mercenaires en moins de soixante-douze heures et la destruction de leurs avions qui opéraient depuis des bases au Nicaragua et de leurs moyens de transport naval constituèrent une défaite humiliante pour l’Empire et ses alliés latino-américains qui avaient sous-estimé la capacité de lutte du peuple cubain.

Les USA ayant interrompu leurs livraisons de pétrole puis supprimé totalement les contingents d’exportation de sucre dont Cuba avait toujours bénéficié sur leur marché et interdit le commerce établi entre les deux pays durant plus de cent ans, l’URSS répondit à chacune de ces mesures en nous livrant du pétrole, en achetant notre sucre, en faisant du commerce avec notre pays et finalement en nous fournissant les armes que Cuba ne pouvait acheter sur d’autres marchés.

Une campagne systématique d’attaques pirates organisées par la CIA, les actions militaires de bandes contre-révolutionnaires créées et équipées par les USA avant et après l’attaque mercenaire, tout ceci devant aboutir à une invasion militaire directe, donnèrent naissance aux événements qui mirent le monde au bord d’une guerre nucléaire totale à laquelle aucune des parties ni l’humanité elle-même n’auraient pu survivre.

Ces événements entraînèrent sans aucun doute la destitution de Nikita Khrouchtchev qui sous-estima l’adversaire, refusa d’écouter les avis qu’on lui donnait et ne consulta pas ceux qui, comme nous, étaient en première ligne avant de prendre sa décision finale. Ce qui aurait pu être une importante victoire morale se transforma ainsi en un revers politique coûteux pour l’URSS. De fait, durant bien des années, les USA continuèrent de commettre les pires méfaits contre Cuba et continuent, comme c’est le cas de leur blocus criminel, de les commettre.

Khrouchtchev eut des gestes extraordinaires envers notre pays. J’ai critiqué sans hésiter, à l’époque, le fait qu’il ait passé un accord avec les États-Unis sans nous avoir consultés, mais il serait ingrat et injuste de notre part de ne pas reconnaître sa solidarité extraordinaire à des moments difficiles et décisifs pour notre peuple dans sa bataille historique pour son indépendance et sa Révolution face au puissant Empire étasunien. Je comprends que la situation était extrêmement tendue et qu’il ne voulait pas perdre une minute quand il prit la décision de retirer les projectiles et que les Yankees s’engagèrent, très en secret, à renoncer à leur invasion.

Des décennies se sont depuis écoulées pour atteindre un demi-siècle, et le fruit cubain n’est toujours pas tombé dans les mains des Yankees.

Les nouvelles qui nous parviennent aujourd’hui d’Espagne, de France, d’Iraq, d’Afghanistan, du Pakistan, d’Iran, de Syrie, d’Angleterre, des îles Malvinas et de bien d’autres point de la planète sont sérieuses et augurent toutes une catastrophe politique et économique à cause de la démence des États-Unis et de leurs alliés.

Je me bornerai à quelques points. Je tiens d’abord à signaler – comme tout le monde peut le constater – que la sélection d’un candidat républicain à la présidence de cet Empire globalisé et touche-à-tout, constitue – et je le dis sérieusement – le pire concours d’idiotie et d’ignorance qu’on ait jamais vu. 

Comme j’ai d’autres chats à fouetter, je ne peux pas perdre mon temps à ça. Je savais pertinemment qu’il en serait ainsi.

Des dépêches de presse que je tiens à analyser sont bien plus éloquentes, parce qu’elles étalent en plein jour le cynisme incroyable que génère l’Occident dans sa décadence. L’une d’elles parle tout bonnement d’un prisonnier politique cubain qui, dit-on, est décédé au terme d’une grève de la faim de cinquante jours. Un journaliste de Granma, de Juventud Rebelde, d’un journal parlé ou télévisé ou de tout autre organe de presse révolutionnaire peut bien se tromper dans ses appréciations d’un tel ou tel thème, mais il ne fabrique jamais une nouvelle de toutes pièces ni n’invente un mensonge.

Selon la note publiée par Granma, cette grève de la faim n’a jamais eu lieu : il s’agissait d’un prisonnier de droit commun, condamné à quatre ans de privation de liberté pour avoir battu sa femme et lui avoir causé des blessures au visage ; c’est la belle-mère en personne qui a demandé l’intervention des autorités ; les proches ont été au courant de tous les gestes médicaux faits pour le sauver et savent gré aux spécialistes cubains des efforts qu’ils ont déployés. Il a été soigné, signale la note, dans le meilleur hôpital de l’Est du pays, comme n’importe quel autre citoyen. Il est décédé des suites d’une défaillance multi-organique secondaire associée à un processus respiratoire septique sévère.

Le patient a reçu tous les soins habituels dans un pays qui possède un des meilleurs services médicaux au monde, des soins gratuits malgré le blocus que l’impérialisme impose à notre patrie. Il s’agit tout simplement d’un devoir normal dans une Révolution qui peut se vanter d’avoir toujours respecté, durant plus de cinquante ans, les principes qui lui donnent sa force invincible.

Mieux vaudrait, assurément, que le gouvernement espagnol, compte tenu de ses excellentes relations avec Washington, se rende aux États-Unis et s’informe de ce qu’il se passe dans les prisons yankees, de la conduite impitoyable suivie envers les millions de détenus dans ce pays, de la politique de la chaise électrique qui y est appliquée et des horreurs commises envers les détenus dans les prisons et ceux qui protestent dans les rues.

Hier, lundi 23 janvier, un dur éditorial de Granma intitulé « Les vérités de Cuba » a expliqué en détail sur toute une page la campagne mensongère insolite et impudente orchestrée contre notre Révolution par « certains gouvernements traditionnellement impliqués dans la subversion  contre Cuba ».

Notre peuple connaît bien les normes qui ont régi la conduite immaculée de notre Révolution dès le premier combat et jamais souillée durant plus d’un demi-siècle. Il sait aussi que les ennemis ne pourront jamais exercer de pressions sur lui ni le faire chanter. Nos lois et nos normes seront appliquées indéfectiblement.

Il est bon de le signaler clairement et en toute franchise. Le gouvernement espagnol et l’Union européenne qui part en capilotade, plongée dans une profonde crise économique, doivent savoir à quoi s’en tenir. Leurs déclarations reproduites par les agences de presse et recourant à des mensonges éhontés pour attaquer Cuba font pitié. Occupez-vous d’abord de sauver l’euro, si vous le pouvez, réglez le chômage chronique dont souffrent toujours plus de jeunes, répondez aux indignés que vos polices ne cessent d’attaquer et de frapper.

Nous n’ignorons pas que le gouvernement espagnol est maintenant passé aux mains d’admirateurs de Franco, lequel dépêcha près de cinquante mille membres de la Division Bleue auprès des SS et des SA nazis pour participer à la sauvage agression  contre les Soviétiques, prenant part à l’opération la plus cruelle et la plus douloureuse de cette guerre, le siège de Leningrad, où un million de citoyens russes périt dans cette tentative d’étrangler la ville héroïque. Le peuple russe ne pardonnera jamais ce crime horrible.

La droite fasciste d’Aznar, de Rajoy  et d’autres serviteurs de l’Empire doit avoir sa petite idée sur les seize mille morts que souffrirent leurs prédécesseurs de la Division bleue et sur les Croix de fer par lesquelles Hitler récompensa ses officiers et ses soldats. Ce que fait aujourd’hui la police-gestapo aux hommes et aux femmes qui réclament leur droit au travail et au pain dans le pays où sévit le chômage le plus élevé d’Europe n’a donc rien d’étonnant.

Pourquoi les médias de l’Empire mentent-ils si impudemment ?

Ceux qui manipulent ces médias s’escriment à tromper et à abrutir le monde par leurs mensonges éhontés, pensant peut-être que c’est là le recours principal pour maintenir le système de domination et de pillage imposé au monde et, tout particulièrement, aux victimes proches du siège des métropoles, autrement dit les presque six cents millions de Latino-Américains et de Caribéens vivant sur ce continent-ci.

La république sœur du Venezuela est devenue l’objectif clef de cette politique. La raison en saute aux yeux. Sans le Venezuela, l’Empire aurait imposé le Traité de libre-échange à tous les peuples du continent qui vivent au sud des États-Unis, où se trouvent les plus grandes réserves de terre, d’eau potable et de minerai de la planète, ainsi que de grande ressources énergétiques qui, gérées dans un esprit de solidarité avec les autres peuples du monde, ne peuvent ni ne doivent tomber aux mains des transnationales qui imposent un système suicidaire et infâme.

Il suffit, par exemple, de regarder une carte pour comprendre l’extorsion criminelle dont l’Argentine a été victime quand on lui a enlevé un pan de son territoire à l’extrême sud du continent où les Britanniques ont utilisé leur appareil militaire décadent pour assassiner des recrues argentines vêtus d’uniformes d’été en plein hiver austral. Les États-Unis et leur allié Augusto Pinochet y offrirent à l’Angleterre un appui ignominieux. De nos jours, à la veille des Jeux olympiques de Londres, le Premier ministre David Cameron proclame à son tour, comme l’avait déjà fait Margaret Thatcher, son droit de recourir aux sous-marins atomiques pour tuer des Argentins. Le gouvernement de ce pays ignore que le monde est en train de changer et que notre continent et la plupart des peuples méprisent toujours plus les agresseurs.

Le cas des îles Malvinas n’est pas le seul. Quelqu’un sait-il comment se terminera le conflit en Afghanistan ? Voilà quelques jours à peine, on apprenait que des soldats étasuniens avaient outragé les cadavres de combattants afghans assassinés par les drones de l’OTAN.

Voilà trois jours, une agence de presse européenne faisait savoir que « le président Hamid Karzai avait avalisé des négociations de paix avec les talibans, en soulignant que c’était là une question que devaient régler les citoyens de ce pays », et qu’il avait ajouté : « … le processus de paix et de réconciliation incombe à la nation afghane, et aucun pays ni aucune organisation étrangère ne peut ôter ce droit aux Afghans. »

Par ailleurs, une dépêche en provenance de Paris publiée par notre presse informait : « La France a suspendu aujourd’hui toutes ses opérations d’entraînement et d’aide au combat en Afghanistan et a menacé de retirer ses troupes avant la date prévue, après qu’un soldat afghan a eu abattu quatre militaires français dans la vallée de Taghab, dans la province de Kapisa […] Sarkozy a donné des instructions à son ministre de la Défense, Gérard Longuet, de se rendre sans délai à Kaboul et a envisagé la possibilité de retirer le contingent français par anticipation. »

À la disparition de l’URSS et du camp socialiste, le gouvernement étasunien a jugé que Cuba ne pourrait pas se maintenir. George W. Bush avait même préparé un gouvernement contre-révolutionnaire pour diriger notre pays. Le jour même où Bush a lancé sa guerre criminelle contre l’Iraq, j’ai demandé aux autorités de notre pays de cesser d’être tolérantes envers les chefaillons contre-révolutionnaires qui demandaient hystériquement, ces jours-là, une invasion de Cuba, car leur attitude constituait de fait une trahison à la patrie.

Bush et ses crétineries ont sévi durant huit ans ; la Révolution dure déjà depuis plus d’un demi-siècle. Le fruit mûr n’est pas tombé aux mains de l’Empire. Cuba ne sera pas une force de plus par laquelle l’Empire s’étendra sur les peuples d’Amérique. Le sang de Martí n’aura pas coulé en vain.

Je publierai demain d’autres Réflexions qui compléteront celles-ci


Fidel Castro Ruz
Le 24 janvier 2012

La guerre mondiale contre la démocratie


Lisette Talate est décédée l’autre jour. Je me rappelle d’une fine femme à l’intelligence aiguisée qui masquait sa peine avec une détermination qui était une présence en elle-même. Elle était la personnification de la résistance des peuples à la guerre contre la démocratie. Je l’ai d’abord entr’aperçu dans un film du bureau des colonies datant des années 1950, à propos des gens des îles Chagos, une petite nation créole vivant à mi-chemin entre l’Afrique et l’Asie dans l’Océan Indien. La caméra se déplaçait dans des villages fourmillant, une église, une école, un hôpital, construits dans un endroit phénoménal de beauté naturelle et de paix. Lisette se rappelle du producteur du film lui disant à elle et ses amies adolescentes: “Continuez à sourire les filles !”

Assise dans sa cuisine de l’île Maurice plusieurs années plus tard, elle dit: “On n’avait pas besoin de me demander de sourire. J’étais une enfant heureuse, parce que mes racines descendaient profondément dans ces îles, mon paradis. Mon arrière grand-mère était née là-bas, j’ai fait 6 enfants là-bas. Voilà pourquoi ils ne pouvaient pas nous jeter légalement en dehors de nos maisons; ils devaient nous terrifier pour que nous partions ou nous forcer à partir. Au début, ils ont essayé de nous affamer. Les vaisseaux de ravitaillement cessèrent de venir, ensuite ils ont répandu les rumeurs que nous serions bombardés, puis ils se sont retournés contre nos chiens.”

Au début des années 1960, le gouvernement travailliste (NdT: les “socialistes” britanniques) d’Harold Wilson acquiesça secrètement à une demande de Washington pour que l’archipel des Chagos, une colonie britannique, soit “nettoyée” et “aseptisée” de ses 2 500 habitants afin qu’une base militaire puisse être construite sur l’île principale de l’archipel, l’île de Diego Garcia. “Ils savaient que nous étions inséparables de nos animaux domestiques”, dit Lisette, “quand les soldats américains sont arrivés pour construire la base, ils firent reculer leurs gros camions jusqu’aux baraques de briques dont nous nous servions pour préparer les noix de cocos; des centaines de nos chiens avaient été emprisonnés dedans. Ils les ont gazé avec des raccords fait à leur pots d’échappement. On pouvait les entendre hurler.”

Lisette, sa famille et des centaines d’insulaires furent mis de force sur un vieux bateau à vapeur rouillé à destination de l’île Maurice, distante de 4 000 km. Ils devaient dormir dans les cales contenant du fertilisant: de la merde d’oiseaux. La météo était dure, tout le monde était malade; deux femmes firent des fausses-couches. Larguée sur les quais de Port Louis, les deux plus jeunes enfants de Lisette Jollice et Régis, moururent à une semaine d’intervalle. “Ils sont morts de tristesse”, dit-elle. “Ils avaient tout entendu et ont vu l’horreur du gazage de nos chiens. Ils savaient qu’ils quittaient leur maison pour toujours. Le médecin de Maurice nous a dit qu’il ne pouvait pas guérir la tristesse.”

Cet acte fut fait dans le plus grand des secrets. Dans un document d’archive officiel, sous le titre de “Maintenir la fiction”, le conseiller juridique du ministère des affaires étrangères exorte ses collègues de camoufler leurs actions en “reclassifiant” la population comme étant une population “flottante, nomade” et de “refaire les règles au fur et à mesure”. L’article 7 des statuts du TPI dit que “la déportation ou le transfert forcé de populations” est un crime contre l’humanité. Que la Grande-Bretagne ait commis un tel crime en échange d’une ristourne de 14 millions de dollars sur un sous-marin nucléaire américain Polaris, n’était pas dans l’agenda d’un groupe de correspondants de la “défense” qui furent envoyés aux îles Chagos par le ministère de la défense lorsque les travaux de la base américaine furent terminés. “Il n’y a rien dans nos dossiers”, dit un officiel du ministère, “à propos des habitants ou à propos d’une évacuation.”

Aujourd’hui, l’île de Diego Garcia est cruciale à la guerre contre la démocratie menée par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Les plus gros bombardements qui ont eu lieu en Afghanistan et en Irak ont été lancés de cette base, au delà de laquelle le cimetière et l’église abandonnés par les insulaires se dressent comme des ruines archéologiques. Le jardin en terrasse d’où Lisette souriait à la caméra est maintenant un dépôt pour des bombes anti-bunkers transportées sur leurs lieux de bombardements sur deux continents par des bombardiers B-2 furtifs aux allures de chauve-souris. Une attaque sur l’Iran commencera de là. Comme pour compléter le blason du pouvoir criminel omni-présent, la CIA y a ajouté une prison du style de Guantanamo pour les victimes de son programme de “rendition”, appelé “Camp Justice”.

Ce qui fut fait au paradis de Lisette a une signification forte et universelle dans la mesure où cela représente la nature violente et sans pitié d’un système entier derrière sa façade démocratique et la mesure de notre propre endoctrination avec ses suppositions messianiques, décrites par Harold Pinter comme “de brillants numéros d’hypnose, spirituels même, qui fonctionnent”. Plus longue et plus sanglante que toute guerre depuis 1945, faite avec des armes démoniaques et un gangstérisme déguisé en politique économique, parfois connu sous le nom de mondialisme, la guerre contre la démocratie n’est pas mentionable dans les cercles de l’élite. Comme l’a écrit Pinter: “Cela ne s’est jamais produit et dans le même temps cela se produisait”. En Juillet dernier, l’historien américain William Blum a publié son sommaire mis à jour des statistiques de la politique étrangère américaine. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les Etats-Unis ont:
1. Tenté de renverser plus de 50 gouvernements la plupart d’entr’eux démocratiquement élus.
2. Tenté de supprimer un mouvement populiste ou national dans 20 pays.
3. Interféré éhontement dans des élections démocratiques dans au moins 30 pays.
4. Bombardé les populations de plus de 30 pays.
5. Tenté d’assassiner plus de 50 leaders politiques étrangers.

Au total, les Etats-Unis ont commis une ou plus de ces actions dans 69 pays. Dans la plupart des cas, la Grande-Bretagne a été la complice et la collaboratrice. L’”ennemi” change de nom, de communisme à islamisme, mais le plus souvent c’est la montée de mouvement démocratique indépendant du pouvoir occidental ou une société occupant un territoire stratégiquement utile, jugée aléatoire, comme les îles Chagos.

La véritable échelle de la souffrance, sans parler de celle de la criminalité impliquée, n’est pas connue en occident, malgré la présence des systèmes de communication les plus avancés au monde, nominalement le journalisme le plus libre et l’académie la plus admirée. Que le plus grand nombre de victimes du terrorisme, du terrorisme occidental, soient les musulmans est quelque chose qu’on ne peut pas dire, si cela est seulement su. La mort d’un demi million d’enfants irakiens dans les années 90 suite à l’embargo imposé par la Grande-Bretagne et l’Amérique n’a absolument aucun intérêt. Que le djihadisme extrême, celui qui mena aux attentats du 11 Septembre, fut couvé et développé comme une arme par la politique occidentale (“Opération Cyclone”) est une information connue des spécialistes mais autrement complètement supprimée.

Alors que la culture populaire en Grande-Bretagne et en Amérique immerge la seconde guerre mondiale dans un bain éthique pour les vainqueurs, les holocaustes qui émergent de la domination anglo-américaine des régions riches en ressources naturelles sont consignés dans le tiroir de l’oubli. Sous le tyrant indonésien Suharto, adoubé “notre homme” par Thatcher, plus d’un million de personnes furent massacrées. Décrit par la CIA comme “le pire massacre de masse de la seconde partie du XXème siècle”, les estimations ne prennent même pas en compte le tiers de la population du Timor oriental qui fut affamé ou massacré avec la complicité de l’occident, des avions et des mitrailleuses britanniques.

Ces histoires vraies sont racontées dans des documents déclassifiés et archivés dans les archives publiques, néanmoins elles représentent une dimension entière de la politique et de l’exercice du pouvoir complètement exclu de la vie publique et de la considération du public. Ceci fut réalisé par un régime non-coercitif de contrôle de l’information, depuis le mantra évangélique de la publicité consumériste aux informations de la BBC en passant par les médias sociaux éphémères.

C’est comme si les écrivains faisant fonction de rempart n’étaient plus ou sont sous l’emprise d’un zeitgeist sociopathe, convaincus qu’ils sont trop intelligents pour être dupés. Voyez la ruée des sycophants en mal de déifier Christopher Hitchens (NdT: journaliste anglo-américain grand supporteur de la guerre d’Irak), un amoureux de la guerre qui s’est languit d’être autorisé à justifier les crimes du pouvoir prédateur. “Pour presque la première fois depuis deux siècles”, écrivit Terry Eagleton, “il n’y a pas de poète britannique éminent, de dramaturge ou de romancier, préparés à questionner les fondations même du mode de vie occidental”. Plus d’Orwell pour nous dire que nous ne devons pas nécessairement vivre en société totalitaire pour être corrompu par le totalitarisme. Plus de Shelley pour parler pour les pauvres, plus de Blake proférant une vision, plus d’Oscar Wilde pour nous rappeler que “la désobéissance, aux yeux de tous ceux qui ont lu l’histoire, est la vertu originelle de l’Homme.”

Et plus de Pinter rageant contre la machine de guerre comme dans American Football:
Hallelujah.
Praise the Lord for all good things … [Rendons grâce à Dieu pour toutes les bonnes choses...]
We blew their balls into shards of dust, [Nous leur avons explosé les couilles en débris de poussière,]
Into shards of fucking dust … [En débris de putain de poussière...]

En débris de putain de poussière s’en vont toutes les vies détruites là par Barack Obama l’Auguste du changement et de l’espoir de la violence occidentale. Quand un des drones d’Obama élimine une famille complète dans une région tribale lointaine du Pakistan, de Somalie, ou du Yémen, les contrôleurs du jeu américains devant leurs écrans de jeu vidéo, tapent sur leur clavier “insecte écrabouillé” (NdT: “bugsplat” en anglais). Obama aime les drones et a fait des plaisanteries à ce sujet avec les journalistes. Une de ses premières actions comme président des Etats-Unis fut d’ordonner une vague d’attaques de drones Predator sur le Pakistan, qui tua 74 personnes. Il a depuis tué des milliers de personnes, pour la plupart des civils. Les drones Predator tirent des missiles Hellfire “feu de l’enfer” qui vide les poumons des enfants de leur air et laissent des lambeaux de chair humaine sur le terrain.

Rappelez-vous des manchettes de journaux noyées de larmes lorsque la “marque” Obama fut élue: “Monumental, donne la chair de poule”, titra leGuardian. “Le futur américain”, écrivit Simon Schama “est fait de vision, sacré, léger…” Le chroniqueur du San Francisco Chronicle y vît “un éclairagiste spirituel qui peut pousser pour une nouvelle façon d’être sur la planète”. Au delà de ce radotage, comme l’avait prédit le grand lanceur d’alerte Daniel Ellsberg, un coup d’état militaire se déroulait à Washington et Obama était leur homme. Après avoir séduit le mouvement anti-guerre jusqu’à un silence virtuel, il donna à la classe des officiers militaires corrompue américaine des pouvoirs d’état et d’engagement sans précédent. Ceci inclut la possibilité de guerres en Afrique et des opportunités de provocations contre la Chine, le plus grand créditeur de l’Amérique et nouvel “ennemi” d’Asie. Sous le régime Obama, la vieille source de paranoïa officielle, la Russie, a été encerclée par un rideau de missiles ballistiques et l’opposition russe a été infiltrée. Des équipes d’assassins de la CIA et de l’armée ont été déplacées dans 120 pays, les attaques planifiées de longue date sur la Syrie et l’Iran laissent présager d’une guerre mondiale. Israël, le clone américain de la violence et de l’illégalité par proxy vient juste de recevoir son argent de poche annuel de 3 milliards de dollars avec la bénédiction d’Obama pour voler toujours plus de territoires palestiniens.

La réussite la plus “historique” d’Obama a été d’amener la guerre contre la démocratie sur le sol de l’Amérique. Au réveillon du nouvel an, il signa la loi du National Defense Authorization Act (NDAA), une loi qui donne le droit au Pentagone de kidnapper à la fois des étrangers et des citoyens américains, de les détenir de manière indéfinie, de les interroger, de les torturer et même de les tuer. Les victimes n’ont seulement besoin que d’être “associées” avec ceux qui sont en guerre contre les Etats-Unis. Il n’y aura aucune protection légale, aucun procès, aucune représentation légale. Ceci est la première législation qui abolit le Habeas Corpus (le droit a une procédure judiciaire légale) et réfute de facto les droits civiques de 1789.

Le 5 Janvier, dans un discours incroyable au Pentagone, Obama a dit que l’armée devra non seulement être prête “à sécuriser territoires et populations” à l’étranger, mais également à se battre ™à domicile” et “donner du soutien aux autorités civiles”. En d’autres termes, les troupes américaines seront déployées dans les rues des villes des Etats-Unis lorsque les troubles sociaux inévitables se déclancheront.

L’Amérique est aujourd’hui un pays de la pauvreté épidémique et de prisons barbares: la conséquence d’un extrémisme de marché, qui sous Obama, a favorisé le transfert de 14 000 milliards de dollars d’argent public aux entreprises criminelles de Wall Street. Les victimes en sont le plus souvent les jeunes chômeurs, sans abri, incarcérés afro-américains, qui ont été trahis par le premier président noir américain. Le corollaire historique d’un état de guerre perpétuel, ceci n’est pas le fascisme, pas encore du moins, mais cela n’est pas non plus la démocratie dans une forme reconnaissable, indépendemment de la politique placebo qui se déroulera juqu’à Novembre. La campagne présidentielle, dit le Washington Post va “mettre en scène le choc des philosophies enracinées dans des vues différentes de l’économie.” Ceci est faux. La tâche qui incombe au journalisme des deux côtés de l’Atlantique est de créer l’illusion d’un choix politique là où il n’y en a aucun.

La même ombre plane sur la Grande-Bretagne et la plupart de l’Europe où la social-démocratie, un article de foi il y a encore deux générations, a capitulé devant les dictateurs des banques centrales. Dans la “grande société” de David Cameron, le vol de 84 milliards de Livres en emplois et en services dépasse même le montant des impôts “légalement” évités par les entreprises pirates. Le blâme demeure non pas avec l’extrême-droite, mais avec une culture politique libérale couarde qui a permis à tout cela de se produire, ce qui, écrivit Hywel Williams juste après les attentats du 11 septembre 2001, “peut devenir en soi une forme de fanatisme de l’auto-satisfaction”. Tony Blair est un de ces fanatiques.. Dans sa gestion indifférente des libertés qu’il clame pourtant être chères, la Grande-Bretagne bourgeoise blairienne a créé un état policier avec plus de 3000 lois et actes délictuels nouveaux: plus que pour l’ensemble du siècle précédent. La police croit de manière évidente qu’elle a l’impunité totale de tuer. A la demande de la CIA, des cas juridiques comme celui de Binyam Mohamed, un citoyen britannique innocent, torturé puis emprisonné pour cinq ans à Guantanamo, seront traités dans des cours de justice spéciales et secrètes en Grande-Bretagne afin de “protéger les agences de renseignement”, les bourreaux.

L’état invisible a permis au gouvernement de Blair de lutter contre les habitants des îles Chagos alors qu’ils se levaient de désespoir depuis leur exil pour demander justice dans les rues de Port Louis et de Londres. “Seulement quand vous menez une action directe, face à face, et même que vous enfreignez la loi, alors on vous remarque”, a dit Lisette. “Et plus vous êtes petit, le plus grand est l’exemple pour les autres.” Une telle réponse éloquente donne de quoi réfléchir à ceux qui demandent toujours: “Que puis-je faire ?”

J’ai vu pour la dernière fois la fine silhouette de Lisette debout sous une pluie battante, aux côtés de ses camarades devant le parlement. Ce qui me frappa par dessus tout fut le courage endurant de leur résistance. C’est le refus d’abandonner que le pouvoir pourri craint par dessus tout, car il sait que c’est la graine plantée sous la neige.

John Pilger Le 19 janvier 2012.


Traduction par Résistance 71.

Visitez le site de John Pilger : http://www.johnpilger.com/

JEAN-CLAUDE DUVALIER..."SUPERSTAR" !!!



L’ex-président à vie Jean Claude Duvalier a volé la vedette à Michel Martelly au cour de la cérémonie d’hommage rendu aux disparus du séisme du 12 janvier à Morne Saint Christophe (Titanyen), le jeudi 12 janvier dernier.

Duvalier a suivi la cérémonie à la tribune principale aux cotés du président Michel J. Martelly, de l’ex-général-président, Prosper Avril et de…l’ex-président américain, Bill Clinton, avec qui il eut un long tête-à-tête "historique"...

Ah...la politique...?!



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dimanche 22 janvier 2012

L’ANCIEN CHEF DE L’ETAT SUD-AFRICAIN, THABO MBEKI, LORS D’UNE CONFÉRENCE A L’UNIVERSITÉ DE MAKERERE :


« Nous avons maintenant vu ce qui s'est passé en Côte d'Ivoire et en Libye au cours de cette dernière année, dans les deux cas pour permettre à des pays non-africains, officiellement mandatés par le Conseil de sécurité de l'ONU, et indépendamment de l'opinion africaine, de renverser par la force des gouvernements établis et pour instaurer par la force et donc un changement de régime, dans l'intérêt des puissances occidentales. Il y a deux décennies, une grande partie de l'Afrique aurait caractérisé ces pays interventionnistes occidentaux comme des puissances impérialistes, dans le sens plein du terme.

Pourtant, quand ils sont intervenus dans en Côte d'Ivoire et en Libye, ils ont cherché à justifier leurs actes en affirmant qu'ils ont agi comme ils le faisaient pour faire avancer nos intérêts en tant qu'Africains, prétendant être plus déterminés à protéger nos intérêts de manière désintéressée que nous-mêmes. Vraisemb lablement pour atteindre ce noble objectif, ils ont même réussi à imposer la fiction selon laquelle la Libye n'était pas un pays africain, mais simplement un pays arabe, dont le sort devait être décidé sur la base de ce que la Ligue des États arabes avait dit, et jamais sur la base de ce que l'Union africaine avait décidé ! »

« Ces pouvoirs sont intervenus violemment sur notre continent, affirmant qu'ils ont agi par bonté de coeur, avec l'objectif de nous apporter, à nous les Africains, les dons de la démocratie, de la bonne gouvernance, de la paix et même de la vie pour ces millions d'Africains qui auraient été massacrés par les gouvernements africains concern és. C'est ainsi qu’un miracle s’est produit : nos maîtres du temps de la colonisation, les impérialistes, sont réapparus sur notre continent comme les meilleurs amis des peuples africains ! », a déclaré Thabo MBeki.

LA RÉCOLONISATION DE LA CÔTE D’IVOIRE SE RENFORCE, ENCORE UN FRANÇAIS NOMMÉ A LA PRÉSIDENCE

Alassane Ouattara vient de s’entourer d’un nouveau conseiller français en la personne de Thierry Le Roy. Membre du conseil d’Etat en France, ce dernier rejoint le palais du Plateau pour prendre en charge la réforme de l’Etat ivoirien. Thierry Le Roy rejoint le général Claude Réglat. Arrivé l’été dernier sur la lagune, ce dernier travaille sur la réforme sécuritaire en Côte d’ivoire.

Source : La lettre du continent de Janvier 2012

COMPARUTION DE SORO ET DE SES EX-REBELLES DEVANT LA CPI : LES COM’ZONES SUR LE PIED DE GUERRE


La visite d’Hillary Clinton à Abidjan n’aura pas été de bon augure pour Soro et ses seigneurs de guerre. Le message transmis par l’émissaire d’Obama à Ouattara est on ne peut plus clair.

«Les Etats Unis souhaitent que Soro et tous les proches du pouvoir qui auraient commis des crimes et exactions comparaissent devant la Cour pénale internationale (Cpi)…», a rapporté le confrère jeuneafrique.com, citant «une source américaine consultée par jeune Afrique».

Cette nouvelle qui met à nouveau la pression sur le pouvoir Ouattara quant aux crimes de guerre commis par les ex-rebelles et leurs mentors a porté à un degré supérieur le feu qui couve entre le nouvel occupant du palais et ses «protégés». Lesquels ont, semble t-il, décidé de faire bloc avec Soro contre Ouattara. Car le sentiment d’ingratitude est réel et grandissant au sein de l’ex-rébellion qui s’estime trahie par le régime pour lequel elle a pris les armes, depuis 2002.

«Nous avons pris des risques et tout sacrifié pour que Ouattara arrive au pouvoir. Maintenant qu’il a réussi, nous ne comprenons pas qu’on décide de nous sacrifier en nous envoyant à la Cpi. Alors qu’on nous avait assuré que notre tranquillité sera garantie. Ce n’est pas ce que nous nous sommes dit avant. Même Gbagbo que nous avons combattu a pris une loi d’amnistie pour nous protéger. Nous ne pouvons pas accepter cela et nous allons vendre cher notre peau», ont fait à nouveau savoir les Com zones visés et autres seigneurs de guerre qui pourraient se retrouver sur la liste des «sacrifiés» du pouvoir Ouattara. Et la colère est grande parmi les Frci qui ont été récemment humiliés par leurs chefs. rejetés et traités de bandits par leurs employeurs d’hier, ces ex-rebelles frustrés et aigris font aujourd’hui l’objet d’une traque sévère planifiée par la force française Licorne. Il faut donc craindre que dans les jours qui viennent, le ton ne monte entre le palais, la Primature et les «moutons du sacrifice».

Déjà, les Com’zones auraient décidé de se retrancher, chacun dans sa «tanière », dans les zones leur contrôle, avec leurs éléments qui n’ont d’ailleurs plus rien à faire à Abidjan, dès lors que Ouattara les a déclarés persona non gratta.

Pour attendre ceux qui viendront les chercher pour les conduire à la Cpi. Les «explications» s’annoncent donc «serrées» entre l’occupant du palais et ses lieutenants qui, refusant de plonger seuls, se disent «prêts à se défendre».

K. Kouassi Maurice

samedi 21 janvier 2012

Côte d'Ivoire, manifestation de soutien au président Laurent Gbagbo


Une photo de la place Ficgayo ce matin.Voici ce qui fait peur au préfet ouattara et ses parrains.C'est ce genre d'image qui trouble le sommeil du préfet installé par les bombes françaises. Le soutien populaire des Ivoiriens au président Laurent GBAGBO. Pour un meeting qui devait débuter vers 11h,dès 9h toutes les 20 bâches, 4000 chaises et tout le parterre de la célèbre place Ficgayo étaient noir de monde. 


La majorité silencieuse est sortie et c'est ça que le préfet Ouattara ne voudrait pas que le monde entier voit

vendredi 20 janvier 2012

France : Camerounaise portée disparue

EYEBE APOUGOU APPOLONIE MARIE CHANTAL 36 ans 

Disparue le 13 décembre 2011 vers les CHAMPS ÉLYSÉES A 23h

Cheveux noirs avec plusieurs tatouages, un sur le bras gauche, et un coeur rouge, à la poitrine 1m75.

Elle portait une jupe marron et une longue botte noire.

Elle habitait au 10 avenue Reille 75014 Paris 

Veuillez nous appeler aux numéros suivants si quelqu'un a une information MERCI

06 58 95 74 32/01 83 92 78 78/07 60 22 01 88

jeudi 19 janvier 2012

Les véritables maux qui minent l'Afrique de l'Ouest


Les véritables maux qui minent l'Afrique de l'Ouest sont le complexe et le fait d'envier les peuples voisins développés. Ces deux réalités conduisent certains (les plus pauvres) à nier leurs nationalités et à s'ingérer dans les affaires d'autrui. D'autres, pour justifier leur ingérence vont cela justifier en dénonçant la balkanisation de l'Afrique à l'époque coloniale. Pire, quand les autochtones défendent leurs intérêts, ces mêmes complexés les accusent de "xénophobie", "tribalisme", "racisme"... ou parlent de mentalité d'exclusion. J'en parle, parce que mon pays en est malheureusement victime. Cela est tellement d'actualité.

Un exemple très simple, l'attaque de la CI en 2002 a permis aux insurgés venus du Burkina et du Mali d'occuper les maisons (pour celles qui n'ont pas été décoiffées par ceux-ci) des pauvres Ivoiriens les zones ex-CNO. Le problème demeure encore et s'est aggravé avec la chute de Gbagbo en 2011. Car bon nombres de domiciles ont été séquestrés par les hommes de Ouattara. C'est aussi le cas des plantations dans certaines régions du pays. Sinon comment comprendre ? Ces faits sont contenus dans les rapports de l'Onu et étaient l'un des points de l'APO, pour lequel le Président Gbagbo se battait afin restituer aux victimes leurs biens et leurs domiciles.

Ce complexe notoire est l'un des moyens que les occidentaux ont utilisé pour fragiliser la CI afin de mieux la contrôler. Car n'oublions pas que la CI bat le record en Afrique de présence étrangère (environ 40% d'étrangers) dont 95% viennent des pays voisins le Burkina, le Mali et la Guinée. Une bonne stratégie en utilisant ces millions d'étrangers (burkinabè, maliens...) complexés et envieux bien installés dans le pays car patrons de certains secteurs d'activités économiques (le commerce, le transport...). Ces frères ont été utilisés à des fins politiques aujourd'hui. Ceux-ci ont d'ailleurs manœuvré pour ralentir l'économie durant ces 10 dernières années sous la houlette de Ouattara et du Rdr.

Pour ceux qui veulent plus de preuves, ils retrouveront ces ressortissants Burkinabè, maliens, guinéens... dans toutes les régions, les villages et campements du pays. Un pays exclusioniste peut-il être autant aimer par ses victimes ? Et pourtant, ces peuples vivaient en parfaite harmonie avec les Ivoiriens.

90% de ces ressortissants voisins sont analphabètes, malheureusement utilisés comme bétail électoral (Cf à la liste électorale de la CEI version communauté inter et Ouattara). Ils sont tous des militants du Rdr, parti de Ouattara. Tous se réclament Ivoiriens aujourd'hui. Leur ingérence dans la vie politique ivoirienne a été orchestrée par un plan occidental et le parti tribal de Ouattara depuis 1995.

Conséquence, les Ivoiriens sont devenus leurs victimes et crient vengeance. Le "boy burkinabè" de la maison, le "mécanicien malien" du quartier est devenu soldat, ou commandant, ou commissaire Frci. Le "commerçant guinéen, malien, burkinabè..." de la ville ou de la commune est devenu ministre, maire ou député de la république ivoirienne. Pourquoi s'insurge-t-on contre la réaction des Ivoiriens, qui dénoncent ces faits ? Pourquoi taxer les Ivoiriens d'exclusionistes ?

Ces frères des pays voisins, dans leur invasion militaire ont tué, massacré sans pitié des Ivoiriens et continuent les exactions. Ils tiennent les rennes du pouvoir actuel. N'OUBLIONS PAS L'ARGUMENT QU'ILS AVANÇAIENT DANS LE PASSE POUR JUSTIFIER LEURS ACTES : METTRE FIN A L'EXCLUSION OU A LA MENTALITÉ D'EXCLUSION. CET ARGUMENT S'EST ÉVAPORÉ AUJOURD'HUI.

CAR COMMENT COMPRENDRE, SUR PLUS DE 60 ETHNIES PRÉSENTES, UNE SEULE (le "dioula" issu du nord, est une langue commerciale qui existe aussi au Burkina, au Mali et en Guinée) SE DIT EXCLUE DES AUTRES ? ET CELA FAIT TANT D'ECHOS A ÉTOUFFER LES AUTRES. EN RÉALITÉ, PLUS DE 40% DES DIOULAS QUI PEUPLENT LA CI SONT BUKINABÉS, MALIENS ET GUINÉENS ET SE SONT EUX LES PLAIGNANTS. Sacré voisins !

On peut constater dans la plupart des forums, webgroups, ou sites d'actualités, qui évoquent la crise ivoirienne, que la majorité des commentaires favorables Ouattara sont écrits par ces ressortissants voisins complexés et envieux. Qui voient aujourd'hui en leur frère Ouattara, la libérateur, le "messi", la fin de leurs pauvretés mais surtout l'occasion de s'emparer des richesses ivoiriennes.

dimanche 8 janvier 2012

UNE NATION ORPHELINE



Une sévère perte d’audience a frappé ces derniers temps, la grande messe du 20 heures, de la chaîne de télévision privée TF1. Par extraordinaire, la raison en a été les événements de Tunisie. En effet, la gravité de ceux-ci, leur rapide contagion à d’autres régions du monde méditerranéen auquel nous appartenons, et leurs implications, tant dans la politique étrangère, que dans la politique intérieure de notre pays, ont fait qu’il n’était décemment pas possible, pour la rédaction de ce journal, de se satisfaire de la facture habituelle de celui-ci.

Ainsi, le basculement de cette partie du monde, dans une révolution que tout pouvait logiquement laisser prévoir, mais dont notre inébranlable disposition à ignorer les évidences, en a fait une surprise, ne pouvait-il pas continuer à être ignoré pour que puisse tranquillement continuer d’être édité, ce journal de chats écrasés et de faits divers, qui à donné à cette chaîne, une réputation peu flatteuse, auprès de beaucoup d’entre nous. Cependant, cette nécessité de traiter pour une fois d’un véritable événement, plutôt que de s’employer encore à en faire un, du vent en novembre, ou de noël en décembre, ne fut absolument pas du goût de ses fidèles, qui alors l’ont abandonnée, pour s’en aller trouver ailleurs la futilité qui leur permet d’ignorer confortablement, l’angoissante réalité des choses.

Bien sûr, ce refus déjà de savoir, et donc par-là, “d’assumer”, les redoutables difficultés qui se posent dans nos sociétés d’hommes, théâtres d’affrontements millénaires entre une quête d’intérêts particuliers propre aux individus, et la nécessité impérative que soit préservé au bénéfice de tous, un intérêt commun, est certainement du pour beaucoup, au vieillissement dramatique de notre société. Il n’y a lieu de s’engager en effet, que pour l’avenir. Or, les seniors issus des générations égoïstes de “soixante huitards”, ne sont préoccupés que de vivre tant qu’ils le peuvent encore, l’instant présent. Ils ne sont d’ailleurs en rien dérangés, de constituer les seules générations qui, depuis des siècles, transmettrons ce pays à leurs enfants, dans un état plus défavorable que celui dans lequel ils l’ont trouvé.

Mais, par delà ce renoncement qui fut celui de certains, d’avoir le progrès “en charge”, il nous faut constater dans ce désintérêt des citoyens pour des questions politiques et sociales qui les concernent pourtant directement, qu’exerce un mal insidieux qui d’une façon générale, c’est à dire toutes générations confondues, frappe cette société, en ramenant nombre de ses citoyens, à ce qu’il convient bien d’appeler un stade “d’irresponsabilité infantile”.

Sans davantage de développements préalables, cette proposition peut surprendre, mais il semble bien, au regard de la futilité de ce qui constitue l’intérêt et la préoccupation de nombre de nos concitoyens, à l’heure même ou les événements internationaux et la nouvelle réalité du monde qui se met en place, exige impérativement d’eux, la plus grande vigilance, et le plus grand engagement, que la société française soit globalement frappée de “régression”.

Il s’agit là de ce mal que les psychologues identifient couramment chez des individus, lorsque ceux-ci se trouvent confrontés à une épreuve qui les défie, et qu’ils ne se sentent la force d’affronter. Leur refus devant l’obstacle se manifeste alors par le fait qu’ils adoptent des attitudes qui les disculpent d’un abandon de leurs responsabilités, qui sont donc des attitudes de “l’enfant”, tel que celui-ci se trouve déchargé de celle-ci, par la grâce de ses parents. Cet artifice leur permet d’ignorer la réalité et par là, de conserver leur sérénité en ne se voyant que face à des épreuves connues, qu’ils ont déjà surmonté. Il s’agit donc d’une sorte de retour en enfance, mais qui n’a rein à voir avec le phénomène qui frappe habituellement les anciens. Cependant, pour que cet abandon puisse se faire, il leur est nécessaire de pouvoir se sentir sous la protection d’une parenté quelconque, qui elle, assumerait les difficultés.

En admettant que, par delà ses individus, la régression peut frapper la personne morale que constitue une société, à l’occasion de défis qui lui seraient lancés par d’autres, et qu’elle ne se sentirait pas la force de relever, il n’est pas incohérent de penser que, face au redoutable défi que constitue la mondialisation, avec la concurrence permanente et épuisante que lui inflige les pays émergents, la société française soit frappée de régression. Et ceci, comme cela semble avoir déjà été le cas, à des moments difficiles de son histoire, tel que l’occupation. Car, son “inadéquation” aux exigences de notre époque, au sujet de laquelle, loin de l’aider à en sortir, sa propre classe dirigeante lui fait querelle, devient de plus en plus patente, et elle sent bien confusément, qu’elle n’est plus en condition pour faire face à cette compétition.

Il est manifeste que la société française d’aujourd’hui, a baissé les bras et qu’elle ne s’envisage plus réellement jouer dans la cour des grands. Car, face à un défi comme celui de la démographie par exemple, elle se contente de constater son vieillissement et en prend acte, sans jamais se donner aucun moyen pour y remédier, et sans même songer un seul instant à le faire. Mais à cette difficulté s’ajoute le fait que, du fond de sa régression, elle ne parvient pas à se situer sous la protection rassurante d’une parenté, car elle se découvre alors, “orpheline”.

En effet, la société française est orpheline, et ceci, depuis plusieurs décennies déjà. Elle l’est en fait depuis la disparition du général de Gaulle, dernier vrai “Père de la Nation” vécu comme tel, et depuis, elle se languit d’attendre “papa”.

En fait, même s’ils ne l’avouerons jamais, pour ne pas sembler vouloir se mettre eux-mêmes sous tutelle, et renoncer à leur responsabilité, d’une façon peu reluisante il est vrai, qui de plus, s’inscrirait à contre courrant de l’évolution démocratique des sociétés avancées, les Français attendent confusément qu’advienne le “chef”, celui aux ordres duquel ils seraient obligés, par la force des circonstances, de se soumettre, sans faire injure à leur conscience. Ceci, à la façon de la république romaine, où se trouvait désigné temporairement un dictateur, pour sortir des périodes de crise. Il ne leur manque pour s’abandonner, que d’être convaincus, grâce au charisme exceptionnel qu’un des leurs fils manifesterait, que s‘est bien révélé ainsi, le tribun susceptible de les conduire enfin vers la voie de l’efficacité et du salut.

Bien sûr, les qualités fondamentales de ce “recours”, devraient être le désintéressement personnel, et la bienveillance, c’est à dire l’exact contraire de l’autoritarisme outrancier et finalement ridicule, qui caractérise l’actuel séjour de “sa petitesse” au palais, cet homme qui, par l’esprit, ne se sera jamais situé à la hauteur de l’événement, et dont les Français acceptent désormais les frasques, comme un châtiment, pour lui avoir permis d’être là.

Mais soyons clairs. Souhaiter secrètement qu’une autorité bienveillante s’en viennent mettre enfin de l’ordre dans les choses, et signifier la bonne direction afin du meilleur avenir, correspond bel et bien à une quête du “père”, selon un sens que lui donnent les psychologues, c’est à dire, un “adulte mâle référent de loi”. C’est probablement ce qui explique l’indolence et la désinvolture “nihiliste”, par lesquelles les Français se montrent prêts à ce qu’il advienne n’importe quoi, puisque le pire serait qu’il n’advienne rien, et en se disant alors que le chaos, forcera la décision d’un sauveur.

Les Français sont donc en attente depuis des années, d’un nouveau Père de la nation qui présidera à une nouvelle fondation de celle-ci, en vue d’une renaissance de ce que fut sa brillante civilisation, dont ils se montrent actuellement, il faut le dire, des héritiers indignes.

Ni Georges Pompidou, issu du monde des affaires, ni Valéry Giscard d’Estaing, faux aristocrate guindé, dont les tentatives malgré tout sincères, de s’accorder le peuple, ne pouvaient qu’échouer, tant il existait dès le départ, de distance entre lui et ce dernier, n’ont pu remplir ce rôle.

François Mitterrand quant à lui, ne pu tout juste être vécu que comme “tonton”, et ceci, pour les siens seulement. Car, si sa politique sociale s’accordait bien à un rôle de père, il avait bien trop critiqué en tant qu’opposant, la politique de grandeur et de fierté nationale qui était alors incarnée par le général de Gaulle, et qui constitue logiquement, l’autre rôle fondamental et indispensable d’un père de la nation. Parce qu’elles n’étaient évidemment pas inscrites dans un programme électoral destiné tout d’abord à le faire élire, et ce, par les plus modestes, les merveilleuses réalisations architecturales inattendues de sa part, mais dont il fut cependant le génial instigateur, n’ont pas permis qu’il soit reconnu et vécu dans sa qualité “paternelle”.

Avec sa bonhomie, Jacques Chirac disposait d’un atout indéniable, et sa volonté de défendre farouchement les intérêts extérieurs de la nation, selon le principe : “ qu’elle ait tort ou raison, ma patrie d’abord”, aurait pu le mettre en situation. Sa très controversée reprise des essais nucléaires, mais surtout, son attitude courageuse dans la question de la guerre d’Irak, par la voix de son ministre Villepin, témoignent de ce que telle fut bien, sa préoccupation.

Malheureusement, malgré son magnifique “musé des arts premiers”, réalisation unique au monde, un manque d’ambition, de projet, et bien sûr de moyens pour ces derniers, ne lui a pas permis de s’inscrire favorablement dans le personnage tant attendu d’un “chef suprême”, ou celui de “grand timonier”, pour que les Français puissent alors éprouver avec soulagement, le sentiment qu’il y a enfin ici quelqu’un qui “prend les choses en main”, autrement dit, quelqu’un qui “gouverne”, tout simplement.

Car, n’en déplaise à tous ceux qui, comme moi-même il y a seulement quelques temps, continuent de penser que, capable de toutes les audaces, le peuple n’aspire qu’à entreprendre, qu’il ne se bat que pour s’en garantir la liberté, et assumer par cela, le plus de responsabilités, il s’avère qu’en réalité, plus de trente années d’échecs successifs et de désillusions, quant au règlement de ses problèmes récurrents, ont provoqué sur lui une véritable “castration”, qui a anéanti son enthousiasme, sa confiance en lui et en l’avenir, et sa foi en le progrès.

Culpabilisé par une pseudo élite malfaisante, le rendant coupable de son tourment, ceci, pour avoir voulu une vie meilleure et plus facile, ce peuple n’ose même plus regarder ses rêves en face, comme si ceux-ci étaient illégitimes et indécents, et les a remisées dans un placard d’intentions malignes. L’ampleur de ce renoncement est telle que, même sa révolte, ne serait pas pour autant porteuse de projet. C’est dire s’il n’est pas en état d’avoir lui-même, les initiatives nécessaires pour s’établir selon une nouvelle fondation, et il le sait bien...

Lassés du jeu stérile des hommes de partis, dont ils ont pu constater, puisque chacun de ceux-ci a eu ses heures aux affaires, que, pour autant que les politiques menées furent sensiblement différentes, aucune de celles-ci n’a abouti au règlement d’un seul des problèmes qui les étreignent, les Français s’en remettent désormais aux voies de la destinée, ils lèvent les yeux vers le ciel, et attendent l’illustre inconnu, qui donnera son nom à son action salvatrice.

Malheureusement, où que se portent nos regards, nous ne voyons pas poindre le grand leader charismatique tant attendu, et qui tel le messie, n’arrive jamais parce que tout le monde l’attend. Tout l’horizon est obstrué par la mise en scène des partis politiques où l’on s’agite, et où les soigneurs s’activent à préparer leurs champions, en vue de la grande compétition. Mais, en compulsant la nomenclature des candidats probables ou déjà déclarés, auxquels il faut bien sûr reconnaître le grand mérite de l’être, sans vouloir être inconvenant à leur égard, leur ferait-on injure en constatant le plus simplement du monde, qu’aucun d’eux ne se situe au niveau de l’espérance des Français, et ne possède donc la dimension de l’événement.

Qu’espèrent donc tous ces gens qui préparent l’élection de 2012, comme s’il ne devait s’agir que d’une formalité administrative ?

Car soyons clairs. Même si cet événement se produit à la suite d’un mouvement populaire, ayant rassemblé la contribution matérielle ou intellectuelle du plus grand nombre, le pays ne sortira de sa torpeur, que sous la conduite d’un homme à la carrure exceptionnelle, représentant cette pluralité, et dont les partis politiques ne possèdent selon cette définition, aucun exemplaire. Il n’y a donc que si cet événement salvateur ne se produit pas, que les partis politiques auront encore matière à exercer, et ils n’ont de raison en fait, que pour la continuation, avec bien sûr des différences logiques de leurs différentes chapelles, du même système.

Se pourrait-il qu’ils en prennent conscience, et qu’il réalisent qu’en tant que patriotes, le plus grand service qu’il leur est possible de rendre à la nation, c’est de cesser d’obstruer l’horizon, avec leurs candidats en béatitude, pour que nous puissions enfin apercevoir l’illustre inconnu qui par nécessité historique, s’amène...On peut rêver...


Paris le 9 février 2011
Richard Pulvar

Violation massive des droits de l'homme dans les prisons des Etats Unis

IRIB-"Les victimes du régime pénitentiaire US sont en des noirs et des personnes démunies, affirme Eugene Dabbous, professeur d'université américain qui s'exprimait sur PressTv; "La discrimination et la violation des droits de l'homme sont monnaie courante dans les prisons américaines. la violence à l'égard des prisonniers de couleur est une tradition, ajoute cet universitaire qui rejette le discours droit de l'hommiste des Etats Unis eux mêmes à l'origines des violations flagrantes des droits de l'homme.

Arrêter la course vers l’enfer

LES PIEDS DANS LE PLAT

Le Conseil Électoral Provisoire a finalement publié les résultats du premier tour. Il a fallu cette journée folle de protestation d’une population en colère, puis des pressions de toutes sortes de la communauté internationale mettant à mal le peu de ce que nous disposons de souveraineté et tout simplement de dignité, pour qu’on puisse faire plier un pouvoir décidé à aller jusqu’au bout d’une logique ancestrale organisée autour de la pensée qui veut qu’une fois au pourvoir il faut le garder à tout prix. On aurait pu tout simplement organiser dès le départ des élections crédibles. On aurait pu empêcher toutes ces magouilles. Pourquoi ne l’a-t-on pas fait ? La question devrait être posée à nos psychologues et même à nos psychiatres.
Car la question est là et bien peu osent la poser. Madame Manigat ou Michel Martelly ou pouvoir, rien ne dis qu’on ne va pas tomber dans le même cas de figure. Un pouvoir qui veut perdurer, un président qui se sert des malfrats pour faire peur à la société, un président qui fait la promotion de l’ignorance, un président qui fait le choix de domestiquer les institutions, des institutions qui alimentent le jeu macabre en proposant n’importe qui au CEP et qui avancent ensuite comme excuse à leurs choix toujours approximatifs que le pouvoir achètera de toute manière la personne présentée, etc. Comment expliquer le fait qu’on soit toujours dans les mêmes réflexes, les mêmes schémas, la même misère, la même médiocrité ?
Les mêmes causes produisant en général les mêmes effets, il est vraiment temps de chercher les causes de cette éternelle comédie. Et l’une des causes principales est certainement cette conception malsaine que nous avons du pouvoir – à quand une vaste campagne d’éducation civique et citoyenne sur ce thème ? – et cette mentalité d’apartheid héritée de l’époque coloniale qui perdure malheureusement jusqu’à aujourd’hui. Le pouvoir est toujours vu comme espace de jouissance, espace de privilèges, espace permettant de se prémunir le plus longtemps possible contre la pénurie, espace permettant à sa famille proche et élargie, puis à son clan de profiter au maximum du peu de richesses dont la nation dispose. Autour du pouvoir gravitent tous ceux qui veulent entrer dans le cercle des profiteurs. Il y aussi les pires, ceux qui s’ingénient consciemment ou inconsciemment à faire en sorte, par leurs conseils et leurs propositions, que le nouveau prince rentre toujours dans le moule avec comme résultat ce que nous savons. Bref, le pouvoir politique en Haïti est vraiment le lieu ou nos pathologies mentales s’expriment avec le maximum de virulence.
Proposez à quelqu’un un poste de ministre ? Il ne se posera même pas la question s’il est capable ou non, car la capacité est relative au désir de réaliser quelque chose au bénéfice de la nation. Il ne s’informera même pas sur l’identité des autres ministres, car la question de la responsabilité collective du gouvernement est le cadet de ses soucis. Il sera seulement intéressé à la gestion du poste en tenant compte de la configuration politique. Comme en général, il n’est pas tenu par aucun contre-pouvoir à une obligation de résultat, il se contente des privilèges et du plaisir de manier l’autorité dans son espace de prince du moment.
Notre désir à tous est d’arrêter cette roue aveugle qui nous broie et qui nous fait passer de la folie duvaliériste à la folie aristidienne. puis à la folie prévalienne avec toujours son cortège de corruption, de meurtres, et de glorification de l’ignorance et de l’exclusion. Si on ne s’attaque pas à ces sentiments, ces frustrations, ces haines, ces ignorances, ces mythes, qui motivent nos comportements archaïques et destructeurs, on risque d’avoir encore dans cinq ans un autre pitre à faire choir de son trône de pacotille. Et si le prochain président (la prochaine présidente) ne comprend pas qu’il lui faut se passer au plus vite de tous ces conseillers comédiens, de ces souffleurs aveugles, de ces corrupteurs édentés, qui vont lui faire continuer cette pitoyable histoire, à moins que malade lui-même (elle-même) il (elle) ne veuille reproduire la même casse, le même bourbier, notre pays continuera sa course en enfer, certes au grand bonheur de tous ces requins pour qui la misère, le désespoir, sont des pépites d’or.

GARY VICTOR

jeudi 5 janvier 2012

Bonne année de révoltes pour la Révolution qui vient...



Comme minuit sonna, je rencontrai, en un carrefour, la Nouvelle Année. Elle sortait d'un égout, et, dans un vieux cabas qui se balançait à son bras maigre, elle portait des pelures d'orange, des pantins brisés, des décorations et des rats. C'était une petite vieille, à la démarche de sorcière, toute ratatinée, cassée en deux, et qui, péniblement, cheminait, s'aidant d'une faux comme d'un bâton. Attifée ridiculement d'étoffes disparates, aux tons criards, sous lesquelles saillaient des os de squelette, elle était couverte de bijoux faux et de fleurs qui se fanaient, plus nauséabondes à mesure qu'elle avançait. Un large, effronté chapeau de fille coiffait sa tête chauve, une tête de mort hideusement barbouillée de fard qui se craquelait sur la sinistre créature. Je m'approchai d'elle et voulus lui souhaiter la bienvenue, mais je m'aperçus qu'elle était sourde, qu'elle était muette, et qu'elle ne voyait pas, ses deux orbites, avivées de kôhl, étaient vides et noires, pareilles à des trous.

Les gens qui passaient la reconnurent, se mirent à la suivre. Bientôt une foule énorme se forma, s'aggloméra derrière la petite vieille, se bouscula avec de grands bruits de multitude, chacun tendant les bras, se haussant pour la mieux apercevoir. Il n'y avait là que de pauvres diables en guenilles, des faces pâles, étirées, ravagées par la faim et par la souffrance, des fronts aux plis amers, des bouches crispées par le désespoir, des dos affaissés sous des fardeaux trop lourds, des poitrines qui montraient des plaies d'où le sang coulait. De cette foule haletante, convulsée, noire comme un cercle de Dante, s'éleva un cri de supplication, déchirant, puis les lèvres lapèrent le vide, les poings cliquetant ainsi que des ossements desséchés étreignirent le néant. Mais la petite vieille ne se retourna pas. Elle continua de marcher de son pas tremblé, n'entendant rien, ne voyant rien, faisant résonner sa faux sur les pavés de la rue, et secouant sur sa robe bigarrée l'éclair des paillons et des fausses parures.

Tout à coup, un homme, sorte de géant à front bas, à face stupide d'idole indienne, tout contrefait avec ses jambes trop longues et ses bras trop courts, apparut au milieu de la rue. Ses genoux cagneux, ses mains déformées, ses lèvres suintantes étaient usés, à force d'avoir été baisés, comme les genoux, les mains et les lèvres des christs de plâtre et des saintes coloriées qui, dans les chapelles des campagnes, opèrent des miracles. Je l'avais rencontré bien des fois, là où la sottise humaine attire de préférence les foules extasiées. Il parcourait les assemblées politiques, les antichambres des ministres, les salons des généraux, les rédactions des journaux, les bureaux des éditeurs, les caisses des banquiers, semant partout à mains pleines les mauvaises oeuvres, distinguant parmi les hommes les plus bêtes et les plus nuisibles, forçant le monde dompté par lui à l'admiration des idiots et des coquins. Bien des gens, pour l'approcher de plus près, pour s'agenouiller devant lui, pour embrasser ses pieds immondes, s'étaient entr'égorgés. On l'appelait le Dieu-Sioniste, et on l'adorait. D'ailleurs, il avait toujours sur son corps l'odeur de l'encens qu'on lui brûlait, et l'humidité des lèvres qui s'étaient collées à lui, avides de lui.

Il commença par chasser à grands coups de fouet les misérables qui continuaient d'implorer la petite vieille, puis il prit celle-ci par la main, et la conduisit sur une place pleine de monde, et que de monstrueux baphomets éclairaient sinistrement. Je le suivis à mon tour et je regardai, ahuri.

Ce monde était fort étrange. De tous les êtres réunis en cet espace et dans cette lumière de torche vomie par les sombres idoles, il n'y en avait pas un seul à qui il ne manquât quelque membre important. Les uns se promenaient sans tête et ne paraissaient pas gênés par cette décapitation ; les autres n'avaient plus de bras ; ceux-ci marchaient privés de jambes ; ceux-là se dandinaient sur des torses absents ; et je remarquais une quantité prodigieuse de ventres ignobles qui s'étalaient, s'épanouissaient, se gonflaient, rebondissaient comme des ballons de caoutchouc. Tous d'ailleurs étaient fort bien vêtus, et il me sembla qu'ils étaient aussi très gais et très méprisants, ne se doutant pas, sans doute, de leurs infirmités terribles ou grotesques. Peu à peu, je reconnus ces figures sans torses, ces troncs sans chefs, ces ventres sans jambes, et je vis que le Dieu-Sioniste avait conduit la petite vieille dans son domaine, parmi ses gloires. Je les comptais toutes, car toutes étaient là. Aucune ne manquait.

Alors le Dieu-Sioniste présenta à ses élus la petite vieille.

- Mes amis, dit-il, pendant que tous les ventres, tous les torses, toutes les jambes le regardaient, charmés et respectueux, mes amis, voici la Nouvelle Année. Vous la voyez, elle est en tous points semblable à l'ancienne. Regardez ses yeux, elle ne voit pas, ses oreilles, elle n'entend pas, sa bouche, elle ne parle pas. Morte en naissant, les heures, les jours, les mois qui passeront sur son corps de squelette ne la ressusciteront pas. Elle ira de son pas machinal, toujours pareil, et je serai là pour diriger sa marche. Vous n'avez donc rien à craindre d'elle ; elle vous sera douce, et ce n'est pas dans le sommeil de son règne que la révolte peut germer. Continuez de vivre comme vous viviez hier, comme vous avez éternellement vécu, et laissez, sans remords et sans honte, venir à vous tous les triomphes. Sa faux n'est la menace que pour les petits et les imprudents qui voudraient violenter mes décisions. C'est moi qui suis le vrai créateur du monde, et mon souffle est partout. J'inspire le politique, le religieux, le soldat, et je courbe à ma domination les multitudes opprimées et abêties par moi. Mes bons amis, le jour où les imbéciles et les coquins ne seraient plus les maîtres, ce serait fini de moi. Par conséquent, ne craignez rien, et riez aux Années qui passent et se succèdent. Elles sortent de ma fabrique éternelle, et elles portent, marquées sur leurs épaules, mes initiales qui resplendissent dans la création, font pâlir l'éblouissante lueur des astres, et éteignent la clarté douce des étoiles.

Alors il se fit un grand tumulte. Les hourras montèrent jusqu'au ciel, puis l'on n'entendit plus que le bruit des lèvres qui claquaient sur le corps du géant étendu sur son trône, comme on entend les lèvres des dévotes, dans les chapelles mystérieuses, claquer sur l'image vénérée des petits Jésus.

[d'après "Le conte de la nouvelle année" d'Octave Mirbeau (1886)]