samedi 4 septembre 2010

Mozambique : retour au calme à Maputo mais les émeutes de la faim gagnent la province


Pour la première fois le 3 septembre, les émeutes contre la vie chère au Mozambique se sont étendues en province notamment à Chimoio, théâtre d'une manifestation durement réprimée. Dans cette ville à 750 km au nord de la capitale, la police a tiré sur des émeutiers faisant six blessés. A Maputo toujours quadrillée par la police, le calme est revenu dans la plupart des quartiers mais le bilan des émeutes s'est alourdi, l’on parle de dix morts et selon le gouvernement, le mouvement a coûté plus de trois millions de dollars à l'économie du pays.
Au troisième jour des violences qui ont fait dix morts et près de 450 blessés, la plupart des quartiers de la banlieue de Maputo sont pacifiés et l'activité a timidement repris le 3 septembre dans la capitale mozambicaine. Les transports en commun ont été rétablis, à l'exception des chiapas, les taxi-collectifs. Les manifestants ont protesté pendant deux jours contre la vie chère. Avec le retour au calme, les habitants cherchent de la nourriture et autres biens de premières nécessités.

Dès les premières heures du jour, les files commencent à se former. Les supermarchés, les boulangeries ou encore les pompes à essence sont assiégées. Antonio Caetano attend dans sa voiture devant la station de la rue Salvador Allende :
« Je n’ai pas mis un pied dehors à cause des grèves, et c’est seulement aujourd’hui que je sors. Ma voiture est à sec. Je suis donc à la pompe pour faire le plein. Quand il y a des grèves, c’est toujours difficile de trouver de l’essence. Ils ont peur d’ouvrir les pompes. Ici j’arriverai à faire le plein, mais sur mon chemin depuis Matola, toutes les pompes étaient fermées. Il n’y en avait pas une d’ouverte. »

A Chimoio, l’un des quartiers qui s’est embrasé pendant les émeutes, c’est électricité qui fait défaut. Une centaine de personnes attendent devant un magasin d’électricité du Mozambique pour acheter du courant.

Jorge Gomes est en colère. Pour lui, ces deux jours de grève n’ont fait que paralyser la ville : « Nous sommes restés deux jours sans électricité. En plus, on ne pouvait rien faire parce que nos propres magasins ont été vandalisés par le peuple. Tous les produits ont été volés. Maintenant il y a des files d’attente énormes, et des produits comme les surgelés sont restés sans froid pendant tout ce temps, et parfois se sont abîmés ».

Pour éviter les pillages, certains supermarchés du centre ville ont fermé leurs portes dès l’après-midi. Dans les banlieues, ceux qui le pouvaient, partaient chercher de la nourriture dans la province de Gaza pour la revendre à Maputo.
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